Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

lundi 23 septembre 2013

Curriculum pour le XXIe siècle.

Sur Internet, on trouve plusieurs articles illustrant l'utilisation pédagogique du Ipad, ou encore comment intégrer le TBI à l'apprentissage (les gens n'osent plus dire à l'enseignement), ou encore sur le partage avec les outils Google, etc.

Tout ça, véritable bouillie pour les chats, cache une vérité toute simple : l'intégration des TIC est un échec lamentable. D'après moi, le seul, l'unique moyen de réussir cette intégration, c'est de donner à chaque élève le droit, en tout temps, d'utiliser un ordinateur, non pas une tablette genre IPAD, mais bien un ordinateur, soit cette machine qui peut faire plusieurs tâches en même temps. L'effet serait immédiat, car, avouons-le, l'école est d'abord distributrice d'un choix de connaissances. Or, comment continuer de distribuer ces connaissances si elles sont accessibles en tout temps à l'élève ?

L'école ne veut pas permettre cet accès permanent pour la simple raison qu'elle serait forcée de modifier tout le curriculum. Vous ne me croyez pas ? Imaginer un élève avec son ordinateur personnel pendant une évaluation formative, sommative, institutionnelle, etc. Ça fait peur, n'est-ce pas ?

Mais nous serons sans doute d'accord sur le fait que l'élève doit apprendre à réfléchir. Et qu'il doit aussi comprendre le monde, c'est-à-dire tenter d'en saisir l'essence.

Dans cet esprit, voici ma suggestion d'une réforme (quel mot !) du programme de formation.
  1. Au primaire I, II et III, enseigner aux élèves l'arithmétique, à écrire, à lire. Surtout à lire.
  2. Au primaire I à VI, initier les enfants à la musique, au dessin, au théâtre, aux sciences, à la cuisine, aux sports.
  3. Au primaire III et IV, initier les élèves à une suite bureautique incluant traitement de texte, traitement d'image, présentation, base de données, chiffrier.
  4. Au primaire IV, V et VI, au rythme de 5 h par semaine, obliger tous les élèves à apprendre la programmation à l'aide de Scratch, Logo ou autre.
  5. Au primaire IV, V et VI, tous les élèves devraient lire 15 à 20 livres par année.
  6. Au primaire IV, V et VI, tous les élèves devraient visiter 15 à 20 personnalités par année. (Ex. Démocrite, César, Jésus, Einstein, Bach, Picasso, A. Dumas, curé Labelle, Edison, Walt Disney, etc.)
  7. Au primaire IV, initier les élèves à l'écriture web (HTML).
  8. Au primaire, supprimer toute évaluation sommative. Remplacer par une approche par portfolio.
  9. Au secondaire I à V, exiger que tout élève ait en tout temps un ordinateur.
  10. Au secondaire I à IV, supprimer les cours de français. Les remplacer par des cours de théâtre, musique, dessins, danse, histoire, géographie et politique.
  11. Au secondaire I à IV, supprimer les cours de mathématiques. Les remplacer par des cours de programmation informatique et de philosophie.
  12. Au secondaire I à IV, chaque classe devrait faire un voyage dans un coin du monde.
  13. Au secondaire I à IV, tous les élèves devraient faire de la science.
  14. Au secondaire I à IV, tous les élèves devraient pratiquer au moins un sport.
  15. Au secondaire V, consacrer tout le temps à l'apprentissage « en dur » des mathématiques et de la langue française.
  16. Au secondaire, supprimer toute évaluation institutionnelle. À remplacer par une évaluation par portfolio.
  17. Du programme actuel, on conserve les neuf compétences transversales.

mercredi 15 mai 2013

Pour Paul de Bruxelles

Cher monsieur, J'ai bien reçu votre commentaire mais vous avez oublié de me laisser votre courriel. Vous pouvez m'écrire à gilles.jobin@gmail.com Au plaisir, Gilles

jeudi 18 avril 2013

30 ans plus tard

On fouillant dans mes vieilles affaires, je suis tombé sur ce projet de 1983.

