Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

lundi 31 août 2009

SEP en bas

Cela se passe en 1980. J'avais quelques mois d'enseignement dans le corps. J'apprends que le conseiller pédagogique responsable de l'évaluation veut me rencontrer.

- Que puis-je pour vous, monsieur CP?
- Tu ne corriges pas comme il le faudrait.
- Comment ça ?
- Par exemple, GMA 121 à objectif 1, tu as donné la note de 17 sur 20 à cet élève.
- Oui, et pis après ?
- Ben, 17/20, c'est impossible. C'est un examen de 4 questions qui valent 0 ou 5 points. Donc, 17, c'est impossible.
- Je sais que le corrigé donne 0 ou 5, mais comme j'exige de voir le développement du problème ...
- On s'en fiche du développement. C'est juste la réponse qui compte.
- Mais c'est stupide.
- C'est comme ça.
- Je le redis, c'est stupide.
- T'as pas le choix. C'est la directive du ministère. Et je suis là pour la faire appliquer.
- Ben alors, changeons la directive. (Dans ma tête, je me disais qu'il serait bien aussi de changer de CP.)
- On ne peut pas. C'est comme ça, et c'est tout !


Je me suis senti vraiment cheap à ce moment-là. Pour moi, dans une résolution de problèmes, il est important de voir le développement de l'élève. Et il est important de porter un jugement sur la qualité de ce developpement.

C'est à ce moment-là que je me suis dit que l'évaluation scolaire, c'est de la merde.

L'attitude du conseiller pédagogique m'indiquait aussi qu'il ne serait pas facile de changer les idioties du système. J'ai alors décrété que si j'arrivais à provoquer ne serait qu'un seul petit pour cent de changement, je pourrais crier victoire.

Près de 30 ans plus tard, si j'évalue ma performance, je peux dire que cet objectif est un échec total car il n'y a à peu près rien de changer en éducation. Encore récemment, dans une formation, un enseignant m'a lancé :

- Tout ce que j'ai besoin, c'est d'avoir les examens de fin d'année assez tôt. Car c'est là-dessus que je me base pour mon enseignement.
- Ce que tu es en train de me dire, lui répondis-je, c'est que depuis 40 ans, rien n'a changé dans la province de Québec : au niveau de sec IV et V, on enseigne toujours en fonction des examens !
- C'est là dessus qu'on se base pour ME juger comme enseignant : la réussite passe par la performance des élèves à l'examen du ministère. Le reste, tout le monde s'en fiche pas mal.

SEP ? Pognés comme nous le sommes en éducation, je ne vois pas trop comment avoir un sentiment d'efficacité qui dépasse la naïveté du débutant.

SEP, le devoir

Demain et mercredi, j'assiste à une formation sur le SEP : Sentiment d'Efficacité Personnelle.

Et nous avons un devoir à réaliser. Le voici :

Le récit

Défi : Écrire deux récits
  • Décrire deux expériences professionnelles, une où tu t’es senti(e) efficace professionnellement et une autre où tu t’es senti(e) moins efficace professionnellement.
  • Utiliser le gabarit suggéré (Le gabarit en question, c'est deux colonnes, la première dans laquelle on écrit le texte, la seconde étant réservée aux commentaires).
Objectifs : À travers tes histoires personnelles et celles des autres
  • comprendre le concept du sentiment d’efficacité personnelle,
  • Faire des liens entre la pratique et la théorie,
  • Transférer les différents apprentissages dans sa pratique professionnelle.

La méthode du récit ou de l’approche autobiographique

Les aspects éthiques :
  • L’approche ne peut être imposée.
  • L’engagement doit être libre et volontaire.
  • L’engagement doit être individuel et collectif.
  • Chaque sujet est propriétaire de son récit.
  • Chaque personne juge de ce qu’elle veut partager.
  • Le respect est incontournable.
  • La confiance se construit progressivement dans le groupe.
  • Chaque récit permet d’enrichir le groupe.
  • Il n’y a pas de mauvais récits.

