Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 4 juillet 2012

Chemin faisant, page 194

Dieu a commandé à l'âme d'être altière dans le corps.

Dieu ne nous dépouille pas sans nous couvrir ; quand II nous enlève le bonheur, Il met un lé de plus au manteau de notre foi.

Que d'hommes seraient enchantés de ne pas avoir une aventure, si avoir une aventure n'était bien porté.

L'applaudissement ne paie pas une âme fière quand elle ne peut pas s'applaudir elle-même.

Il ne faut pas flairer la liqueur amère qu'il nous faut avaler.

Triste passe-temps que de vouloir convaincre un entêté.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

mardi 22 mai 2012

Miette 39 : Charbonnier est maître chez soi

La propriété

Charbonnier est maître chez soi.

Sommaire. - « La propriété, c'est le vol. » - Personne n'est convaincu. - Je garde mon bien, gardez le vôtre. - Les animaux chez eux. - À la chasse. - François Ier et le charbonnier.

Proudhon a bien essayé de convertir en vérité son fameux paradoxe : « La propriété, c'est le vol ». Malgré tout son talent et la force de sa dialectique, il n'y a que médiocrement réussi. Quiconque possède quelque chose considère qu'il l'a bel et bien gagné et n'a aucun goût pour en opérer la restitution.

Jaloux de son bien, on défend d'y toucher, on entend en user et en abuser à sa fantaisie, sans que personne se permette d'y trouver à redire. On se déclare libre d'agir chez soi et d'y commander à sa guise; tout être vivant, homme ou animal, a la même et identique conception. Il ferait beau voir d'aller déranger un chien dans sa niche, troubler un sanglier dans sa bauge, relancer un aigle dans son aire, rendre visite à un lion dans son repaire ; on serait reçu de la jolie façon.

Chacun se regarde comme le maître en sa demeure ; le charbonnier n'est donc pas seul de son espèce. S'il a personnifié l'apanage de la toute puissance à domicile, cela tient à une aventure dont nous sommes redevables au roi François Ier.

Celui-ci s'était égaré dans une forêt, en chassant (à cette époque les rois s'égaraient beaucoup à la chasse);

Mais pour être un grand roi, l'on n'en est pas moins homme,

l'exercice lui avait donné de l'appétit : il entra dans la première maison venue, habitée par un charbonnier. Ce brave homme, très hospitalier, n'avait jamais mis les pieds à la cour de France et n'en connaissait pas le souverain. Il lui fit bon accueil, le réconforta de son mieux, mais se réserva la première place à table disant que « charbonnier doit rester maître chez lui ».

François Ier, aussi spirituel qu'il était brave, s'amusa beaucoup de la prétention et se garda bien de se faire connaître en réclamant ses prérogatives. Ce n'eût pas été un charbonnier, qu'il n'aurait certes pas agi différemment, devant estimer que

Par droit et par raison
Chacun est maître en sa maison.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

lundi 21 mai 2012

Lettre ouverte au quotidien Le Droit

Monsieur, Madame,

Je désire, par la présente, manifester mon désaccord profond envers votre choix à la UNE de votre édition du samedi 19 mai.

En effet :

1 - Ce sondage n’est pas probabiliste et, donc, non scientifique ;
2 - Les répondants l’ont fait AVANT de connaître le contenu de la loi 78. C’est donc un bel exemple de désinformation, laissant entendre que près de 66% des répondants sont d’accord avec ladite loi ;
3 - L’image qui associe les 34% à un personnage masqué portant un pack-sack est carrément insultante pour ceux qui croient que cette loi est une erreur. Vous associez les gens ayant une opinion contraire au gouvernement à une image souvent reliée aux personnes aux intentions douteuses.

Pour toutes ces raisons, je considère que cette UNE désinforme et insulte l’intelligence de vos lecteurs. Cela se rapproche fortement du journalisme-poubelle. Je ne m’attendais certainement pas à ce que le quotidien francophone le plus lu en Outaouais pût devenir aussi démagogue.

Je vous demande de vous excuser - à la UNE - auprès de vos lecteurs.

Gilles G. Jobin
Gatineau.

Mise à jour du 23 mai 2012 : Ce matin, en page 2, Le Droit a publié ses excuses.

mercredi 16 mai 2012

Ah, miss Fru...

Sur l'heure du midi, j'écoute parfois le Club des Ex à Radio-Canada.

Hier, Liza Frulla a lancé un commentaire du genre :

« J'aimerais bien savoir ce que les gens (je ne parle pas de ceux qui sont sur Twitter et autres réseaux du genre) pense de ... » suivi de son bla-bla sur le vaste appui de la population au gouvernement Charest dans sa persistance à vouloir maintenir la hausse des frais de scolarité.

