Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 23 mars 2007

Nouvel Obs

Au moment où s'ouvre le Salon du Livre de Paris, le Nouvel Observateur publie une liste des cinquante meilleurs sites littéraires parmi lesquels on trouve Au fil de mes lectures !

Un grand merci à Nicole de Fugit Tempus qui m'a fait parvenir un pdf de l'article.

À lire aussi Rebuts de presse du 22 mars, blogue de Didier Jacob du Nouvel Observateur.

Le Monde.fr « Livres » vient aussi de publier un article dans lequel mon site est mentionné.

samedi 17 mars 2007

Dublin : here she comes


Aurélie vient de quitter le pays pour un voyage de quatre mois en Irlande. Nous savons tous que les voyages forment la jeunesse, mais il reste que comme parents, c'est extrêmement difficile à vivre. Je me rappelle avoir été torturé de la même manière quand Andréanne avait pris un an pour travailler au pair en Allemagne. Mais là, à 19 ans, c'est notre p'tite dernière qui quitte le foyer, car à son retour, elle adoptera Québec pour ses études universitaires.


Marie et moi sommes actuellement rivés au téléphone. Nous attendons qu'il sonne. Nous voulons l'entendre dire « Papa, maman, je suis bien arrivée. Tout va bien. »

MàJ : Ouf ! On vient de recevoir le coup de fil tant attendu.

jeudi 1 mars 2007

Rethinking Mathematics

On tombe parfois sur des petits bijoux pédagogiques. Rethinking Mathematics édité par Erci Gutstein et Bob Peterson est un de ceux-là.

C'est à la suite d'un commentaire laissé par Stéphanie sur mon billet Scolaire que je l'ai commandé chez Amazon. Moins de trente-six heures plus tard, il était dans ma boîte postale. Ma première heure de lecture m'a laissé coi. On y trouve une véritable mine de situations complexes d'apprentissage et d'évaluation qui touchent directement les élèves et qui lui montrent (enfin!) que les mathématiques servent tous les jours à prendre des décisions et lui permettent de poser une regard critique sur les choix sociaux des adultes. Quelques extraits de l'introduction et du premier chapitre :
A guiding principle behind much of this work is that teachers should view students' home cultures and languages as strengths upon which to build, rather than as deficits for which to compensate.
Engaging students in mathematics within social justice contexts increases students' interest in math and also helps them learn important mathematics. Once they are engaged in a project, like finding the concentration of liquor stores in their neighborhood and comparing it to the concentration of liquor stores in a different community, they recognize the necessity and value of understanding concepts of area, density, and ratio. These topics are often approached abstractly or, at best, in relation to trivial subjects. Social justice math inplicitly tells students: These skills help you understand your own lives - and the broader world - more clearly.
A social justice approach to math is the appropriate type of math for these unjust times. Other, traditional forms of math are often too abstract, promote student failure and self-doubt, and, frankly, are immoral in a world as unjust as ours. Traditionnal math is bad for students and bad for society.
We've also been influenced by educators such as the late Brazilian educator Paulo Freire, who argued against a "banking approach" to education in which "knowledge" is deposited into the heads of students and in favor of "problem-solving" approaches in which students and teachers together attempt to understand and eventually change their communities and the broader world.
No math teaching - no teaching of any kind, for that matter - is actually "neutral," although some teachers may be unaware of this. As historian Howard Zinn once wrote: "In a world where justice is maldistributed, there is no such thing as a neutral or representative recapitulation of the facts."
For example: Let's say two teachers use word problems [...]. The first teacher presents this one:
A group of youth aged 14, 15, and 16 go to the store. Candy bars are on sale for 0.43$ each. They buy a total of 12 candy bars. How much do they spend, not including tax?
The second teacher, meanwhile, offers a very different problem:
Factory workers aged 14, 15, and 16 in Honduras make McKids children's clothing for Wal-Mart. Each workers earns 0,43$ cents an hour and works 14-hour shift each day. How much does each worker make in one day, excluding any fees deducted by employers?
While both problems are valid examples of applying multi-digit multiplication, each has more to say as well. The first example has a subtext of consumerism an unhealthy eating habits; the second has an explicit text of global awareness and empathy. Both are political, in that each highlights important social relations. [Dans le Renouveau pédagogique, on retrouve ça dans les « domaines généraux de formation » que la plupart des enseignants plaquent, c'est-à-dire en s'en foutant carrément, à leurs situations. GGJ]
Why place math and science together and not math and social studies? What are the political and pedagogical assumptions behind such an approach? Why shoudn't reformers advocate math in all subjects area? Why not have "math across the curriculum," comparable to "writing across the curriculum"?
Thus students approach math in the abstract and never are encouraged to seriously consider the social and ethical consequences of how math is sometimes used in society.
Kids are inherently interested in what if "fair," and using math to explore what is and isn't fair is a great way to interest them in all types of math concepts, from computation to fractions, percentages, ratios, averages, and graphing. [Suit un exemple où l'enseignant amena les élèves à réfléchir, durant le mois d'octobre et des activités de l'UNICEF, sur la répartition des populations et des biens de consommation. Il suffit d'imaginer que les enfants de la classe représentent, toute proportion gardée, le monde. GGJ]
Kids need every tool they can get to make this world - their world -  a better place. Mathematics is one very important tool.
Je sens déjà que ce livre, qui mériterait une traduction ou une adaptation québécoise, modifiera ma vision de l'enseignement des mathématiques.