Avec mon collègue enseignant de français, nous tentions de répondre, tout au moins partiellement, aux problèmes que nous vivions. Le directeur et les conseillers présents ont écouté, posé quelques questions... et n'ont jamais donné suite.

30 ans plus tard, en le relisant, je m'aperçois que les problèmes sont à peu près les mêmes. Il est vrai qu'on doit accepter que le système d'éducation est une bien grosse machine et qu'on ne peut espérer des changements rapides. Mais 30 ans, c'est tout de même plusieurs années...

Bonne lecture !


Projet d'activités pédagogiques
1983-1984
Mise en contexte

Depuis 5 années déjà que nous sommes à l'emploi du Service d'Éducation des Adultes, nous avons eu amplement le temps d'observer, d'évaluer, de vivre un enseignement quelque peu particulier. Et, justement, cette cinquième année en fût une particulièrement difficile pour nous. Nous avons réalisé et cela a été constaté par la plupart des gestionnaires du S.E.A. que la motivation, le « feu sacré » n'y étaient plus.

Notre première réaction passée, nous avons décidé de nous pencher plus à fond sur le problème que nous vivions, d'abord pour comprendre et, possiblement, pour y remédier. Nous y sommes donc allés de constatations dont voici l'essentiel :

La philosophie de l'enseignement individualisé veut que la matière à assimiler par les étudiants soit décortiquée en particules et que ceux-ci ne soient évalués qu'en fonction de ces petites portions d'apprentissage. On pense que si l'étudiant réussit chaque examen, il a bien compris la matière. Or, notre expérience nous démontre qu'il n'en est rien. Que c'est même une utopie. On apprend à ces étudiants à affronter chaque marche, mais ils restent incapables de monter l'escalier.

Mais les fondements de l'enseignement individualisé sont-ils vraiment en cause? Peut-être les formateurs utilisent-ils mal le système ou encore peut-on supposer que les étudiants s'y adaptent mal ou n'en comprennent pas l'essence.

Quoi qu'il en soit, certains faits sautent aux yeux :
  • Le bagage culturel des étudiants, à leur arrivée au centre, est généralement faible.
  • Les étudiants lisent très mal. (Si l'on suppose que lire nécessite une bonne compréhension de l'écrit).
  • Leur mauvaise compréhension de la langue française leur cause de grandes difficultés dans toutes les matières, si l'on considère que leur apprentissage se fait, dans une très large mesure, à partir de la lecture.
  • Ils n'ont aucune méthode personnelle de travail.
  • On ne leur demande pas de faire une synthèse de leurs acquis. Ils n'ont donc pas à tracer de lien entre les différents apprentissages. Cette situation ne favorise pas la rétention du savoir.
  • Les tests de classement indiquent assez mal la valeur réelle de l'étudiant.
  • Les formateurs n'ont que peu d'opportunités de se servir du vécu des étudiants pour parfaire la formation de ceux-ci.
  • Nous ne pouvons pratiquement pas discuter de pédagogie parce que notre rôle semble se limiter à répondre aux questions pressantes des étudiants pressés.
  • Alors que nous visons l'autonomie (pensée louable!) pour les étudiants, le système fait en sorte que ceux-ci soient presque totalement dépendants des formateurs vu leur incapacité à fonctionner avec du matériel écrit.
  • Nous avons l'impression qu'actuellement, malgré l'implantation de nouveaux programmes et l'expérience grandissante de tous les intervenants dans le projet d'enseignement individualisé (Form. Gén.), le S.E.A.P ne fait que délivrer des diplômes sans grande valeur.
Il est donc évident que le système d'enseignement individualisé comporte certaines lacunes. Il existe probablement de nombreuses solutions. Nous avons choisi de vous proposer celle qui nous apparaît comme étant la meilleure et la plus adaptée aux ressources dont nous disposons.

Cette solution réside, toujours selon nous, dans le fait d'intégrer à l'horaire des cours magistraux dans nos matières respectives.

Comme vous le constaterez en consultant les textes annexés, lesdits cours magistraux ne se dérouleront pas selon le modèle d'enseignement traditionnel. Nos objectifs étant ce qu'ils sont, nous nous devons d'effectuer quelques accrocs à la tradition. Mais personne ne s'en plaindra, du moins le croyons-nous.

