Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 24 décembre 2006

La religion

Après la messe, le corps du général [Pinochet] a été transporté dans l'après-midi de mardi à Concón, cité balnéaire au nord de Valparaiso où a eu lieu la crémation, en présence des proches.
Le Petit Journal

Pendant ce temps se déroulaient les funérailles laïques d'un Italien auquel le Vatican a refusé une cérémonie religieuse parce qu'il militait pour le droit de mourir des malades en phase terminale. Atteint de dystrophie musculaire, il était presque entièrement paralysé.
Matinternet
Dans le Petit Journal, on ne dit pas si le prêtre qui célébrait l'office était catholique. On peut tout au moins supposer qu'il était chrétien. Il est tout de même bizarre qu'on refuse la cérémonie à un gars qui n'avait plus aucune qualité de vie et demandant qu'on le tue, alors qu'un dictateur qui a tué des milliers d'hommes et de femmes ne demandant qu'à vivre y a droit.

mercredi 20 décembre 2006

La sagesse et l'argent

À lire cette ridicule mise en demeure envoyée par l'éditeur du logiciel Sage Paie à Framasoft.

dimanche 17 décembre 2006

Le lièvre de Vatanen

Vous connaissez Arto Paasilinna ? J'avais déjà glissé un mot de son Petits suicides entre amis. Or le 27 décembre prochain sortira en salle le Lièvre de Vatanen dont vous pouvez voir la bande annonce sur le site officiel. À la lecture du synopsis, je constate que l'histoire se passe au Canada alors que c'est la Finlande qui est à l'honneur dans le roman.

Le blogue (très peu réactif) ne compte qu'un seul billet pour l'instant. Mais on trouve dans les commentaires la même question qui me turlupinait : pourquoi ne pas avoir tourné en Finlande ?

lundi 11 décembre 2006

2020

Merci à Pierre-André Dreyfuss pour m'avoir signalé L’éducation et le rôle des enseignants à l’horizon 2020 écrit par Philippe Meirieu pour l'Unesco.

Pour donner le goût, une section est nommée : “ Pédagogie centrée sur l’enseignant ”, “ pédagogie centrée sur l’apprenant ” : d’une opposition polémique à une exigence éthique fondatrice. Plus loin, on trouve : Le clerc, le bibliothécaire et le compagnon : d’une pluralité de modèles à une conception ouverte de l’acte d’enseigner.

Bref, voilà une lecture que je ferai cette semaine.

samedi 9 décembre 2006

Papert

Mario nous apprend que Seymour Papert est dans un état critique au Vietnam après avoir été heurté par un vélomoteur. Le monde ne peut se permette la perte de ce génie qui, déjà en 1971 (oui, oui 1971 !!!) dans Twenty things to do with a computer écrivait :
Machines from its engineering branches are changing our way of life. How strange, then, that "computers in education" should so often reduce to "using bright new gadgets to teach the same old stuff in thinly disguised versions of the same old way."
[...] we are convinced that they [les 20 suggestions - GGJ] give a glimpse of the proper way to introduce everyone of whatever age and whatever levet to academic performance, to programming, to more general knowledge of computation and indeed (we say courageously steeling ourselves for the onslaught) to mathematics, to physics and to all formal subjects including linguistics and music.
Only inertia and prejudice, not economics or the lack of good educational ideas, stand in the way of providing every child in the world with the kind of experience of which we have tried to give you some examples. Il every child were to be given access to a computer, computers would be cheap enough for every child to be given access to computer.

vendredi 8 décembre 2006

Le téléphone

J'aime bien Blog éclectique qui, dans ce billet, nous dirige vers cette page où il est question de stratégies lors d'une sollicitation par appel téléphonique.

Cela m'a rappelé deux anecdotes.

- Bonjour Monsieur.
- Hum... oui...
- Vous aimeriez obtenir un congélateur absolument gratuitement ?
- Bien sûr !
- Et bien en achetant nous viande congelée, nous vous en offrons un...
- Je vous arrête immédiatement.
- C'est très avantageux...
- Je veux bien vous croire...
- Un congélateur gratos et la viande est de grande qualité produite...
- Mais Monsieur, nous sommes végétariens !
- (Estomaqué) Oh !... Oh !.... désolé...
En raccrochant, Marie me lance :
- Quoi ? Nous sommes végétariens ?
- En tout cas, nous l'avons été pendant quelques secondes....

