Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 18 septembre 2009

TBI : Entrevue non retenue

Au début de l'année, j'ai été questionné par madame Isabelle Toussaint, rédactrice pigiste, dans le cadre d'un article qu'elle préparait pour une revue québécoise. Cette revue l'ayant refusé, cet article se retrouve maintenant dans le dernier numéro de l'École Branchée. Pour des raisons que je peux comprendre, rien de ce que j'avais exprimé à madame Toussaint ne se retrouve dans l'article publié.

Voici donc comment j'avais répondu aux questions de madame Toussaint.

Une précision cependant : Je suis conseiller pédagogique en maths et animateur du RÉCIT local pour ma CS. Cependant, mes idées ne reflètent absolument pas celles de mon employeur. En ce sens, je suis « penseur autonome »!


Isabelle Toussaint (IT) : Quelles sont, selon vous, les raisons qui expliquent l'engouement pour le TBI partout dans le monde ? Est-ce sa simplicité relative d'emploi conjuguée à sa richesse en matière de possibilités (gestion des documents, accès Internet, écrire sur le tableau, sélection d'un élément à visionner, faire fonctionner un logiciel, introduire des images) ?

GJ : Je ne sais pas s'il s'agit d'un engouement ou, plus simplement, d'une mode. Depuis 2-3 ans maintenant, le gouvernement donne environ 30 $ par élèves (la commission scolaire doit en ajouter 15 $) pour le renouvellement ou l'ajout de matériel informatique, soit une véritable manne pour certaines compagnies. Ces dernières ont fait plusieurs représentations auprès des services informatiques qui y ont vu du potentiel pédagogique.

IT : Le TBI à vos yeux est surtout un outil pour l'enseignant, mais pas un outil d'apprentissage. Peut-on estimer qu'il a par contre atteint sa cible quant à l'aspect de l'information et de la communication ?

GJ : Par cible, entendez-vous l'ÉLÈVE ? Le TBI est un outil technologique qui laisse l'enseignant dans le paradigme de l'enseignement : J'enseigne (en faisant un bon «show» avec un TBI); tu écoutes et, parfois, je te laisse faire une présentation au TBI. Rien de bien révolutionnaire là-dedans. En fait, c'est tout le contraire : avec ce tableau, le prof est conforté dans sa vision « remplir des têtes vides ».

IT. J'aimerais que vous me donniez plus en détail l'exemple d'une technologie informatique/numérique qui pour un coût nettement inférieur offre une vraie dynamique d apprentissage.

GGJ. Pourquoi une technologie qui offre une vraie dynamique devrait-elle avoir un coût inférieur ? M'enfin...
Pour qu'il y ait apprentissage, il faut que l'élève soit actif dans la construction de son savoir. C'est pure illusion que de croire qu'un élève apprend en restant assis 50 minutes à écouter un prof (avec TBI ou non) déblatérer sa matière. Cette technique n'est utile que si on veut gaver les élèves de connaissances qu'ils régurgiteront quelques jours plus tard dans un examen.
Il n'est pas nécessaire que chaque élève ait son ordinateur portable. Cependant, si cet élève a besoin d'utiliser un ordinateur, ce dernier doit être immédiatement accessible.
Quelques exemples.
Un élève écrit un texte. Alors, IL DOIT être en mesure d'ouvrir un ordinateur, d'utiliser un texteur (en mode local ou Internet), d'ouvrir son correcteur orthographique, d'ouvrir DES dictionnaires, d'accéder à l'Internet pour y faire des recherches sur des mots, des phrases, des idées, etc.

On demande aux élèves de travailler en équipe sur un projet. Ces élèves DOIVENT avoir accès à des ordinateurs pour plusieurs étapes du projet :
- Remue-méninges avec un mind-mapping, par exemple.
- Structuration des idées et construction du plan (plusieurs logiciels sont d'une grande aide pour ce faire)
- Partage des idées (via un wiki par exemple ou un Google document)
- Écriture (wiki, texte partageable synchrone et asynchrone, outil de correction grammaticale, logiciel de graphisme, etc.)
... et j'en oublie.