Vous trouverez donc ci-joints les documents, assez préliminaires il convient de le mentionner, jetant les bases des cours de français et de mathématiques que nous envisageons d'expérimenter en Septembre 83.

MATHEMATIQUES

« La résolution de problèmes n'est pas seulement le fait de trouver une bonne réponse. C'est une approche pédagogique, voire même philosophique, de l'enseignement : permettre à l'étudiant de discuter, d'échanger sur un problème donné et non plus seulement comparer sa réponse à celle du livre ou du maître ».
Denis Renaud, Congrès de l'Apame, Mai 1983.


Pourquoi enseigner les mathématiques modernes à l'Éducation des Adultes? Mentionnons d'abord que l'introduction des mathématiques dites modernes avait comme but de permettre aux étudiants de globaliser les grands concepts mathématiques à l'aide d'un symbolisme unique : le langage ensembliste.

Force nous est de constater que ce but est très loin d'être atteint : nos étudiants ont un très faible degré de rétention, sont incapables d'utiliser leurs acquis antérieurs pour y ajouter d'autres connaissances, sont inaptes à résoudre un problème mathématique, ne développent aucun esprit de synthèse, sont incapables d'utiliser leurs connaissances pour résoudre des problèmes pratiques et ont une peur bleue de tout symbolisme.

Manifestement, nous pouvons dire que nos étudiants ne savent absolument pas ce qu'ils font et que ce n'est que par réflexe conditionné (petite bouchée ... petit test ... autre petite bouchée ... autre petit test ... etc.) qu'ils arrivent à s'en sortir.

Mais s'en sortent-ils VRAIMENT? Est-ce un service que de remettre à l'étudiant un diplôme dont tous nous connaissons la valeur réelle?

Nous croyons qu'une telle situation est extrêmement déplorable. Nos étudiants se dirigeant vers des établissements d'études supérieures auront un fort taux d'échecs. Quant aux adultes venus chercher un secondaire III, aussi bien-dire qu'ils n'auront rien appris.

Voilà donc pourquoi un enseignement des mathématiques plus intégré au vécu des étudiants est requis.

Nous faisons face à des contraintes immuables à l'Éducation des Adultes, contraintes que nous connaissons tous. Mais nous pensons que malgré ces contraintes il y a place pour ce type d'enseignement intégré.

L'objectif général de cette formation serait :

« Développer les habiletés de base en mathématiques, non pas en appuyant sur des objectifs de contenu (qu'on retrouve d'ailleurs dans le curriculum de tout cours secondaire) mais plutôt en exploitant des idées mathématiques. »

Pour ce faire nous croyons qu'une bonne exploitation de problèmes ouverts, c'est-à-dire favorisant l'exploration de plusieurs solutions possibles, serait un moyen de réaliser cet objectif. Nous stressons l'importance de rendre l'élève habile à appliquer ses connaissances à son vécu, de l'aider à développer son habileté à analyser, à synthétiser et à évaluer différentes situations que l'on peut mathématiser. Sans quoi l'acquisition de connaissances, vite oubliées, ne serait guère valable pour nos futurs gradués. Il faut permettre aux adultes d'échanger sur leur façon de résoudre un problème et ainsi donner à chacun une possibilité de s'exprimer, de s'affirmer et d'apprendre des autres.

Évidemment cela suppose des conditions particulières;
  • une ouverture d'esprit du formateur
  • une préparation minutieuse
  • une habileté à poser des questions selon le niveau atteint par les individus : des questions plus « profondes » pour les plus avancés et des questions plus adaptées au niveau des plus faibles pour ces derniers
  • une habileté à mettre en valeur les différentes stratégies utilisées et solutions apportées par les élèves
  • une disponibilité des intervenants (conseillers pédagogiques et directeur de centre) pour au besoin aider le formateur en place, soit en participant aux activités en classe, soit en lui permettant de partager son expérience et ses problèmes. On a parfois (souvent!) besoin de support et de conseils.
Ces conditions remplies, plusieurs conséquences apparaîtront.