Deuxième situation, arrivée très récemment :

Sonnerie du téléphone.
- Allô ?
- (Après deux ou trois secondes) Cet appel est important. Veuillez rester en ligne, un préposé sera avec vous très bientôt...
Je rageais. Habituellement, je ferme tout simplement le téléphone. Mais là, j'étais en furie. Après au moins trois grosses minutes d'une écoute répétée, sous fond sonore à la Vivaldi, que le message est important, une jolie voix humaine me demande : - Puis-je parler à Aurélie s'il vous plaît.
- Non.
- Elle n'est pas là ?
- Si elle y est.
Je sens que la préposée est surprise. Après deux secondes (c'est long, deux secondes au téléphone)
- Moi, j'aimerais parler à votre supérieur.
- Heu...
- Madame, cela fait plusieurs minutes que j'écoute à répétition un message absolument débile, et je veux faire une plainte. Passez-moi votre supérieur.
- Heu... Oui, oui... Mais puis-je dire un mot à Aurélie auparavant...
Bon, je n'avais rien contre cette personne alors je lui lance :
- D'accord, mais après votre conversation, je veux parler à votre supérieur.
- Oui.
Après la courte conversation avec ma fille, je reprends le combiné.
- Monsieur Jobin, je vous transfère. Gardez la ligne.
Là, j'ai attendu au moins quatre minutes au téléphone. Sans Vivaldi. J'étais encore plus enragé.
- Monsieur Jobin, ici X. Comment puis-je vous aider ?
- Je désire faire une plainte officielle à votre organisme. Je trouve absolument déplorable que vous faites perdre un temps fou à nous tenir au bout de la ligne à attendre qu'un préposé prenne son propre bout.
- Heu...
- C'est à mon avis un immense manque de respect.
- Vous savez, l'informatique.
- Quoi, l'informatique?
- C'est plus rapide que l'homme et...
- Vous vous foutez de moi ou quoi? Si votre compagnie désire m'appeler, je veux que ce soit un humain qui le fasse. Pas une machine. Je déteste qu'on me fasse attendre au téléphone. Cette façon de procéder démontre le peu de considération que vous avez pour vos clients. Les technologies ne servent pas à ennuyer les gens. Vous manquez d'éthique en les utilisant aussi bassement.
- Vous voulez formuler une plaine écrite.
- Une plainte écrite ?
- Oui, à l'ombudsman.
- Et me plaindre à vous, c'est pas suffisant ? Faut en plus que j'écrive une lettre.
- Heu... une plainte à moi, c'est suffisant...
- Qu'allez-vous faire?
- Heu...
- Je ne veux plus recevoir des appels automatisés. Qu'allez-vous faire ???
- Heu... Nous avons un meeting lundi prochain. Je déposerai votre plainte.
- J'espère que vous en tiendrez compte.

Fin de la conversation.

vendredi 24 novembre 2006

Et nos DG?

L'inconvénient de parler trop vite,
c'est qu'après avoir dit des choses,
on se met dans l'embarras de les penser.
Albert Brie


Il m'est toujours difficile d'en laisser passer une...

Par exemple, cette nouvelle rapportée sur plusieurs sites, mais ente autres, celui de Zone Libre en Éducation (Grics).

L'auteur de l'article signale qu'au regard de l'implantation du logiciel libre dans l'administration publique « la France est très nettement en avance sur le Québec dans ce domaine. » De la part d'un leader dans le monde de l'informatique scolaire, je me bidonne quand je vois une réflexion pareille. Qu'attend donc cette société à but non lucratif pour installer Linux dans les portables des directeurs généraux des commissions scolaires ? Si des députés peuvent comprendre Linux, me semble que nos DG n'auront certainement pas de problèmes eux non plus ! C'est beau de parler, de vanter les mérites du libre, mais tant qu'on ne fait que parler, les choses n'avancent pas vraiment. Et pourtant la GRICS, dont je le rappelle le conseil d'administration est composé de DG des CS, a le pouvoir de changer ces choses.

samedi 18 novembre 2006

Blogospherus

La blogosphère est-elle réelle ? Premier test de viralité pure de la blogosphère francophone.

Le test m'intéresse, d'autant plus qu'une jolie citation du Peuple des Connecteurs (quelques autres ) est en épigraphe du commentaire original.

mercredi 15 novembre 2006

Idiot-proof

Je pense qu'il faut réfléchir sur la fermeture d'un produit en éducation. On parle souvent de logiciel idiot-proof, c'est-à-dire d'un produit que même un imbécile ne pourra détourner des fonctionnalités prévues.