Le rôle du prof dans tout cela ? Laisser les élèves travailler !!! Les guider, leur faire prendre conscience de leurs avancées, de leurs difficultés, de leurs forces, de leurs défis. Auparavant, il était important que l'enseignant sache ce que l'élève apprend. Aujourd'hui, il est plus important que ce soit l'élève qui sache ce qu'il apprend et ce qu'il lui reste à apprendre !!!

IT. Dans les outils que vous utilisez, quels sont ceux qui sont plus particulièrement efficaces en matière de pédagogie ouverte ?

GJ. C'est quoi, la pédagogie « ouverte » ? Je répète que le programme de formation exige que l'élève soit actif dans ses apprentissages. Et ce faisant, il arrivera à développer sa vision du monde.
Il faut aussi définir le mot outil car, d'après moi, on utilise beaucoup plus l'ordinateur comme un ustensile que comme un outil : le traitement de texte est une dactylo moderne, le courriel, un échange moderne de lettres, le tbi, un tableau noir moderne. Alors qu'un outil est un moyen facilitant l'exploitation de notre créativité et notre originalité. Voir à ce propos mon billet écrit en 2007.

IT. Le problème de la formation des enseignants reste important. J'ai cru comprendre qu'il est question de logiciels de programmation dans vos enseignements. Ces logiciels ne sont-ils pas trop complexes à appréhender pour un enseignant non initié ? N'est-ce pas trop en demander aux profs ? Cela ne requerrait-il pas systématiquement un conseiller pédagogique ? Et n est-ce pas alors là que le coût du TBI s'efface ?

GJ. Mais non ! Au Québec, le mot « programmation informatique » est tabou à l'école. Cela vient du milieu des années 80 où l'université offrait un certificat en Applications Pédagogiques de l'Ordinateur. Les inscrits apprenaient à construire des exerciseurs en BASIC. Une gang de profs ont été écoeurés par la chose...
Programmer un ordinateur, c'est lui enseigner ! Or quoi de mieux pour apprendre que d'enseigner. Donc, un élève qui enseigne à l'ordinateur nécessairement apprend ! C'est ce dernier concept qui n'est pas compris ou dans lequel on ne croit pas.
Quant à la compétence des profs, il ne faut pas oublier qu'ils ont tous réussi un bac à l'université. Apprendre à programmer n'est certainement pas au-dessus de leurs capacités...

IT. Au fond, les logiciels que vous utilisez pourraient-ils être appréhendés par les enseignants de la même façon intuitive que peut l'être le TBI ? Et si oui, alors il y a un problème d'information auprès du corps enseignant, non ?

GJ. Mais un TBI, ce n'est qu'un tableau blanc. C'est tout ! Avec ce dernier, vient généralement un logiciel qui permet d'activer différentes fonctions l'fun pour le prof qui enseigne. Mais on peut faire la même chose avec un canon projecteur et un ordinateur équipé du même logiciel (ou d'un logiciel libre qui fait le même job!)

IT. En quoi le principe de travailler avec un système de programmation enrichit-il l'apprentissage d'un enfant ? Quelles habiletés sont alors développées ? Comment un enseignant pourrait-il s approprier de tels logiciels pour l'aspect magistral de son enseignement ?

GJ. Drôle de question. Pour y répondre, il faudrait que je vous fasse une démonstration ou que vous veniez en salle de classe pendant que les élèves sont en projet «programmation».
En programmant, l'élève développe une grande majorité des compétences du programme de formation. L'élève apprend à organiser ses idées, à résoudre des problèmes, à créer, à imaginer, à communiquer ses idées, et j'en finis plus...
L'enseignement magistral est R I D I C U L E. Apprendre en écoutant quelqu'un d'autre est une aberration. Sauf, peut-être, pour apprendre à recracher de bonnes réponses à un examen qui ne veut rien dire..

IT. Quelles sont les TIC qui, selon votre expérience, sont efficaces auprès d'élèves en difficulté significative ?