En effet, le type d'enseignement proposé implique que l'étudiant sera toujours actif dans son apprentissage. La solution ne sera plus « garrochée" mais l'étudiant sera plutôt encouragé à fournir SA propre solution. Si aucune n'est trouvée, l'étudiant sera alors encouragé à expliquer le bout de chemin fait dans sa recherche d'une réponse. L'étudiant apprendra aussi à cerner la cause de son blocage.

Nous croyons que le processus d'apprentissage est indissociable de l'émotionnel de l'individu. Une attention particulière devra donc être portée sur le vécu de l'adulte alors qu'il se trouve en « état d'apprendre ». Ainsi l'adulte sera-t-il encouragé à exprimer ses différents sentiments face à son devoir d'étudiant. Des questions viseront à tourner l'étudiant vers SA compréhension des choses et peut-être trouvera-t-il ainsi qu'une matière, en soi, n'a rien de détestable et qu'il peut y trouver son dû. On espère qu'en lui donnant un défi qu'il peut relever, un défi à son niveau, l'adulte prendra peu à peu confiance en lui.

Aussi l'étudiant acquerra le goût des activités d'apprentissage puisque ces dernières lui conféreront une image positive de lui-même :

« Même si je n'ai pas encore la solution, j'ai déjà réussi quelques pas dans la bonne direction », « J'ai trouvé MOI-MÊME comment faire », « Je suis capable », etc.

Il faut que l'adulte apprenne POUR LUI-MÊME. Il faut qu'il fasse sien son apprentissage.

Gilles Jobin,
Juin 1983.

dimanche 13 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 132

Un grand front semble donner de l'air au cerveau.

Promène-toi avec une belle pensée, elle t'en amènera d'autres.

Le beau intimide, c'est un maître.

Ne mendie aucune affection, elle ne te serait pas longtemps chère.

L'ami de tous ignore l'amitié.

Pour leur en donner plus de regrets la nature a voulu que les fautes des mères se payassent sur leurs enfants.

Les vrais mondains n'aiment à vivre que dans leur bocal.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 9 janvier 2013

Les conseils de Willingham

À la fin de son billet TBI, Ipad et autres passions technophiles, Normand Baillargeon reformule trois conseils de Wilingham quant à l’utilisation des NTIC en classe. Les voici en caractères gras avec, en dessous de chacun, mon point de vue.

Découragez la pratique du multitâche chez vos élèves, tout particulièrement quand ce qu’ils et elles doivent faire est important.

Important ? Important pour qui ? Comme les conseils s'adressent aux enseignants, je suppose que ce sont eux qui doivent juger de «l'importance.» Effectivement, je pense que pour résoudre un problème complexe, la concentration est nécessaire ; mais, franchement, croyez-vous vraiment qu'un élève trouve «important» cette résolution ? Mon conseil : partez de ce qui est important pour votre élève. Et à partir de là, apprenez-lui le français correct, les maths, l'histoire, etc.

Ne vous demandez pas tant ce que vous pourriez faire avec telle ou telle technologie, mais décidez ce que vous devez ou voulez faire et demandez-vous si telle ou telle technologie peut ou non vous aider, vous aider non seulement à le faire, mais aussi à le faire mieux.

Ah... ! En fait, il faut plutôt vous demander : est-ce que la technologie utilisée par l'élève lui permet de mieux APPRENDRE. Si la réponse est non, foutez-moi cette techno dehors !

Consultez pour vous inspirer des sites sur lesquels des collègues partagent le fruit de leurs expériences avec les NTIC.

Consultez!? J'opte plutôt pour le conseil suivant : démarrez votre propre blogue, et déposez-y vos réflexions, vos interrogations, vos questionnements, etc. Dépassez la simple consultation ; je dis PARTAGEZ !

mardi 8 janvier 2013

J’enseigne et je veux utiliser Twitter

Écoles : établissements où l'on apprend à des enfants ce qu'il leur est indispensable de savoir pour devenir des professeurs.
(Sacha Guitry, Toutes réflexions faites)


J’enseigne et je veux utiliser Twitter : par où commencer ? est le titre d’un billet d’Audry Miller publié sur l’Infobourg.