Squeak a cet immense avantage d'être dans le parfait opposé : on peut en effet à peu près tout « briser » dans cet univers. Cela a pour effet de déstabiliser grandement les enseignants qui ont besoin de sécurité quand ils mettent les enfants devant la machine. Cette dernière, pour eux, n'est souvent qu'un ustensile servant à exécuter certaines tâches précises plutôt qu'un outil permettant l'exploration d'idées. À l'école, on applique des idées et il viendrait à très peu de gens qu'on peut aussi en explorer à l'aide de l'informatique.

Le LOGO possédait (et possède toujours) cette capacité. Je me rappelle, au début des années 80, un conseiller pédagogique qui a rédigé un pas à pas pédagoplate pour sécuriser, non pas les élèves, mais les enseignants. Mais ce sont évidemment les élèves qui étaient pognés à suivre ce pas à pas. Ce conseiller était complètement à côté de la track. 25 ans plus tard, a-t-on vraiment évolué ?

Mais comment peut-on penser que ces enseignants développeront, dans le cadre de leur travail, la culture de la machine source d'exploration d'idées puissantes si on ne leur fournit pas un ordinateur personnel et s'ils restent toujours dépendants des services informatiques ?

À mon sens, donner à chaque enseignant de la province un ordinateur portable est une condition essentielle à l'application du programme de formation. Tant qu'elle ne sera pas remplie, on en restera à l'ordi-ustensile. Et on se reverra dans 25 ans...

mardi 14 novembre 2006

Déjà 30 ans

À tous ceux pour qui le 15 novembre est un 1er janvier, bonne et heureuse année.
Albert Brie, Le mot du silencieux (Affaire de perspective), Le Devoir
Je n'ai plus l'année précise où se trouve dans Le Devoir cette citation d'Albert Brie. Mais c'était probablement autour de 1977 ou 1978. Brie voulait signaler la prise du pouvoir par le PQ en 1976.

J'avais voté à Québec. Je pense que j'ai fait un beau X à côté du nom de Claude Morin, celui qui était, on l'a su plus tard, à la solde de la GRC.

En 83 lors de la négociation au secteur public, Lévesque et sa gang diminuaient mon salaire de 20%. Mais ce que je n'ai jamais digéré est la campagne de dénigrement menée par le gouvernement au regard de la profession enseignante. ll ne faut pas oublier que si le PQ avait été porté au pouvoir c'était en grande partie grâce à un appui massif des enseignants. Il m'est vraiment impossible d'oublier cet affront dégradant... Depuis, je sais que les politiciens sont tous pareils. À cet égard, je cite souvent Herriot:
Dans les ruines du théâtre romain de Vaison, on a trouvé des statues de personnages municipaux à têtes interchangeables. Comment ne pas admirer la sagesse de cette invention ?
Le 15 novembre n'est pas un premier janvier pour moi. Ce n'est qu'un 15 novembre, comme tous les autres.

Gricsomanie

Il m'a bien fait rire cet article de la GRICS (Zone libre en éducation) sur le syndrome Bayrou. L'article se termine par un précieux conseil : « Sachez qu’il vaut mieux avouer sa dépendance aux logiciels propriétaires que de tomber dans le piège du syndrome Bayrou. »

Paraphrasons : « Sachez qu’il vaut mieux avouer sa dépendance à la GRICS que de procéder à une véritable implantation du logiciel libre dans le système d'éducation. »

jeudi 9 novembre 2006

100%

Très bel article que celui d'Audrey Miller sur l'Infobourg.

Mon seul questionnement porte sur cette petite phrase du chapeau : « Voici un projet des plus originaux et 100 % réforme [...] » qui laisse, à la lecture du texte, sous-entendre qu'un projet qui intègre plusieurs matières est « réforme ». Comment juger qu'un projet est 100 % réforme ? Quelle(s) différence(s) y a-t-il avec les projets qui intégraient plusieurs matières avant l'adoption du renouveau pédagogique ? D'après moi, pour juger si un projet respecte l'esprit de la réforme, il faut, entre autres, s'assurer que les critères d'évaluation du programme ont bien été activés en cours d'apprentissage, et non pas seulement sur les productions des élèves. Aussi, il serait intéressant de jeter un oeil sur les portfolios d'apprentissage de ces enfants pour voir, par rapport à leurs compétences au départ du projet, ce qu'ils ont développé.

L'article décrit bien le projet, comme nous l'aurions fait il y a 7 ou 8 ans, mais nous laisse, réformement parlant, un peu sur notre faim.

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