GJ. TIC et efficacité... Pourquoi jumeler ces deux mots ? Les TIC permettent à une personne d'actualiser sa pensée. Là est toute sa force. Je fais régulièrement du SCRATCH (c'est un logiciel de programmation créé au MIT) avec tous les élèves, du premier cycle du primaire au secondaire, en passant par les élèves EHDAA. Pourquoi un tel succès auprès de ces éleves ? Parce qu'ils sont actifs  parce qu'on les laisse libres de développer une idée de leur crue ;parce que cela permet autant aux « faibles » (je hais les catégories) qu'aux «forts» de pousser leur imagination....

IT. Monsieur Thierry Karsenty (titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation à l'Université de Montréal) estime que se sont surtout des outils comme YouTube ou FaceBook qui sont les outils de l'avenir. Qu'en pensez-vous ?

GJ. Il est certain que le socioweb est important. Et qu'ils sont déjà très présents dans l'univers du jeune. Mais je me demande bien ce que l'école peut en faire. L'école n'est pas là pour permettre aux élèves de clavarder et de visionner des vidéos. Pour moi, l'ordinateur permet à (aide) une personne à devenir ce qu'elle est. Je sais, c'est un peu quétaine tout ça, mais si, en écrivant, on peut être lu par tous, c'est que, d'abord, on a écrit avec une intention profonde ou sérieuse. Si, en créant, on peut partager à tous les fruits de ces créations, c'est aussi parce que, d'abord, on a créé quelque chose. Je pense que l'ordinateur permet de devenir meilleur apprenant, meilleur humain.

IT. L'évolution des technologies étant tellement rapide, le TBI ne va-t-il pas être, de toute façon, très vite dépassé en matière de technique ?

GJ. Je ne sais pas, et je m'en fous. Pour moi, aussi paradoxalement que cela puisse paraître dans ma bouche, la technologie est bien secondaire. Et c'est de même pour le français, les mathématiques ou l'histoire. Ce qu'on apprend n'est pas important ; ce qui est important, c'est être en état d'apprentissage. Or il arrive que l'ordinateur, l'Internet, les logiciels libres judicieusement employés (c'est ici qu'on trouve le rôle du pédagogue !) offrent une quasi-permanence de cet état !

samedi 5 septembre 2009

Code permanent vers ddn

Problème : À partir d'un champ MySql contenant le code permanent d'un élève, trouver sa date de naissance.

Un code permanent se présente sous cette forme : NNNP########. Les trois première lettres NNN représentent les trois premières lettres du nom de l'élève et la quatrième lettre P représente la première lettre du prénom de l'élève.

Suivent alors 4 paires de nombres.

La première paire représente le jour de la naissance de l'enfant. Cependant, si l'enfant est né après 1999, on lui ajoute 62.
La seconde paire représente le mois de la naissance de l'enfant. Si c'est une fille, on lui ajoute 50.
La troisième paire représente l'année de la naissance.
La quatrième paire est réservée au MELS sans doute pour différencier ceux qui portent à peu près le même nom et sont nés à la même date.

Exemples

ALLN91530111
ALLaire, Nicole.
Les paires sont respectivement : 91, 53, 01, 11.
Puisque 53 > 50, l'enfant est une fille née en mars (53 - 50 = 3 = mars);
01 indique qu'elle est née en 2001;
Puisque qu'elle est née après 1999, le jour de sa naissance est le 29 (91-62).
La dernière paire (11) n'intervient pas dans la DDN.
Sa date de naissance est 2001-03-29.

ROBW24079902
ROBinson, Will.
Les paires sont respectivement : 24, 07, 99 et 12.
07 indique le mois de juillet. C'est un garçon car le nombre est plus petit que 50.
99 indique qu'il est né en 1999.
24 est son jour de naissance. Il est plus petit que 62 car l'enfant est né avant 2000.
Le nombre 12 n'a pas de signification au regard de la DDN.
La date de naissance de Will est : 1999-07-24.