Liane : Site web dédié au livre.

mercredi 28 février 2007

Encore Serres

« Wikipédia est un miracle d'auto-organisation. »
Michel Serres dans une entrevue radiophonique.

Sur ce même Framablog, prenez le temps de lire Que l'Estrémadure libre fasse école !. Citation extraite du billet dont on remarquera, en liens connexes, le Squeaki du RECITMST :
Si c'est juste pour laisser chaque élève dans son coin mettre en forme (certes sur OpenOffice.org) le cours magistral du prof pour faire plus joli que dans son cahier, alors c'était peut-être pas la peine de dépenser tant d'énergies. Mais si c'est pour insérer son texte dans un projet collectif de type wiki accompagné par le prof et toujours accessible sur le net, alors ça peut devenir beaucoup plus intéressant.

lundi 26 février 2007

Le scolaire

Courriel reçu ce matin :

Je me cherche des manuels reconnus par le MELS pour l'année prochaine. J'enseigne les maths en sec.1 et sec.2 et j'utilise Carrousel Mathématique ainsi que Maths 3000. Qu'en penses-tu ? L'école veut absolument un manuel plus récent pour l'année prochaine. Aurais-tu un conseil à me donner. J'ai vu tes commentaires sur Panoramath, cela me décourage.

Ma réponse :

Je n'ai malheureusement aucun manuel à te conseiller. D'après moi, ils sont tous pareils.

Il ne faut pas trop te fier à mes commentaires car :

1 - Ici, les enseignants utilisent Panoramath et ils l'aiment bien.

2 - Je croyais qu'avec le Renouveau, ce serait enfin l'élève qui ferait des maths, mais suite à une récente formation donnée par le MELS à Montréal, j'ai bien vu que, Renouveau ou pas, c'est encore le prof qui fait faire des problèmes à l'élève, problèmes qui sont tous bidons, comme avant.

3 - Je crois que pour mettre l'élève en action, il faut lui permettre de vivre des idées mathématiques. Mes recherches personnelles me poussent à penser qu'il n'y a qu'un seul moyen d'arriver à la chose, soit via la programmation informatique. Squeak est, à cet égard, absolument génial. Je mettrais donc entre les mains de chaque enfant un portable équipé de Squeak et possiblement d'autres logiciels du même genre (des tableurs, des logiciels de géométrie dynamique, etc.) qui amènent les élèves à raisonner et résoudre des vrais problèmes. M'enfin, je suis le seul dans la province qui pense ainsi... je dois être dans les patates...

Bon courage !

mercredi 21 février 2007

Je m'en souviendrai

samedi 17 février 2007

La conférence de Jean-Pierre Archambault

Vraiment intéressante cette conférence de J.-P. Archambault intitulée Les turbulences de l'édition scolaire. Quelques extraits ci-dessous, mais il vaut mieux la lire en entier.