Mais que voulait-elle dire exactement ? Car, évidemment, je me suis senti un peu piqué par un tel propos. Comme si, parce ce que parfois je donne mon opinion sur Twitter, j'étais moins «crédible» que la majorité silencieuse. Comme si les participants aux réseaux sociaux étaient tous des grandes gueules et des chialeux sans aucune profondeur.

Puis, j'ai pensé qu'elle voulait peut-être dire le... contraire ! Serait-ce en effet, que les gens qui suivent les débats sur les réseaux sociaux sont plus critiques face au gouvernement, alors que la majorité silencieuse et non «Internet-active», se fiant à TVA, Radio-Canada et les quotidiens traditionnels serait plus «compréhensive» à l'égard de la position gouvernementale ?

Une chose est certaine, le non-verbal (et le verbal !) de madame Frulla laissait plutôt voir un mépris envers les «Internet-actifs» et une grande sagesse envers tous ces gens qui répètent ce qu'on nous martèle sans cesse dans nos médias traditionnels : « la juste part », « les étudiants inflexibles » , « les leaders (sic et resic) étudiants», « les gauchistes étudiants », « les policiers qui font respecter efficacement l'ordre », etc.

jeudi 10 mai 2012

La musique, la vie

vendredi 20 avril 2012

Une autre question ?

Si j'étais journaliste, je poserais des questions du genre :

- Madame Beauchamp, condamnez-vous la violence de certains policiers lorqu'ils sont intervenus à l'UQO cette semaine ?
- Nunc suscipit lorem condimentum justo tincidunt congue. Maecenas non orci lectus. (Réponse incompréhensible.)
- Donc, si je comprends bien, vous ne condamnez pas ces gestes-là.
- Je le répète : Nunc suscipit lorem condimentum justo tincidunt congue. Maecenas non orci lectus.
- Madame la ministre, vos critères pour condamner la violence sont-ils des absolus ?
(Intervention de l'attaché de presse.)
- Autre question s'il-vous-plaît !

dimanche 15 avril 2012

Chemin faisant, page 110

Les années s'habillent et se déshabillent chez le grand costumier le Temps.

La tâche est comme la belle-mère, déjà dure à accepter de nom.

C'est si juteux, une bonne réplique! Jamais pêche de Montreuil n'a été si savoureuse.

On aime quelquefois plus à être calomnié que plaint : affaire de goût.

La reconnaissance et la générosité ont besoin de promptitude pour garder tout leur parfum.

Tous ceux qui sortent d'un nid devraient savoir aimer et plaindre ceux qui n'ont pas connu la douceur de ses plumes.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.

samedi 7 avril 2012

Le pourcentage

Dans Le Soleil de ce matin :

Il serait intéressant de connaître comment la journaliste est arrivée à ce 5 % !

dimanche 1 avril 2012

Pourrir ou mûrir ?

Depuis quelques semaines, un gros buzz sur le web consiste en cette expérience de «pourriture» du web mise en place par un enseignant Francais. J’ai lu plusieurs réactions et commentaires. Certains sont d’accord avec cet enseignant alors que d’autres sont tout simplement indignés par son comportement.

Je crois qu’il y a deux éléments à considérer ici.

1- L’expérience «Internet»
2 - L’expérience «pédagogique»

L’expérience Internet

Une conclusion semble être qu’Internet n’est pas une source fiable, qu’on y trouve n’importe quoi écrit par n’importe qui, et, donc, doit être regardé avec suspicion. Aussi, Internet empêcherait les élèves de penser par eux-mêmes.

Mais qu’est-ce qu’une source fiable ?

Prenons l’exemple du cas Laporte tel que je l’ai rapporté ici. Monsieur Laporte, dans La Presse nous dit que le mot orthographe peut maintenant s’écrire ortograffe. Et il prend bien la peine de nous dire que «je vous assure que l'on peut écrire ça comme ça maintenant.»

Pourtant, c’est tout faux. Nulle part, dans aucun document officiel traitant de la nouvelle orthographe, on trouve mention de ce fait. Je suis pourtant bien certain que plusieurs lecteurs du journaliste l’ont cru «sur parole». «Si c’est dans l’journal, ça doit êtr’vrai.» Et remarquez que le quotidien, d’après mes recherches, n’a jamais fait le correctif.

Curieusement, M. Laporte n’a pas donné sa référence qui aurait permis à ses lecteurs de se faire leur propre idée de la chose. Il s’est contenté de demander de lui faire confiance. Après tout, pourquoi ne devrait-on pas lui accorder cette confiance ?