Le code SQL qui permet la transformation est :

select concat(
if( substr( codeperm, 9, 2 ) < 50, 2000 + substr( codeperm, 9, 2 ) , 1900 + substr( codeperm, 9, 2 ) ),
'-',
if( substr( codeperm, 7, 2 ) > 50, substr( codeperm, 7, 2 ) -50, substr( codeperm, 7, 2 ) ),
'-',
if( substr( codeperm, 5, 2 ) < 31, substr( codeperm, 5, 2 ) -62, substr( codeperm, 5, 2 ) )
)
as DDN
FROM LaTable


LaTable est la table contenant le champ codeperm. Notez que cette commande est valide jusqu'en 2050 et pour les élèves nés après 1950. Cela est indiqué par la valeur 50 dans l'expression : substr( codeperm, 9, 2) < 50

lundi 31 août 2009

SEP en haut

Un grand moment pour moi de sentiment d'efficacité personnelle s'est produit en 2000.

Depuis quelques mois, je travaillais au passage mode statique vers mode dynamique de mon site Au fil de mes lectures. Pour ce faire, je devais apprendre PHP et MySql.

Au même moment, Marie, la femme la plus extraordinaire que je connaisse, avait un projet de portfolio pour sa classe de maternelle. Je lui ai donc suggéré d'en faire un web : Ayant l'expertise, elle en serait la conceptrice pédagogique alors que je l'assisterais en programmant le projet pour le web. Pour moi, y a rien de mieux qu'apprendre en contexte réel avec un problème réel. C'est ainsi que non seulement je me suis mis à l'étude du PHP et du Mysql, mais aussi à l'étude du programme du préscolaire.

Quelques mois plus tard, Marie et moi avions une version exploitable d'un portfolio électronique pour le préscolaire. Comme nos commissions scolaires respectives ne voulaient pas l'héberger, nous avons fait l'achat d'un espace web en France et, dès septembre de l'année suivante, tous les enfants de la classe avait un portfolio.

Ce portfolio est l'une de mes plus grande fierté. Il était près des besoins de l'enseignant, près des élèves et communiquait merveilleusement bien aux parents les progrès des enfants. Nous l'avons présenté à l'Aquops et l'accueil fut plus que chaleureux.

Aujourd'hui, en 2009, le projet a été repris et amélioré par le Recit du préscolaire.

SEP en bas

Cela se passe en 1980. J'avais quelques mois d'enseignement dans le corps. J'apprends que le conseiller pédagogique responsable de l'évaluation veut me rencontrer.

- Que puis-je pour vous, monsieur CP?
- Tu ne corriges pas comme il le faudrait.
- Comment ça ?
- Par exemple, GMA 121 à objectif 1, tu as donné la note de 17 sur 20 à cet élève.
- Oui, et pis après ?
- Ben, 17/20, c'est impossible. C'est un examen de 4 questions qui valent 0 ou 5 points. Donc, 17, c'est impossible.
- Je sais que le corrigé donne 0 ou 5, mais comme j'exige de voir le développement du problème ...
- On s'en fiche du développement. C'est juste la réponse qui compte.
- Mais c'est stupide.
- C'est comme ça.
- Je le redis, c'est stupide.
- T'as pas le choix. C'est la directive du ministère. Et je suis là pour la faire appliquer.
- Ben alors, changeons la directive. (Dans ma tête, je me disais qu'il serait bien aussi de changer de CP.)
- On ne peut pas. C'est comme ça, et c'est tout !


Je me suis senti vraiment cheap à ce moment-là. Pour moi, dans une résolution de problèmes, il est important de voir le développement de l'élève. Et il est important de porter un jugement sur la qualité de ce developpement.

C'est à ce moment-là que je me suis dit que l'évaluation scolaire, c'est de la merde.

L'attitude du conseiller pédagogique m'indiquait aussi qu'il ne serait pas facile de changer les idioties du système. J'ai alors décrété que si j'arrivais à provoquer ne serait qu'un seul petit pour cent de changement, je pourrais crier victoire.

Près de 30 ans plus tard, si j'évalue ma performance, je peux dire que cet objectif est un échec total car il n'y a à peu près rien de changer en éducation. Encore récemment, dans une formation, un enseignant m'a lancé :

- Tout ce que j'ai besoin, c'est d'avoir les examens de fin d'année assez tôt. Car c'est là-dessus que je me base pour mon enseignement.
- Ce que tu es en train de me dire, lui répondis-je, c'est que depuis 40 ans, rien n'a changé dans la province de Québec : au niveau de sec IV et V, on enseigne toujours en fonction des examens !
- C'est là dessus qu'on se base pour ME juger comme enseignant : la réussite passe par la performance des élèves à l'examen du ministère. Le reste, tout le monde s'en fiche pas mal.