A l’évidence, les sujets d’inquiétude et les interrogations ne manquent pas. Le paysage de l’édition scolaire se transforme. Acteurs de ce changement, les enseignants eux-mêmes qui, par milliers, mettent librement et gratuitement sur Internet leurs productions pédagogiques à disposition de leurs collègues. Si tous ne le font pas, 1 % d’entre eux qui le font représentent un vivier de 8000 auteurs. Chacun peut aisément reproduire les documents qu’il récupère, les transformer, les remettre à disposition, contribuant ainsi aux processus sans fin de création, diffusion, appropriation de la connaissance. C’est, transposée aux contenus, l’approche des logiciels libres, et le mode de fonctionnement de la recherche scientifique !
Le métier d’enseignant est à l’opposé du secret et de la fermeture, il leur est allergique. Les TIC favorisent le “ travailler ensemble ”. Elles aident à rompre un certain isolement.
Mais la production coopérative suppose de disposer d’un contexte et d’outils permettant de travailler sur des documents communs et de se les échanger, de réaliser des produits complémentaires. Cela signifie droit à la compatibilité (des fichiers texte notamment) et interopérabilité ; des plateformes neutres et libres ; des standards ouverts pour les formats de données (HTML) et les protocoles de communication (TCP/IP).
Un modèle économique pour les ressources éducatives doit intégrer l’existence d’une culture du gratuit, les interactions entre le web marchand et le web gratuit, une tendance, encore émergente et pour certains métiers seulement, à des frontières un peu poreuses entre temps de travail et temps de loisir, activité professionnelle et bénévolat, entreprises et associations.
Des siècles de fonctionnement de la recherche scientifique plaident plutôt en faveur du collectif et de l’ouverture, depuis le temps où Pythagore interdisait à ses disciples de divulguer théorèmes et démonstrations !
La connaissance fuit la clôture. Vouloir la verrouiller c’est aller contre sa nature profonde, dans ce qui semble constituer un combat d’arrière-garde car il est difficile d’aller à l’encontre d’une lame de fond.

mardi 13 février 2007

Lettre ouverte au RÉCIT

Nota : Le RÉCIT est le réseau pour le développement des compétences par l'intégration des technologies. J'en suis membre depuis 2000-2001. Nous sommes une centaine au Québec et très prochainement, les mandats du Récit doivent être revus.


Chers collègues,

Arnaud Desjardins dévoile deux conditions essentielles pour qu'un mariage réussisse : 1 - Il faut que les deux membres du couple soient assez différents l'un de l'autre; 2- il faut que les deux membres du couple soient assez semblables. Le paradoxe est levé simplement en comprenant que deux êtres presque pareils ne forment pas un couple, mais une variante l'un de l'autre alors que les différences apportent à l'autre une perspective d'enrichissement. Par ailleurs, deux êtres qui ne partageraient pas des valeurs fondamentales (valeurs sur lesquelles il est impossible de négocier) deviendraient vite insupportables l'un pour l'autre.

Un réseau tel le nôtre est un mariage. Un mariage à 100 personnes. Un mariage où la diversité des membres ajoute aux membres. Un mariage où la pluralité des réflexions nous enrichit les uns les autres.

Mais qu'en est-il de nos valeurs fondamentales?

J'aimerais partager ici ma valeur profonde, celle sur laquelle jamais je ne pourrai mettre de l'eau dans mon vin, celle qui justifie chacune de mes actions. Et ce dernier point est important, car une valeur profonde n'est pas juste un énoncé cul-cul qui fait bien paraître l'orateur. Non, une valeur fondamentale implique une adhésion complète de son porteur. C'est plus qu'une croyance, c'est une foi. C'est ce qui anime l'âme.

Cette valeur est celle-ci : je crois au plus profond de mon âme que l'intégration des technologies contribue significativement au succès de l'élève.

J'entends par succès, cette capacité qu'on a tous de devenir ce que l'on est. Bien sûr, le succès existait avant l'invention des technologies, mais depuis qu'elles ont fait leur apparition, les TIC ont modifié le rapport au savoir, ce savoir incluant, entre autres, le savoir sur soi, le savoir à soi.