La réponse apportée par madame Miller est intéressante, mais j’examinerai la question sous un angle différent.

Posons-nous les questions ci-dessous :

« j’enseigne le français, et je veux utiliser Antidote : par où commencer? »
« j’enseigne les maths et je veux utiliser Geogebra : par où commencer? »

Sommes-nous alors dans le même type de réflexion ?

D’abord, je pense que pour « utiliser », il faut être UTILISATEUR. J’entends ici un utilisateur régulier, une personne qui trouve pour elle-même de la pertinence, du sens et des avantages concrets.

Pourquoi demander à des élèves d’exploiter le potentiel d’Antidote si vous-même ne l’utilisez pas ? Pourquoi demander à des élèves d’avoir recours à Geogebra si vous n’en profitez pas vous-même pour faire des maths ? (En passant, quel prof de maths « fait » des maths ?)

Twitter est du même ordre. Pourquoi demander aux autres de s’en servir si, dans votre quotidien, il n’existe pas ?

Règle importante : Vous devez utiliser à titre personnel l’outil que vous espérez pouvoir « vendre » aux élèves.

Pour la suite, nous tiendrons pour acquis que vous êtes un bon twitteur. Pour avoir une idée de comment en user avec des élèves, plusieurs aspects sont à considérer :

1 - Le côté technique ;
2 - le côté Commission scolaire ;
3 - le côté pédagogique.

1 - Techniquement parlant, il faut bien sûr que Twitter soit «accessible» de l’école. Bien entendu, certains argumenteront que si ce n’est pas le cas, les élèves peuvent toujours y accéder de la maison. Pour ma part, je me dis que si l’école est trop frileuse pour permettre l'accès Twitter, elle ne mérite pas que j’me fende le c.. en quatre pour innover. J’en resterais donc au « j’enseigne ». Évidemment, puisque vous êtes un utilisateur de Twitter, vous pourrez y partager votre joie de travailler dans une école moderne... ou votre frustration devant un conseil d’établissement pusillanime.

2 - La cs et ses règles. Il faut voir ce que la commission scolaire exige lorsque vous faites du réseau social avec vos élèves. Si les règles sont trop complexes, laissez tomber votre projet, et continuez seulement avec votre «j’enseigne». Si en 2013, votre CS ne comprend encore ce qu'est l'intégration des TIC, je doute que vous puissiez y changer quelque chose.

3 - La pédagogie. L’article de madame Miller procure quelques bonnes pistes. Pour ma part, je ne vois pas trop l’intérêt d’utiliser Twitter avec des élèves. Ces derniers sont presque tous sur Facebook ; pourquoi alors ne pas l’exploiter pour votre projet ? Par contre, si, dans votre pratique de Twitter, certaines idées d’une utilisation pédagogique surviennent, je ne peux que vous encourager (à la condition que les deux premiers points soient réglés) à tenter l’expérience. Mais n’oubliez pas une chose importante : Twitter c’est d’abord votre projet puisqu’il est entré dans votre vie) ; ce n'est pas le projet de l'élève. Je pense qu’il est beaucoup plus important d’imaginer comment Twitter pourrait s’intégrer aux projets et aux apprentissages de vos élèves. Mais ça, c’est passer du paradigme d’enseignement à celui de l’apprentissage...

Twitter, Antidote, Geogebra, etc., tous ces beaux outils sont vraiment intéressants. Sont-ils « pédagogiques » ? S’ils aident un élève à apprendre, alors ils le sont ; s’ils aident un enseignant à enseigner... c’est une tout autre histoire.

jeudi 16 août 2012

Les décideurs et Twitter

Suite à ce tweet de Nathalie Beauregard,
voici ma suggestion.

