Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 3 décembre 2005

Les grèves rotatives : enfantillages

Je viens de recevoir un courriel de notre représentant syndical. Cette petite phrase très boniment syndical m'a fait sourire.
Pour notre part, avant de lancer la serviette et de se dire : « Pourquoi faire ceci ou cela… de toute manière le gouvernement fera ce qui lui plaira », je vous demande d’exercer encore une fois le seul vrai droit qui nous est accordé, celui de manifester notre colère et notre désapprobation face à ce simulacre de négociation et de démocratie.
Manifester notre colère et notre désapprobation est tellement enfantin. C'est un comportement du genre «Maman, si tu me donnes pas ce que je veux, je vais faire une grosse colère.»

Je pense qu'il est grand temps de penser à des solutions plus intelligentes. Voici la mienne, que j'avais déjà énoncée dans un commentaire d'un précédent billet :

1 - On abandonne immédiatement tous moyens de pression.
2 - On cible une seule petite CS de la province.
3 - Après une sérieuse préparation (nos représentants syndicaux devront travailler fort), en septembre 2006, tous les profs de cette cs démissionnent.
4 - Les autres syndiqués s'unissent pour payer ces démissionnaires le temps que le conflit se règle.

Prenons une petite commission scolaire de 450 enseignants. Actuellement, on donne trois jours de paye à nos employeurs pour exercer notre droit de grève (c'est-y pas assez niaiseux !). Imaginons que tous les enseignants de la province donnent cet argent au syndicat de manière à ce que ce dernier paye ces 450 enseignants le temps que le conflit se règle. Évidemment, pas question de régler sans que les démissionnaires réintègrent leur poste sans aucune perte. Je n'ai pas fait le calcul, mais j'ai bien l'impression qu'on pourrait bloquer une telle commission scolaire pendant deux ou trois mois... Et s'il le faut, tous les autres syndiqués pourraient encore ajouter quelques jours de leur salaire dans la banque. Tout cela deviendrait absolument intenable pour l'imployeur.

Il me semble qu'on aurait enfin un véritable rapport de force. Et aucune loi spéciale ne pourrait régler ce genre de bataille... Publicisez cette idée autour de vous. Voyez ce que les gens en pensent, et revenez commenter !

MàJ - J'ai trouvé un nom à ma proposition : le Gambit Jobin. Aux échecs, un gambit est le sacrifice d'un pion dans le but de récupérer plus tard le matériel avec un avantage.

vendredi 25 novembre 2005

2006 sera en retard

Saviez-vous que le 31 décembre qui vient, on devra ajouter une seconde intercalaire à notre montre ?

mercredi 23 novembre 2005

Comme vous, je paye son salaire...

Je viens tout juste de lire ce passage dans Cyberpresse | Actualités. C'est la ministre Forget qui parle.

«Alors, moi, je sais qu'aujourd'hui il y a 175 000 enfants qui ne sont pas à l'école, il y a donc 175 000 familles qui sont touchées.» Le paragraphe plus bas, le journaliste écrit : « La ministre a évalué qu'il y a eu plus d'un million de jours où les parents ont dû intervenir puis trouver quelqu'un (pour garder leurs enfants).»

Donc, si je saisis bien, notre bonne ministre pense qu'une famille québécoise n'a qu'un seul enfant....
Un million de jours, c'est tout près de 2739 ans... Cela veut-il dire que depuis le début des grèves rotatives, les parents québécois ont dû intervenir l'équivalent de 2739 ans pour résoudre les problèmes de garderie ?
Madame Forget est présidente du Conseil du Trésor. En tout cas, si j'avais un trésor, ce n'est pas à elle que je le confierais. J'ai beaucoup de difficulté à prendre cette femme au sérieux...

samedi 19 novembre 2005

Concours

Il y a certainement un concours dans l'air : j'ai reçu une dizaine de courriels dans lesquels on me demande l'auteur de la citation suivante :

«Il faut en finir avec cette légende du siècle dernier qui veut qu'au paradis on s'ennuie à mourir, et que l'enfer soit peuplé de gens intéressants et célèbres.»