Ce que j'entends par savoir sur soi dépasse le discours pédago-meta-cognitif. Je crois profondément que les TIC ouvrent de larges espaces de la personne inconnus de la personne même. À cet égard, les TIC sont aussi «adrénalitiques» que la musique, l'activité physique, le plaisir sexuel ou contemplation d'un ciel étoilé.

Et pourtant...

Mon premier contact avec l'informatique remonte à 1972. Au CEGEP de Hull. Je m'étais inscrit à un cours de Fortran. J'ai ressenti l'écoeurite profonde après 4 semaines. L'enseignant étant parfaitement incapable de transmettre la matière, j'ai abandonné le cours. Deux ans plus tard, à l'université Laval, nouvel essai. Même échec. C'est en 1976 qu'un copain allume devant moi sa TI-57. Il pitonna tant bien que mal un petit programme (STO, RCL, PSH, etc., pour ceux qui se souviennent...). J'ai eu là ma première jouissance informatique. J'avais peu de sous, mais je me suis quand même payé la calculatrice.

En 80, un copain me branche le minuscule ZX-80 sur un téléviseur noir et blanc. 1 ko de mémoire. Pour parler à la machine, on devait s'exprimer en BASIC : deuxième jouissance. En 1981, j'achète un Color Computer avec le ROM Logo. Troisième jouissance, mais cette fois à répétition, comme certaines femmes, paraît-il :-)

Et là s'est construite ma conviction profonde qu'on se devait de mettre les enfants devant cet outil. Il ne s'agissait pas d'une mode, il s'agissait d'un saut paradigmatique, un saut qu'une fois exécuté, on ne peut revenir en arrière. Bien sûr que depuis ce temps, j'ai eu moult joies et moult déceptions. Une grande déception fut de constater que plusieurs intervenants scolaires n'ont absolument pas compris l'immense potentiel pédagogique du LOGO.

Ma quatrième jouissance s'est produite en 1993-94: Mosaïc. J'étais déjà branché depuis quelques années sur le réseau universitaire Freenet de l'université Carleton et je suivais assez activement plusieurs newsgroups. Mais l'avènement du web rendait encore plus concret le fait qu'en temps que citoyen du monde, j'avais droit (le devoir?) de parole, et j'avais le droit de décider qui je voulais écouter, quand je voulais l'écouter. Les limites exigées par les médias traditionnels à sens unique (TV, radio, journaux, revues...) étaient brisées. Dorénavant, je devenais moi-même un média. Je mis en ligne Au fil de mes lectures, pour partager mon amour de la citation.

Cinquième jouissance, multiple aussi. Au GRMS autour de 1996. J'ai assisté à un atelier de Gérald St-Amand sur Cabri-Géomètre. J'étais complètement sonné. Je suis parti en croisade (en choisissant CyberGéomètre plutôt que Cabri), car je trouvais (et trouve toujours ) absolument inconcevable que nos élèves n'aient pas en permanence un tel outil dans leurs bagages. 10 ans plus tard, on trouve les blogues, les wikis, les sites web dynamiques, les folksonomies, etc.

Et pourtant...

J'en ai parlé ici, l'intégration des TIC est un échec lamentable. Je ne répéterai pas mon message, mais peu d'intervenants sont venus me contredire. Et presque tous s'accordent pour dire qu'il reste énormément de travail à faire. À cet égard, l'exemple des difficultés à se brancher au MELS est frappant. Avec mon ordinateur, je suis comme un enfant : je ne cesse d'apprendre. En m'empêchant d'utiliser mon outil, le MELS limite ma réussite. Exagération! me lancerez-vous. Nenni. Réalité. Et quiconque a vraiment compris toute la puissance de l'intégration des TIC à notre vie ne peut empêcher un humain d'accéder à ladite puissance. Notre rôle n'en est-il pas un de facilitateur? Et le rôle de nos supérieurs n'en est-il pas un aussi de facilitateur? Devenir ce que l'on est ne s'arrête pas après les heures d'école ou aux limites d'une commission scolaire : c'est le travail d'une vie.