Le cas Laporte est intéressant selon deux aspects. D’abord, a-t-il pollué le web en y laissant une fausse information ? Puis, est-on en droit que conclure que M. Laporte «écrit n’importe quoi ? » D’après moi, Stéphane Laporte n’a pas intentionnellement induit ses lecteurs en erreur. Il a sans doute répété une information qu’un ami, ami dans lequel il a certainement confiance, lui a transmise. C’est donc un cas classique où on croit «naïvement» une autre personne. En tant que journaliste, cependant, il aurait sans doute dû vérifier son information.

Sa crédibilité est-elle en doute ? C’est à vous de répondre. Pour moi, une opinion maquillée en fait demeure une opinion, qu’elle provienne d’un livre, d’un quotidien ou du web. Autrement dit, c’est au lecteur de vérifier les dires de l’auteur. Faire aveuglément confiance apporte son lot de risques. Parlez-en aux investisseurs floués par plusieurs bandits en cravate!

Prenons un autre cas. On se trouve en 1995 ou 1996, aux balbutiements du web. Tôt le matin, pendant quelques heures, je prenais la peine de visiter Yahoo.com. À cette époque, Yahoo tenait un catalogue de sites. De ce catalogue, il était possible de parcourir les sites ajoutés pendant la semaine dans les différentes catégories. Rappelez-vous qu’une vérification humaine s’effectuait sur toutes les demandes d’inscription au catalogue. Un message était envoyé à l’auteur du site lorsque celui-ci était «accepté». Les sites en français côtoyaient les sites en anglais.

Toujours est-il que dans la sous-catégorie citations de la catégorie littérature, je tombe sur un excellent site qui répertoriait plusieurs citations d’un auteur dont, aujourd’hui, j’ai oublié le nom. Les citations étaient clairement identifiées. Je me suis donc mis en quête de trouver les livres de l’auteur. À l’époque, les librairies et bibliothèques n’étaient pas encore sur le web. Et Abebooks n’existait pas encore. J’ai donc fait mes recherches dans les librairies de la province. Mais peine perdue, impossible de trouver les bouquins écrits par cet auteur. Après quelques semaines, j’ai envoyé un courriel au responsable du site en question pour obtenir plus d’informations. La réponse est venue rapidement. En effet, le responsable du site m’a immédiatement indiqué que tout le contenu était pure invention ; l’auteur des citations en question n’existait pas et ses livres non plus.

Déjà à l’époque, j’avais été témoin de quelques canulars sur Internet. Est-ce bien le cas ici ? Le responsable du site m’a bien laissé entendre que c’était, pour lui, une manière d’écrire, une espèce de jeu littéraire. Je m’y étais laissé prendre. Notez aussi que, sans hésiter, il a honnêtement répondu à mon courriel.

On le sait, la confiance est chose complexe.

Prenons au autre cas. Voyez par exemple mon site Au fil de mes lectures qui répertorie plusieurs milliers de phrases. Même si les références sont toujours données, ce site est-il fiable ? Ici, les mathématiques peuvent nous aider à répondre. En effet, on peut prendre un échantillon du site pour éprouver l’exactitude de ses dires. Comme, par exemple, on prend un échantillon de fraises qu’on goûte avant d’envoyer le lot complet dans les épiceries. Pour mon site, en vérifiant environ 2% à 3% des citations répertoriées, je suis convaincu que vous pourrez dégager votre propre niveau de fiabilité. Notez que c’est ainsi que je procède pour vérifier plusieurs collections papier. Et, des erreurs, j’en trouve régulièrement ! Parfois, je rejette la collection au complet. Parfois, j’arrive à «comprendre» les erreurs.

Le site Wikipédia est-il fiable ? Plusieurs études semblent le démontrer. Pour vous en convaincre vous-même, choisissez une dizaine de sujets que vous connaissez bien, et lisez les articles (et leurs différentes versions!) qui leur sont consacrés. Vous serez à même de développer votre propre «sentiment de confiance» face à cette encyclopédie en ligne. Cela veut-il dire que Wikipédia est «parfait ? Bien sûr que non. M. Laporte n’est pas parfait non plus. Et Au fil de mes lectures comportent probablement quelques erreurs aussi !