A - Si le décideur est le directeur d’école :
  • Discutez en privé avec lui pour obtenir les raisons de ce blocage;
  • Lui apporter tous les arguments pédagogiques auxquels vous croyez et lui montrer que LOGIQUEMENT cela implique qu’un outil tel Twitter doit être disponible ;
  • Lui apporter un dossier de projets réalisés avec Twitter dans d’autres écoles.
  • Si, suite à cette démarche, votre directeur d’école reste convaincu de ses idées, changez d’école.
B - Si le décideur est le service informatique :
  • Demandez par écrit toutes les raisons motivant ce blocage ;
  • Répondez, par écrit, à ces arguments en les démolissant point par point.
  • Apportez les arguments pédagogiques justifiant l’utilisation de Twitter.
  • Montez un dossier montrant des projets dans d’autres CS qui utilisent Twitter en classe.
  • Envoyez le tout au SI, votre directeur d’école, votre animateur Récit, le directeur des services pédagogiques et le DG.
  • Si rien n’y fait, changez de CS.

mercredi 15 août 2012

Twitter en éducation

Twitter...

Ah ! Twitter.

Pourquoi y a-t-il si peu d'intervenants dans le monde de l'éducation qui twittent ? Je posais récemment la question sur Twitter et, bien sûr, les arguments du manque de connaissance de l'outil et de formation sont revenus.

Quant à moi, ces arguments, quoique logiques, ne sont tout simplement pas les bons. En effet, pour avoir vendu l'idée d'utiliser Twitter autour de moi (aussi bien aux amis qu’aux collègues), je sais que ces arguments ne fonctionnent absolument pas.

Voici donc ce que je pense être les différentes difficultés inhérentes à la pratique régulière de Twitter. Ne pas oublier que Twitter, c’est du microblogage.
  • Écrire publiquement en tant que professionnel est épeurant.
  • On déteste être critiqué.
  • On ne croit pas vraiment que ce que l’on a à partager vaut la peine de le partager.
  • Être consomacteur n’est pas dans notre culture
  • Résumer notre pensée en 140 caractères n’est pas simple.
Reprenons point par point.

Écrire publiquement en tant que professionnel est épeurant.

J’entends ici par professionnel tout intervenant dans le monde de l’éducation.

Souvent on m’a demandé comment je trouvais le «courage» (et là, je sourcillais) d’écrire des billets (ou des tweets) qui parlaient d’éducation et où j’émettais mes idées.

- Ton employeur ne te dit rien? s’inquiétait-on.
- Non. Rien. 1. Mon employeur n’est pas sur Twitter et ne lit certainement pas mon blogue (ils ne savent même pas comment utiliser un fil RSS !) 2. Ce que j’écris, ce sont MES idées, et jamais je ne parle CONTRE mon employeur. 3. Je pense que pour faire avancer les choses, il faut confronter publiquement notre pensée. J’appelle ça «se socio-construire.»
Et la conversation finit par un :
- En tout cas, je te trouve bien brave.
- Mais tu peux toujours écrire anonymement...
Et là arrive le «classique» :
- Mais de toute manière, je n’ai pas le temps d’écrire.
Je soupire... et je passe à autre chose.

En éducation, on a peur de dire (et d’écrire) ce qu’on pense. Combien de fois n’ai-je pas dit à un collègue : «WOW. C’est intéressant ce que tu penses. Tu devrais l’écrire dans un billet pour le partager à d’autres...»

Et on me regarde comme si j’étais un extraterrestre.

On déteste être critiqué.

Émettre une idée, même en 140 caractères, c’est l’offrir à la critique, et ça, en éducation, on déteste. On préfère lancer notre opinion à deux trois personnes bien choisies (celles dont on sait qu’elles pensent comme nous), et on en reste là. D’ailleurs, plusieurs ont de la difficulté à ne pas prendre personnel une critique.

J’ai eu plusieurs discussions sur Twitter. Encore cette semaine, je me suis engagé dans une conversation sur le plaisir d’apprendre à l’école. Quelques tweets adverses essayaient de me piquer personnellement. Ce n’est pas vraiment grave, car j’ai appris à ne pas prendre en compte ces sophismes dans la conversation en restant au niveau des idées.

Faire face à ces critiques (qui n’en sont pas vraiment) est un apprentissage. Et je constate que peu de gens l’on fait. C’est un peu pour cela que je crois qu’on devrait offrir dès le secondaire un ou deux cours de philosophie sur l’art de débusquer les sophismes et de les parer.