Cette valeur (l'intégration des TIC contribuant significativement au succès des élèves) est-elle partagée dans notre réseau RÉCIT ? C'est à vous, chers collègues, d'y répondre. Mais si, comme je le suppose, elle l'est, alors gardons-la toujours présente à notre esprit, et, peut-être surtout, dans notre âme.

Si cette valeur est partagée par tous les intervenants du réseau, cela implique que nos décisions et nos interventions n'en sont pas seulement colorées, mais sont assises solidement sur ce fondement.

Si cette valeur est partagée, ne la limitons pas à notre bureau, notre établissement, nos écoles, notre cs. Propageons-la tout autour de nous, à chaque moment de notre vie professionnelle. Partageons-la avec qui veut bien nous écouter et éloignons-nous des autres. Et combattons, même au risque de paraître impertinents, tout ce qui la mine.

lundi 12 février 2007

Réseauter ou résôter

Sur la liste privée du Récit, ce message d'un collègue (j'ai eu sa permission de reproduire son texte) :
Comme plusieurs le savent, il ne nous est pas facile de se brancher sur Internet avec notre ordinateur dans les édifices du MELS soit sur Marie-Guyart à Québec ou au Fullum à Montréal ainsi que dans les bureaux des Directions régionales. Règle générale, nous ne sommes pas autorisés à nous servir de nos ordinateurs; on nous demande d'utiliser plutôt un portable d'un cadre travaillant à l'établissement dont l'appareil est configuré pour le proxy du MELS.
J'ai dû faire face à cette situation à plusieurs reprises et je trouve ça très frustrant.
J'ai donc téléphoné au responsable de la gestion du réseau au MELS [...]
Le but de mon appel était de leur faire comprendre qu'il était inacceptable que nous (personnes-ressources du RÉCIT) ne puissions pas nous brancher avec nos propres appareils lorsque nous faisons des représentations ou présentations dans les différents bureaux du Mels.
Voici ce que j'ai appris :
Sur Fullum à Montréal ou sur Marie-Guyart à Québec : Il est possible d'utiliser son portable à la condition d'aviser d'avance afin qu'un technicien vérifie que le portable en question n'ait pas de virus. Une fois notre ordi vérifié (on me dit 10 minutes) le technicien peut configurer le proxy pour nous autoriser à entrer sur le web avec notre équipement. Soucis de sécurité et de ne pas contaminer le réseau du MELS.
Dans les bureaux des Directions régionales : À Québec sur Route de l'Église, ils ont installé un fournisseur web (réseau parallèle à celui du MELS) qui nous permet de nous connecter sur le web avec nos ordinateurs.
Ailleurs, dans les DR des autres régions, il semble que ce ne soit pas si simple. Selon mon expérience, dans plusieurs DR, il n'est pas possible de se brancher sur le web avec nos ordinateurs. On doit prendre un ordinateur de quelqu'un d'autre qui travaille dans la bâtisse.
Toutefois, la coordonnatrice m'a dit que s'il y a une demande de notre part, cela justifierait des ressources pour former quelqu'un dans chaque établissement de DR pour vérifier nos ordinateurs et nous autoriser à entrer sur le web.
C'est ce que j'appelle un aberration. Notre outil de travail, à nous, animateurs du RÉCIT, c'est notre portable. Or si pour toutes sortes de raison nous nous trouvons dans un édifice du Ministère de l'Éducation, on ne peut qu'avec grande difficulté se brancher sur le web avec notre ordinateur. Pourtant, que je sois à l'une des quatre commissions scolaires voisine, je n'ai jamais eu aucune difficulté à me brancher sur Internet.

Que répondre au technicien qui nous envoie des argumentaires types virus ? Ce technicien utilise sans doute un outil déjà présent sur le réseau pour détecter un virus. S'il trouve effectivement un virus, n'est-ce pas au réseau de prendre les mesures adéquates pour rejeter cette machine ? Et s'il ne trouve pas de virus, cela signifie-t-il qu'il n'y en a pas sur l'ordinateur ? Peut-être que cette machine vient d'être infectée par un tout nouveau virus non encore détectable par les antivirus? Auquel cas, ce technicien frileux brancherait tout de même la machine au réseau et risquerait d'y amener la catastrophe du siècle. Je me demande d'ailleurs comment cette personne s'y prendrait pour vérifier mon portable Ubuntu...