SEP ? Pognés comme nous le sommes en éducation, je ne vois pas trop comment avoir un sentiment d'efficacité qui dépasse la naïveté du débutant.

SEP, le devoir

Demain et mercredi, j'assiste à une formation sur le SEP : Sentiment d'Efficacité Personnelle.

Et nous avons un devoir à réaliser. Le voici :

Le récit

Défi : Écrire deux récits
  • Décrire deux expériences professionnelles, une où tu t’es senti(e) efficace professionnellement et une autre où tu t’es senti(e) moins efficace professionnellement.
  • Utiliser le gabarit suggéré (Le gabarit en question, c'est deux colonnes, la première dans laquelle on écrit le texte, la seconde étant réservée aux commentaires).
Objectifs : À travers tes histoires personnelles et celles des autres
  • comprendre le concept du sentiment d’efficacité personnelle,
  • Faire des liens entre la pratique et la théorie,
  • Transférer les différents apprentissages dans sa pratique professionnelle.

La méthode du récit ou de l’approche autobiographique

Les aspects éthiques :
  • L’approche ne peut être imposée.
  • L’engagement doit être libre et volontaire.
  • L’engagement doit être individuel et collectif.
  • Chaque sujet est propriétaire de son récit.
  • Chaque personne juge de ce qu’elle veut partager.
  • Le respect est incontournable.
  • La confiance se construit progressivement dans le groupe.
  • Chaque récit permet d’enrichir le groupe.
  • Il n’y a pas de mauvais récits.

Le récit

Raconte-moi deux de tes expériences professionnelles l’une où tu t’es senti(e) efficace professionnellement et une autre où tu t’es senti(e) moins efficace professionnellement.
  • Écrire au « je ».
  • Important d’avoir du plaisir à écrire… laisser couler la plume… ou laisser aller les doigts sur le clavier…
  • Décrire le contexte.
  • Présenter les personnages.
  • Dérouler les événements en expliquant comment tu t’y es pris pour agir face aux personnes et aux situations.
  • Décrire le plus possible « Comment tu te sentais » « Qu’est-ce que tu te disais dans ta tête » « Comment tu interprétais les évènements à ce moment »
  • Utiliser le gabarit proposé.
  • Nombres de pages : 5 pages maximum pour chaque récit
J'ai généralement un préjugé assez négatif envers ces trucs à la mode. D'autant plus que ça ressemble à du New Age de la fin des années 70 (Parents efficaces, Enseignants efficaces, I'm ok You're ok, mariage encounter, etc.)

Au lieu d'utiliser le gabarit papier suggéré, je vais publier mes deux récits sur ce blogue, question de garder des traces et d'élargir la possibilité de commentaires. Et puis, il faut bien montrer aux formateurs universitaires à quoi peut bien servir un blogue !

mardi 4 août 2009

Superlatifs

C'est un parleur étrange, et qui trouve toujours
L'art de ne vous rien dire avec de grands discours ;
Dans les propos qu'il tient, on ne voit jamais goutte,
Et ce n'est que du bruit que tout ce qu'on écoute.
Molière

L'esprit mûri ignore la comparaison, la mesure.
Krishnamurti



Je ne suis plus capable d'entendre les superlatifs. Nos bulletins d'information en sont remplis, et je me demande bien ce que cela ajoute à la nouvelle. Sans doute, une apparence d'objectivité : on a toujours l'impression que cela est bien sérieux lorsqu'on nous lance des nombres. Pourtant, à bien y regarder, ces comparaisons ne veulent absolument rien dire. C'est lancer de la poudre aux oreilles d'un esprit inattentif.
  • Les plus fortes hausses de la semaine ...
  • La plus grande diminution depuis ...
  • Obama annonce la plus grande réforme depuis les années 1930
  • L'épidémie de grippe la plus forte depuis 12 ans
  • L'inflation la plus faible depuis plus de 50 ans
  • Le dollar canadien atteint un sommet inégalé depuis 10 mois.
  • Le sucre cause une moins grande augmentation de la glycémie que certains amidons...
  • La plus belle voix du Québec. (Ils sont plusieurs à l'avoir : M. Pelchat, G. Reno, F. Gignac, etc.)
Encore ce matin, j'ai entendu :