Il paraît que la réponse se trouve parmi les trois possibilités suivantes :
  • Sacha Guitry
  • Nina Berberova
  • Philippe Sollers
Malheureusement, toutes mes recherches sont restées infructueuses... Mais en fouillant, je suis tombé sur ce joli proverbe arabe : « Le paradis de la terre se trouve entre les seins d'une femme, sur le dos d'un cheval, dans les pages d'un livre. »


mardi 15 novembre 2005

WikiQuote et plagiat

Vraiment décourageant de voir que certains copient-collent des extraits entiers de mon site pour enrichir WikiQuote.fr Pour un exemple parmi bien d'autres, voyez les citations de Bernhard. Et comparez avec mes trouvailles. Ce sont exactement les mêmes... Pas difficile de faire un site à partir du travail d'un autre.

vendredi 11 novembre 2005

École idéale

Légèrement modifiée, mon intervention suite à une question lancée sur le forum du PEI-ESHG par un enseignant de ce groupe :
L'école secondaire idéale?
D'abord, il faudrait supprimer tous les programmes obligatoires. Fini le français, les maths, et le reste... Pour moi, l'important n'est pas ce qu'on apprend. Il s'agirait plutôt d'être constamment en état d'apprentissage. D'ou je crois que l'école idéale serait celle où les élèves apprenent ce qu'ils ont le goût d'apprendre. Le reste est sans importance.
Puis, en cinquième secondaire, on « drillerait » les élèves qui désirent aller au Cegep dans des programmes ayant des exigences particulières de manière à ne pas empêcher lesdits élèves d'y accéder. Évidemment, on ne «drill» que ceux qui en font la demande et qui sont prêts à entrer dans le « système scolaire ».
Autrement dit, mon école secondaire idéale est celle qui est totalement centrée sur les élèves, et non sur les besoins de la société.
Bon, on ne peut pas réaliser cela immédiatement. On pourrait peut-être commencer par supprimer les mathématiques? J'ai déjà écrit un billet là-dessus...
J'avoue que mon idée de driller les élèves en cinquième secondaire est peut-être un peu excessive. Mais il me semble que si, pendant quatre ans, nos chers enfants en ont profité pour apprendre ce qu'ils avaient le goût d'apprendre, alors ils auront certainement développé ce qui m'apparaît extrêmement rare dans notre société : le plaisir d'apprendre. Et alors, s'ils désirent vraiment poursuivre à un niveau dit supérieur, c'est qu'ils auront choisi d'apprendre par plaisir ce qu'on y enseigne.

Question à régler : un enfant de 11-12 ans sait-il ce qu'il veut apprendre ? Ne serait-il pas essentiel que la première année du secondaire soit consacrée à l'apprentissage du « vouloir apprendre » ?

mardi 8 novembre 2005

Efficacité

« Ceux-là seuls qui se prosternent comme des esclaves devant le réussite peuvent trouver que l'efficacité est admirable indépendamment de l'accomplissement auquel elle tend. »
Bertrand Russell, Pourquoi je ne suis pas chrétien, Paris, 1964.


vendredi 4 novembre 2005

4 ans

Il ne parlait pas beaucoup.
Je sens terriblement son absence.

Il ne donnait pas de leçons.
Je sens terriblement son absence.

Je le vois encore, parfois, sur sa bicyclette.
Illusionné, pendant un instant, j'ai cru qu'il s'arrêterait
Juste pour me voir.
Mais non, ce n'est pas lui.
C'est un autre qui lui ressemble.
Un autre qui aime se balader sur deux roues.
Il passe son chemin.
Je sens terriblement son absence.

Papa s'est arrêté.
Je pleure toujours.
Je continue.
Je sens terriblement son absence.

mardi 25 octobre 2005

Ministre insultant

« Ce n'est pas la formule gagnante de boycotter le rêve des enfants. »
Jean-Marc Fournier, ministre de l'Éducation, Matinternet : manchette du 25 octobre.