Et que dire qu'à Québec, à l'édifice sur la Route de l'Église, mes taxes payent un fournisseur privé pour que les visiteurs puissent se brancher sur le web. Bien entendu, je préférerais que mes taxes servent à payer des techniciens un peu plus habiles à gérer leur propre réseau. On éviterait ainsi la formation d'une autre personne (par bâtisse, je suppose) dont le travail serait de contrôler les machines des visiteurs.

Alors qu'on peut se brancher très facilement sur le web dans une foule de lieux publics (hôtels, bibliothèques, etc.) il demeure tout à fait insensé qu'on empêche des éducateurs de le faire naturellement dans les locaux du Ministère de l'Éducation.

mardi 30 janvier 2007

À Télé-Québec

C'est en décembre que j'ai été interviewé pour l'émission Méchant Constraste. J'ai pu voir ce que cela a donné hier soir. On est toujours un peu craintif du choix des extraits retenus par un journaliste, mais je suis finalement satisfait.

Dans la section EXTRAS du site, on peut m'entendre un peu plus longuement qu'à l'émission même.

À lire aussi les notes de mon copain Pierre.

lundi 29 janvier 2007

Réponse à un édito d'Infobourg

Je réponds ici à un éditorial paru aujourd'hui sur l'Infobourg. En citation, les propos de l'Infobourg.
[M. Bibeau] n’est pas d’accord avec la dichotomie que monsieur Jobin fait des TIC, à savoir qu’il y aurait des TIC « ustensiles » (traitement de texte, chiffrier, logiciel de présentation) et des TIC « pour changer le rapport de l’élève au savoir » (blogue, wiki). « Comme s’il y avait des TIC honteuses et d’autres tout à fait dans le vent; des TIC antipédagogiques et d’autres intrinsèquement pédagogiques, comme si ceux qui utilisent les premières étaient dans l’erreur et faisaient fausse route », soutient-il.
Je n'ai jamais parlé de TIC honteuses et antipédagogiques. Je dis qu'utiliser l'informatique comme ustensile est bien différent de l'utiliser comme extension et amplification de la pensée. À l'école, tout le monde fait de la bureautique à des niveaux adaptés aux jeunes. Est-ce honteux? Certainement pas, et je trouve très malheureux que M. Bibeau croit que je le pense. Quant au mot antipédagogique, je ne l'ai jamais mentionné. Je ne l'ai même jamais pensé.
Bien sûr que je crois qu'il y a des différences importantes entre l'utilisation d'un traitement de texte et l'utilisation d'un blogue. Mais que ce soit pour l'un ou pour l'autre, on peut en faire un acte pédagogique ou non. Je crois cependant que l'utilisation d'un blogue est beaucoup plus intégrateur que l'utilisation de Word. C'est tout.
D’ailleurs, n’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui ont besoin d’apprendre à se servir d’outils comme le traitement de texte puisqu’ils auront pratiquement tous à les utiliser au cours de leur vie professionnelle à venir.
Bien sûr ! Mais 11 ans de Word et de PowerPoint, c'est un peu long, non?
Par exemple, il précise qu’un blogue sans lecteur et surtout sans commentateur n’arrivera pas à ses fins, notamment l’interaction entre les élèves. Il faut donc une certaine animation, un suivi pédagogique. Un projet où les élèves prépareraient un document PowerPoint ou Impress, puis le présenteraient à d’autres élèves par le biais de la vidéoconférence pourrait aussi les amener à interagir.
Un blogue sans lecteurs? Diable, le web est un véritable cimetière de blogues et de sites. Comment savoir si un blogue est sans lecteur? Il ne faut pas oublier que bloguer, c'est d'abord écrire. Que ce soit à la suite de la lecture d'un livre, du visionnement d'un film, d'une participation à l'harmonie de l'école, etc. il faut bien attendu un suivi pédagogique ! Qui dirait le contraire ?