« Les violences atteignent des records absolus depuis la chute du régime des talibans fin 2001. »

« Records absolus depuis » est une expression fort curieuse. Tout record n'est-il pas absolu ? Bien sûr, il peut être (et il l'est généralement) temporaire. Existe-t-il des records « relatifs » ?

Il faut aussi comprendre que le « record absolu-absolu » (non mentionné dans la nouvelle) est quelque part avant 2001. Mais quand ? Et quel est-il ?

dimanche 26 juillet 2009

Pas de quoi fêter...

Espace-Musique aura bientôt 5 ans. Franchement, il n'y a pas de quoi fêter...

J'écoute la radio surtout le matin et depuis la disparition de la Chaîne Culturelle en septembre 2004, je reste sur ma faim radiophonique. Radio-Canada « FM » est devenue une autre radio populaire, avec les répétions des mêmes artistes et des mes tounes, jour après jour. Fini la « grande » musique !

Je m'ennuie des Francine Moreau, Georges Nicholson (Carte blanche) et Gilles Dupuis (La grande fugue, Les notes inégales). Je m'ennuie des matins « classiques ».

Cinq ans d'une bouillie insipide sont suffisants ; je propose la renaissance de la Chaîne Culturelle !

mardi 30 juin 2009

Capitatlisme

Chacun vaut ce que valent les objectifs de son effort.
Marc-Aurèle


« Payer les élèves pour récompenser leurs efforts ? » a été publié hier dans La Presse. (L'article n'est pas en ligne.)

Je suppose que tout cela dépend de la réponse à la question suivante : Doit-on considérer l'apprentissage d'une matière comme un travail ou comme un salaire ?

Moi, je le considère comme un plaisir !

Lire le billet de Mario Asselin auquel j'ai laissé un commentaire.

mardi 23 juin 2009

Bergson 1

Les cartes heuristiques sont bien pratiques pour prendre des notes. J'ai reçu aujourd'hui « Pour connaître la pensée de Bergson » de François Meyer (1964). Ci-dessous, mon résumé du chapitre 1. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Bergson

dimanche 14 juin 2009

La faim

« Mon Dieu, donnez-nous notre faim quotidienne !  a écrit Gaston Bachelard. Coupons ce Dieu, et disons plutôt : « Donnons-nous notre faim quotidienne. »

mercredi 3 juin 2009

Semaine tragique

La semaine dernière fut épouvantable, la pire en cinq ans.

Mardi, Andréanne nous annonça le décès de Jean, son beau-père. Elle a fait un bon billet qui le décrit fort bien. Quant à moi, je retiens son immense courage. Et aussi son incroyable sens de l'humour dont ses trois fils ont d'ailleurs hérité.

À la cérémonie, Éléonore, une petite amie d'Estéban, lui lança :

- Il ne te reste plus qu'un grand-père.
- Mais non, répondit-il, il y a aussi ma grand-maman Marie.

* * *


Puis, jeudi...

Marie part avec les chiens pour leur promenade matinale.

Autour de 6 h 15, le téléphone sonne.

- Chéri, je suis au dépanneur près du parc. Viens nous chercher : Ubuntu s'est blessée et elle ne peut marcher.

Elle ne pouvait plus se tenir sur sa patte droite avant. Probablement une cassure.

Énervés, nous attendons 8 h, l'ouverture de la clinique.

- Il n'y a pas de doute, c'est effectivement une cassure, nous confirme la vétérinaire. On va prendre une radiographie.

La radiographie indiquait une très, mais très vilaine cassure. Comme si l'os, semblable à du verre, avait éclaté.