Il ne faut pas oublier que si, par la discussion, on s’aperçoit que notre idée n’était pas très bonne, cela demande beaucoup d’humilité pour l’accepter et le reconnaître.

On ne croit pas vraiment que ce que l’on a à partager vaut la peine de le partager.

Il est en effet assez remarquable de constater qu’on n’a pas vraiment confiance dans ce que l’on pense. Et que l’on ne croit pas que cette pensée peut apporter quoi que ce soit d’intéressant aux autres. Je ne sais pas comment combattre ce fait. Je fais partie de ceux qui, effectivement, pensent qu’ils n’ont pas grand’chose à dire. Et il m’a fallu attendre plusieurs années avant de comprendre que «pas grand’chose» ne veut pas dire «rien».

Être consomacteur n’est pas dans notre culture

La venue du Web modifie profondément notre rapport au monde. Depuis 1993, tout être humain peut, s’il le désire, se projeter sur une toile de communication quasi infinie. Mais ce séisme est long à atteindre les côtes et, aujourd’hui encore, plusieurs ne voient pas la vague. On en voit plusieurs surfer sur cette vague ; on observe leurs exploits ; on consomme leurs créations. Mais peu savent qu’ils peuvent eux-mêmes expérimenter leurs propres acrobaties. À cet égard, les intervenants du monde de l’éducation sont frileux. Ils ont peur de se noyer. Ils ont peur d’être observés et jugés.

Et....

Et ... ils restent estomaquer devant ces jeunes dans leur classe qui se lancent à l’eau, et qui essaient de prendre le large.

Résumer notre pensée en 140 caractères n’est pas simple.

En fait, écrire n’est pas simple. Cela demande de la pratique, du temps, des essais, des révisions. C’est exigeant et, dans le monde de l’éducation, on est jugé sur nos écrits. Donc, pour éviter le jugement, quoi de mieux que je ne pas écrire ? Nos élèves dans nos cours de français ont compris ça... et c’est pourquoi ils en font le moins possible en écriture. Ils sont tannés de voir leurs textes barbouillés de rouge et remplis de consignes pour en faire la correction.

Quant à nous, adultes, nous restons avec cette répugnance tenace , acquise à l’école, qu’est l’écriture. Ils sont en effet très rares les intervenants qui ne font pas la grimace lorsqu’on leur demande de pondre un texte. Et si, en plus, on doit résumer notre pensée en 140 caractères, on ajoute à la difficulté.

Peut-on contourner la chose ? Bien sûr. Il «suffit» d’ouvrir un blogue (ou un microblogue) et de faire l'effort d’écrire régulièrement et de se donner le droit à l’erreur. Bien écrire est l’affaire de toute une vie.

Ah... Twitter....

mardi 14 août 2012

Chemin faisant, page 236

Comme l'âme doit se trouver riche sans le corps !

Le premier baiser vendu, comme il a dû être honteux devant lui-même !

La perspicacité de l'esprit engendre le doute, celle du coeur la défiance.

Rien comme certains successeurs pour nous faire valoir.

Le hasard fait beaucoup pour l'amour sans que l'amour consente à l'avouer.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

mercredi 8 août 2012

Bibite

Une des nombreuses bestioles qui nous entourent.



jeudi 26 juillet 2012

COQ section Invitation Ronde 6

Championnat ouvert du Québec

Section Invitation



Voici toutes les parties de la 6e ronde

Vous pouvez consulter le classement après 6 rondes ici.
Choisissez une partie :

jeudi 5 juillet 2012

Chemin faisant, page 195

Dieu a des solutions à lui qu'il ne laisse ni prévoir ni deviner.

La répétition d'un conseil n'en double pas la valeur, elle la diminue.

Les meilleures joies appartiennent à la famille : les plus douces en sortent et les plus pures y restent.

Quand on en appelle à notre bon sens, il semble qu'on en appelle à notre conscience, tant est fort le lien de parenté.

Dieu sait ce qu'il fait; cette pensée doit nous consoler.

La hâte d'aimer fait que nous nous trompons parfois d'objet.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

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