Le récit

Raconte-moi deux de tes expériences professionnelles l’une où tu t’es senti(e) efficace professionnellement et une autre où tu t’es senti(e) moins efficace professionnellement.
  • Écrire au « je ».
  • Important d’avoir du plaisir à écrire… laisser couler la plume… ou laisser aller les doigts sur le clavier…
  • Décrire le contexte.
  • Présenter les personnages.
  • Dérouler les événements en expliquant comment tu t’y es pris pour agir face aux personnes et aux situations.
  • Décrire le plus possible « Comment tu te sentais » « Qu’est-ce que tu te disais dans ta tête » « Comment tu interprétais les évènements à ce moment »
  • Utiliser le gabarit proposé.
  • Nombres de pages : 5 pages maximum pour chaque récit
J'ai généralement un préjugé assez négatif envers ces trucs à la mode. D'autant plus que ça ressemble à du New Age de la fin des années 70 (Parents efficaces, Enseignants efficaces, I'm ok You're ok, mariage encounter, etc.)

Au lieu d'utiliser le gabarit papier suggéré, je vais publier mes deux récits sur ce blogue, question de garder des traces et d'élargir la possibilité de commentaires. Et puis, il faut bien montrer aux formateurs universitaires à quoi peut bien servir un blogue !

mardi 4 août 2009

Superlatifs

C'est un parleur étrange, et qui trouve toujours
L'art de ne vous rien dire avec de grands discours ;
Dans les propos qu'il tient, on ne voit jamais goutte,
Et ce n'est que du bruit que tout ce qu'on écoute.
Molière

L'esprit mûri ignore la comparaison, la mesure.
Krishnamurti



Je ne suis plus capable d'entendre les superlatifs. Nos bulletins d'information en sont remplis, et je me demande bien ce que cela ajoute à la nouvelle. Sans doute, une apparence d'objectivité : on a toujours l'impression que cela est bien sérieux lorsqu'on nous lance des nombres. Pourtant, à bien y regarder, ces comparaisons ne veulent absolument rien dire. C'est lancer de la poudre aux oreilles d'un esprit inattentif.
  • Les plus fortes hausses de la semaine ...
  • La plus grande diminution depuis ...
  • Obama annonce la plus grande réforme depuis les années 1930
  • L'épidémie de grippe la plus forte depuis 12 ans
  • L'inflation la plus faible depuis plus de 50 ans
  • Le dollar canadien atteint un sommet inégalé depuis 10 mois.
  • Le sucre cause une moins grande augmentation de la glycémie que certains amidons...
  • La plus belle voix du Québec. (Ils sont plusieurs à l'avoir : M. Pelchat, G. Reno, F. Gignac, etc.)
Encore ce matin, j'ai entendu :

« Les violences atteignent des records absolus depuis la chute du régime des talibans fin 2001. »

« Records absolus depuis » est une expression fort curieuse. Tout record n'est-il pas absolu ? Bien sûr, il peut être (et il l'est généralement) temporaire. Existe-t-il des records « relatifs » ?

Il faut aussi comprendre que le « record absolu-absolu » (non mentionné dans la nouvelle) est quelque part avant 2001. Mais quand ? Et quel est-il ?

dimanche 26 juillet 2009

Pas de quoi fêter...

Espace-Musique aura bientôt 5 ans. Franchement, il n'y a pas de quoi fêter...

J'écoute la radio surtout le matin et depuis la disparition de la Chaîne Culturelle en septembre 2004, je reste sur ma faim radiophonique. Radio-Canada « FM » est devenue une autre radio populaire, avec les répétions des mêmes artistes et des mes tounes, jour après jour. Fini la « grande » musique !

Je m'ennuie des Francine Moreau, Georges Nicholson (Carte blanche) et Gilles Dupuis (La grande fugue, Les notes inégales). Je m'ennuie des matins « classiques ».

Cinq ans d'une bouillie insipide sont suffisants ; je propose la renaissance de la Chaîne Culturelle !

mardi 30 juin 2009

Capitatlisme

Chacun vaut ce que valent les objectifs de son effort.
Marc-Aurèle


« Payer les élèves pour récompenser leurs efforts ? » a été publié hier dans La Presse. (L'article n'est pas en ligne.)

Je suppose que tout cela dépend de la réponse à la question suivante : Doit-on considérer l'apprentissage d'une matière comme un travail ou comme un salaire ?