- Comment est-ce arrivé ? nous demanda la vétérinaire.
- Elle courait, tout simplement. Et tout à coup, sans aucune raison (pas de trou, pas d'enfargement, rien) elle s'est arrêtée en lançant des cris perçants.
- Une telle cassure n'est vraiment pas normale. Cependant vous êtes chanceux dans votre malchance, nous rassure-t-elle, car en après-midi, un spécialiste des os brisés sera à la clinique.

Mais la solution espérée (une espèce de «pin» qui maintiendrait les morceaux de l'os) s'avère impossible aux dires de ce spécialiste.

De plus, il semblait grandement probable que la chienne était aux prises avec le cancer des os. Toute la journée, nous avons tenté de trouver, sans succès, une solution.

Ubuntu s'est éteinte doucement jeudi soir.

lundi 18 mai 2009

Un rêve éveillé

Cela se passait il y a quelques semaines.

- Docteur, si je suis ici, c'est que je veux régler mon problème.

- Ok.

- Je suis TOUJOURS fatigué et je suis fatigué de l'être.

Il est bizarre, mon docteur : il passe son temps à parler, parler, parler. Parler de quoi ? De statistiques, bien sûr.

(Après 20 minutes de bla-bla)

- Bon, bon, je vais te faire une demande à la clinique du sommeil, mais il y a de 4 à 6 mois d'attente.

Youppi ! Au moins, il me mettait sur la liste. Après 5 ans où chaque fois je lui soumettais ma problématique, enfin, il faisait quelque chose.

Rendu à la maison, j'ai fouillé sur le web et je suis tombé sur ce test en ligne. Mon résultat était terrible.

Dans la journée, on m'a contacté par courriel en m'indiquant qu'au besoin, on me donnerait rendez-vous dans un délai d'une semaine. UNE SEMAINE ???

J'ai appelé pour savoir combien tout ça coûtait, et laissez-moi vous dire que l'attente de 4 à 6 mois est passée à une attende de 4 jours !

À la clinique, bonne explication sur ce qu'est l'apnée. Puis on me passa un genre de moniteur à porter pendant la nuit et que je devais rapporter le lendemain.

Deux jours après, on m'annonça qu'effectivement je faisais de l'apnée du sommeil (apnépathe ?), et on me fixa un rendez-vous pour le surlendemain (LE SURLENDEMAIN !!!).

Pour tester si le problème se corrige, on me passa un CPAP pour la nuit. En gros, un CPAP c'est un truc qui empêche la structure de s'affaisser pendant le sommeil en ajustant la pression de l'air lors de la respiration. Conséquence : plus de microréveils et on peut enfin se rendre au sommeil profond.

Petit problème : ce n'est pas facile de dormir avec un masque dans la face. De plus, il faut que la bouche soit toujours fermée, sinon il y a quelques désagréments. Mais l'avantage, c'est qu'on ne ronfle plus ! Pendant les premières minutes, j'ai eu un fort sentiment de claustrophobie qui est loin d'être aisé à contrôler. Et puis, avec un long tube relié à la machine même, pas évident de se tourner dans le lit.

Mais le lendemain matin...

C'était la première fois depuis longtemps (des années peut-être) que je me levais NON FATIGUÉ.

- Comment te sens-tu, m'a demandé Marie au déjeuner.

- C'est curieux. Mon corps ne ressent absolument pas le besoin de fermer les yeux et pourtant j'ai l'impression que par habitude, il veut que je les ferme... Effet placebo ou réalité ?

L'analyse des données du CPAP (une journée!) indiquait que cette machine ferait l'affaire.

- Nous allons envoyer tout ça à votre médecin de famille pour qu'il fasse la prescription.

- Ce sera long ?

- On envoie ça dans l'heure qui suit. Pour le reste, ça dépend du médecin.

Oh non ! Mais finalement, en une semaine, la clinique recevait ma prescription et depuis vendredi dernier, j'ai mon CPAP personnel.

Cela fait déjà trois jours que je me lève reposé et que je ne ressens plus de somnolence pendant la journée.

En trois semaines, j'ai pu régler mon problème. Croyez-moi, ce n'est pas moi qui vais chialer contre « le privé ».

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