Un blogue scolaire doit-il être différent d'un vrai blogue? À chacun de répondre. Pour ma part, le blogue est un outil extraordinaire de développement de la personne, de la structuration de la pensée, et de bien d'autres choses encore. Pour moi, un élève qui blogue, c'est d'abord être un humain qui blogue. Voilà pourquoi j'aime bien l'approche de Rochebelle ou celle de Mario Cyr (Philoblogue) : on laisse l'élève libre d'utiliser ou non l'outil. Et on l'entoure d'une aura pédagogique.

Bien sûr que l'utilisation ustensile d'un outil (comme PowerPoint) peut amener les élèves à interagir. Mais cela demeure une utilisation ustensile. Est-ce de l'intégration des technologies? Si on répond oui, alors mea culpa, ça va très bien au Québec.
« Il faut se mettre au niveau de chaque enseignant et chercher à répondre à ses besoins particuliers. Il faut lui demander : qu’est-ce que tu veux faire? Et après, on lui présente les possibilités. Si c’est un blogue qui répond le mieux, on y va pour le blogue. Mais il se pourrait aussi qu’une présentation PowerPoint fasse l’affaire. Alors là, il ne faut pas dénigrer cette option ».
Mais loin de moi l'idée de dénigrer cette option. La semaine dernière, j'ai répondu à une demande de toute une école qui voulait une formation OpenOffice. Cette semaine, je rencontre des enseignants qui veulent en savoir plus sur Scribus. Mais, et j'y reviens, c'est là de l'informatique ustensile. En tant que conseiller pédagogique, je prends certainement les gens où ils sont, mais mon rôle est de les amener beaucoup plus loin. Or, depuis 25 ans, comment se fait-il qu'on en soit encore à de l'informatique ustensile? N'y aurait-il pas lieu de questionner fortement nos formations? À petits pas, nous stagnons. C'est tout.
« Attention », répond monsieur Bibeau, qui a déjà évalué qu’une telle opération coûterait entre 1 et 2 milliards de dollars au Québec. « Il faut se demander quels seront les bénéfices tangibles et réels compte tenu de l’ampleur de la dépense? Est-ce qu’il s’agit du besoin le plus urgent dans le monde de l’éducation? »
La réponse est simple et évidente. D'ailleurs elle est dans mon billet : NON, ce n'est pas un besoin urgent. Voilà pourquoi tout le monde s'en fout. Bien sûr qu'à Québec on voit ma proposition comme une dépense. Pour moi, c'est un investissement. Mais investir sans avoir la foi que cela sera rentable est effectivement suicidaire. Moi, je crois en la rentabilité de cet investissement. De toute évidence, nos élus et les fonctionnaires ne sont pas de cet avis.
Par ailleurs, ce n’est pas tout de posséder un ordinateur, encore faut-il savoir en tirer profit pédagogiquement… « Je connais des écoles où des ordinateurs dorment dans des boîtes parce que personne ne sait quoi en faire », affirme-t-il.
Je connais des dizaines et des dizaines d'enseignants qui voudraient bien faire quelque chose de pédagogique avec les TIC mais qui n'ont même pas d'ordinateur. Si des ordinateurs dorment dans des boîtes, cela veut dire que le leadership pédagogique de cette école est absent. Qu'on y change la direction de l'école, ça presse!
« Il ne faut pas penser que les élèves pensent à apprendre quelque chose aussitôt qu’ils ouvrent l’ordinateur. Il faut les guider dans leur utilisation pour que celle-ci devienne instructive et donc pédagogique », rappelle monsieur Bibeau.
C'est vrai pour un ordinateur. Mais c'est aussi vrai pour n'importe quel livre, n'importe quelle ressource. Mais pour que l'enseignant puisse guider un élève avec un ordinateur, ne faut-il pas au moins que cet enseignant et cet élève aient un ordinateur ???

Sur l'Infobourg...

Nouvel article sur l'Infobourg qui interview Robert Bibeau à propos de mon billet sur l'intégration des TIC dans les écoles. Je trouve dommage que M. Bibeau ne soit pas intervenu en laissant un commentaire à la suite de mon billet (évidemment, c'est son droit), mais je prendrai sans doute le temps de répliquer à ses propos d'ici quelques heures...

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