Moi, je le considère comme un plaisir !

Lire le billet de Mario Asselin auquel j'ai laissé un commentaire.

mardi 23 juin 2009

Bergson 1

Les cartes heuristiques sont bien pratiques pour prendre des notes. J'ai reçu aujourd'hui « Pour connaître la pensée de Bergson » de François Meyer (1964). Ci-dessous, mon résumé du chapitre 1. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Bergson

dimanche 14 juin 2009

La faim

« Mon Dieu, donnez-nous notre faim quotidienne !  a écrit Gaston Bachelard. Coupons ce Dieu, et disons plutôt : « Donnons-nous notre faim quotidienne. »

mercredi 3 juin 2009

Semaine tragique

La semaine dernière fut épouvantable, la pire en cinq ans.

Mardi, Andréanne nous annonça le décès de Jean, son beau-père. Elle a fait un bon billet qui le décrit fort bien. Quant à moi, je retiens son immense courage. Et aussi son incroyable sens de l'humour dont ses trois fils ont d'ailleurs hérité.

À la cérémonie, Éléonore, une petite amie d'Estéban, lui lança :

- Il ne te reste plus qu'un grand-père.
- Mais non, répondit-il, il y a aussi ma grand-maman Marie.

* * *


Puis, jeudi...

Marie part avec les chiens pour leur promenade matinale.

Autour de 6 h 15, le téléphone sonne.

- Chéri, je suis au dépanneur près du parc. Viens nous chercher : Ubuntu s'est blessée et elle ne peut marcher.

Elle ne pouvait plus se tenir sur sa patte droite avant. Probablement une cassure.

Énervés, nous attendons 8 h, l'ouverture de la clinique.

- Il n'y a pas de doute, c'est effectivement une cassure, nous confirme la vétérinaire. On va prendre une radiographie.

La radiographie indiquait une très, mais très vilaine cassure. Comme si l'os, semblable à du verre, avait éclaté.

- Comment est-ce arrivé ? nous demanda la vétérinaire.
- Elle courait, tout simplement. Et tout à coup, sans aucune raison (pas de trou, pas d'enfargement, rien) elle s'est arrêtée en lançant des cris perçants.
- Une telle cassure n'est vraiment pas normale. Cependant vous êtes chanceux dans votre malchance, nous rassure-t-elle, car en après-midi, un spécialiste des os brisés sera à la clinique.

Mais la solution espérée (une espèce de «pin» qui maintiendrait les morceaux de l'os) s'avère impossible aux dires de ce spécialiste.

De plus, il semblait grandement probable que la chienne était aux prises avec le cancer des os. Toute la journée, nous avons tenté de trouver, sans succès, une solution.

Ubuntu s'est éteinte doucement jeudi soir.

lundi 18 mai 2009

Un rêve éveillé

Cela se passait il y a quelques semaines.

- Docteur, si je suis ici, c'est que je veux régler mon problème.

- Ok.

- Je suis TOUJOURS fatigué et je suis fatigué de l'être.

Il est bizarre, mon docteur : il passe son temps à parler, parler, parler. Parler de quoi ? De statistiques, bien sûr.

(Après 20 minutes de bla-bla)

- Bon, bon, je vais te faire une demande à la clinique du sommeil, mais il y a de 4 à 6 mois d'attente.

Youppi ! Au moins, il me mettait sur la liste. Après 5 ans où chaque fois je lui soumettais ma problématique, enfin, il faisait quelque chose.

Rendu à la maison, j'ai fouillé sur le web et je suis tombé sur ce test en ligne. Mon résultat était terrible.

Dans la journée, on m'a contacté par courriel en m'indiquant qu'au besoin, on me donnerait rendez-vous dans un délai d'une semaine. UNE SEMAINE ???

J'ai appelé pour savoir combien tout ça coûtait, et laissez-moi vous dire que l'attente de 4 à 6 mois est passée à une attende de 4 jours !

À la clinique, bonne explication sur ce qu'est l'apnée. Puis on me passa un genre de moniteur à porter pendant la nuit et que je devais rapporter le lendemain.