Dire que ce sont mes taxes qui payent le salaire de ce ministre. Son mépris pour le personnel enseignant me donne mal au coeur car ce que je vois chaque jour, ce sont des enseignants et des enseignantes qui travaillent pour que les rêves des enfants, justement, se réalisent.

mercredi 12 octobre 2005

Blog-Rey

Dans cette vidéo, Alain Rey nous dévoile l'origine du mot «blog». Vous n'y apprendrez pas grand-chose, mais comme M. Rey mentionne une fois les Québécois....

Obtenu via affordance.info

mardi 11 octobre 2005

Ignoratio elenchi

Il existe une quantité incroyable d'espace vide dans l'univers. La distance du soleil à l'étoile la plus rapprochée est d'environ 4,2 années-lumière, ou 25 suivi de 12 zéros (milles) ... De même pour la masse: le soleil pèse environ 2 suivi de 27 zéros (tonnes) ... La Voie Lactée pèse 160000 fois autant que le soleil; elle est une galaxie parmi une collection d'autres dont environ 30 millions sont connues. Ce n'est pas très facile de retenir une croyance à sa propre importance en regard de statistiques aussi accablantes.
Bertrand Russell
Ce texte est en épigraphe au chapitre intitulé Le sophisme, dans le livre de Vincent Edward Smith, Éléments de logique, Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1966. J'ai trouvé ce livre (7$) chez un bouquiniste de Gatineau. Comme vous le savez sans doute, Russell était un éminent logicien, co-auteur, avec Whitehead, du célèbre Principia Mathematica. Voici le commentaire du professeur Smith au regard de l'extrait ci-haut mentionné : « Dans le texte [...], Russell commet le sophisme de l'ignorance du sujet. Ce sophisme consiste à prouver autre chose que la question à prouver et à user de faux-fuyants. Les figures de Russell montrent que le cosmos est immense. Mais elles n'ajoutent ni n'enlèvent rien à la dignité humaine. » p. 282.

Il est très difficile de ne pas tomber dans le piège du paralogisme. Mais en voyant même les plus grands chuter, on se console...

On flanche.
On se relève.
Et on espère gagner un peu plus en sagesse.

lundi 10 octobre 2005

Poli-TIC

La politique est un chapitre de la météorologie.
La météorologie est la science des courants d'air.

Édouard Herriot (Notes et Maximes, p.25, Hachette, 1961)


J'ai récemment retiré un billet que j'avais publié sur Recit.org. Dans ce billet, j'émettais l'opinion que le discours prononcé à l'ouverture de notre session de travail par le sous-ministre adjoint à l'éducation était «très ordinaire». Suite à sa parution, quelques personnes m'ont signalé leurs malaises par rapport à mon propos. En effet, des commentaires du genre «on ne mord pas la main qui nous nourrit» ou «puisque c'est publié sur le blogue DU Récit, cela donne une mauvaise image du Récit» m'ont été gentiment mentionnés.

Si j'avais laissé le billet sur le blogue, la polémique qu'il aurait pu susciter aurait été sans doute vaine, stérile et inutile. Je fais partie de ceux qui croient que les politiciens sont d'abord à notre service, et non au service de leur Power trip. En ce sens, dire à un politicien que son discours est plutôt plate, c'est lui dire qu'il devrait se forcer pour nous donner un peu plus de viande. Je suis tanné des lieux communs qu'on nous dessert à tour de bras.

Mais de toute évidence, ma vision de l'homme politique n'est pas partagée par une partie de mes confrères et consoeurs du Récit. Et je considère que l'harmonie du groupe est beaucoup plus importante que mon simple point de vue, surtout si ce point de vue est vaguement périphérique à mon travail. Pour bien des gens, il faut user de stratégies avec les politiciens si on veut obtenir quoi que ce soit d'important pour nous. Mais comme je suis allergique à la manipulation, j'ai tendance à me tenir loin des personnes qui en vivent et je me colle plutôt aux gens qui semblent valoriser une certaine profondeur et une certaine rigueur de la pensée. Je ne dis pas que tous les hommes politiques sont vides, je dis seulement qu'ils montrent très peu souvent leur potentiel intellectuel hors les normes établies. J'aimerais du leadership, de l'originalité, du risque, de la transparence. En général, nous n'avons que de l'image, des idées creuses et ramanchées et du conservatisme.

Conclusion : je dois me tenir loin de la politique.

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