Deux jours après, on m'annonça qu'effectivement je faisais de l'apnée du sommeil (apnépathe ?), et on me fixa un rendez-vous pour le surlendemain (LE SURLENDEMAIN !!!).

Pour tester si le problème se corrige, on me passa un CPAP pour la nuit. En gros, un CPAP c'est un truc qui empêche la structure de s'affaisser pendant le sommeil en ajustant la pression de l'air lors de la respiration. Conséquence : plus de microréveils et on peut enfin se rendre au sommeil profond.

Petit problème : ce n'est pas facile de dormir avec un masque dans la face. De plus, il faut que la bouche soit toujours fermée, sinon il y a quelques désagréments. Mais l'avantage, c'est qu'on ne ronfle plus ! Pendant les premières minutes, j'ai eu un fort sentiment de claustrophobie qui est loin d'être aisé à contrôler. Et puis, avec un long tube relié à la machine même, pas évident de se tourner dans le lit.

Mais le lendemain matin...

C'était la première fois depuis longtemps (des années peut-être) que je me levais NON FATIGUÉ.

- Comment te sens-tu, m'a demandé Marie au déjeuner.

- C'est curieux. Mon corps ne ressent absolument pas le besoin de fermer les yeux et pourtant j'ai l'impression que par habitude, il veut que je les ferme... Effet placebo ou réalité ?

L'analyse des données du CPAP (une journée!) indiquait que cette machine ferait l'affaire.

- Nous allons envoyer tout ça à votre médecin de famille pour qu'il fasse la prescription.

- Ce sera long ?

- On envoie ça dans l'heure qui suit. Pour le reste, ça dépend du médecin.

Oh non ! Mais finalement, en une semaine, la clinique recevait ma prescription et depuis vendredi dernier, j'ai mon CPAP personnel.

Cela fait déjà trois jours que je me lève reposé et que je ne ressens plus de somnolence pendant la journée.

En trois semaines, j'ai pu régler mon problème. Croyez-moi, ce n'est pas moi qui vais chialer contre « le privé ».

dimanche 17 mai 2009

1 = 20

Entendu dans une pub à la télé : « Votre vieille tondeuse à gazon fait autant de pollution en une heure que 20 voitures. »
Nous nous sommes regardés, Marie et moi, avec des points d'interrogation dans la figure. Que diable veut-on dire? Serait-ce que 20 voitures qui roulent pendant une heure polluent moins qu'une seule tondeuse qui fonctionne pendant le même temps? Où cela aurait-il un lien avec la quantité d'essence dépensée ? Autrement dit, quel est le point de comparaison ?

En fouillant un peu sur le web, j'ai trouvé ceci :
« Ce que trois millions de propriétaires de tondeuses anciennes ne savent pas, c’est que l’utilisation des moteurs à deux temps de type hors route est responsable de 3 à 5 % de toute la pollution atmosphérique au Canada, entreprises comprises, dont 20 % des émissions globales d’hydrocarbures, écrivait Louis-Gilles Francoeur dans Le Devoir du 23 avril dernier. Une tondeuse à deux temps rejette autant de pollution en une heure qu’une nouvelle voiture en 40 heures ! » Selon Environnement Canada, 20 à 35 heures de tonte par été pollue autant qu’une auto qui roule pendant un an !
Réf.
La dernière phrase me laisse aussi perplexe : une voiture roule combien d'heures par année ? Par ailleurs « 20 à 35 », c'est passer du simple au quasi double, un intervalle qui, me semble-t-il, peut faire dire absolument n'importe quoi...

samedi 16 mai 2009

Wolfram|Alpha

Révolutionnaire comme moteur de recherche : Wolfram|Alpha. C'est avec ce genre d'invention que l'école devra très très rapidement composer. Mais saura-t-elle le faire ? Permettez-moi d'en douter fortement car l'école préfère encore produire de petits automates applicateurs d'algorithmes : il faut laisser les algorithmes aux machines ; le rôle de l'homme est de penser.


vendredi 8 mai 2009

Reportage Jeux-Triboulet

La télé communautaire a fait un reportage sur la boutique ! C'est ici. Constatation : il faut absolument que je maigrisse...

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