L’auteur qui a pourri le web laisse entendre que les élèves croient à peu près n’importe quoi sans trop «réfléchir». Cela est sans doute vrai. En fait, les êtres humains croient à peu près n’importe quoi et, surtout, n’importe qui. Combien de femmes ont cru ces prêtres qui, le dimanche, du haut de leur chaire, leur disaient qu’empêcher la famille était un sacrilège ? Ces femmes étaient-elles naïves ? Certainement. Mais elles avaient confiance «dans la religion» et ceux qui la représentaient. Ces prêtres pourrissaient l’esprit. Même aujourd’hui, plusieurs personnes croient dur comme fer dans les propos d’un livre qu’on appelle la Bible. Ont-ils pris la peine de vérifier ce qu’il s’y dit ? Que veut dire «réfléchir par soi-même» lorsque le fruit de cette réflexion est évalué, jugé, noté par une tierce personne ? Que cette personne soit un enseignant, un prêtre, un patron, quelle différence cela fait-il ? Je me rappelle plusieurs situations dans lesquelles moi-même, j’ai suggéré des pistes de réflexions à mes enseignants. Chaque fois, oui oui, chaque fois, je me suis fait «rentrer dedans.» J’ai rapidement compris qu’à l’école, il faut dire comme le prof, même quand ce dernier nous demande de dire ce qu’on pense.

Quelle distinction doit-on apporter entre croyance et confiance ? Pour garder confiance, ne faut-il pas avoir un peu de croyance ? Doit-on avoir confiance aux auteurs qui écrivent sur Internet ? aux auteurs de manuels scolaires ? aux auteurs de la Bible ? Doit-on avoir confiance dans ce que nous raconte un patron ? un homme politique ? un enseignant ? Si cette confiance est établi, ne sont-ce pas leurs propos, leurs écrits, leurs paroles qu’il faut répéter pour s’assurer d’avoir la bonne note tant convoitée pour réussir à l’école, au travail et dans la vie ?

Dans ce contexte compliqué, comment développer et, surtout, valoriser, chez soi et chez nos élèves le « doute raisonnable ? »

La pédagogie

D’abord, je vais porter un jugement sans doute un peu dur : piéger ses élèves, pour ensuite dévoiler le tout sur Internet m’indique que cet enseignant ne croit pas du tout que la relation de confiance prof-élève est importante. Si j’étais parent d’un de ses élèves, j’exigerais que mon enfant sorte immédiatement de sa classe. Rendre publique la naïveté d’un élève, alors qu’il est en apprentissage, en le piégeant, m’apparaît hautement antiprofessionnel. Diminuer des élèves en les traitant publiquement de plagieurs me laisse un arrière-goût amer.

Ceci dit, passons à l’approche.

L’enseignant a donné un cours sur l’époque baroque en littérature. Puis, il a demandé à ses élèves de commenter un obscur poème écrit à cette époque. Deux semaines pour remettre le tout. C’est bien, non ?

Clairement, nous sommes ici devant l’approche traditionnelle de l’enseignement. On donne un cours. On explique les choses. Puis on met les élèves en travail. On évalue ensuite ce travail pour voir si l’élève a compris quelque chose. Et on recommence ainsi, le temps d’une carrière de 35 ans...

Les tenants de cette approche ont la vie belle. En effet, si l’élève ne comprend pas, c’est évidemment «de sa faute». Soit qu’il ait été trop distrait pour suivre le cours, soit qu’il ne veut pas travailler, soit qu’il ne veut pas réfléchir, soit qu’il ne veut pas faire d’efforts, etc. Toutes les raisons sont bonnes, et aucune ne touche vraiment l’enseignant qui, lui, a fait son boulot.

Vous, qui lisez ce billet, avez sans doute étudié avec une majorité d’enseignants qui privilégiaient cette approche. D’ailleurs, dans la plupart de nos écoles secondaires, c’est encore comme ça que ça se passe : «Écoute ce que je te dis, exerce-toi dans des exercices et fais des examens.» On dirait bien que pour certains, leur demander d’écouter un cours et de faire les travaux est suffisant pour assurer un apprentissage. Même que pour eux, ridiculiser des élèves semble justifier puisque cela peut les amener à les faire réfléchir sur leurs comportements de «paresseux» et d’«incapables», .

De plus, demander aux élèves, comme ça, à brûle-pourpoint, de «penser par eux-mêmes» est quasi indécent et relève de la supercherie. En effet, dans tout leur parcours scolaire, à peu près jamais on ne demande aux élèves le moindre effort de création. Et lorsqu’on le fait, l’enseignant se plaît à «corriger» cette création. Nos élèves, qu’on le veuille ou non, sont conditionnés à répondre aux exigences de l’enseignant et non aux exigences de l’esprit créatif (tâtonnements, essais-erreurs, remise en question, remixage des idées, etc.) L'enseignant a-t-il donné à ses élèves les critères d'évaluation à partir desquels ils seraient notés ? En tout cas, il n'en fait pas mention dans son billet.

Évidemment, le problème, c’est que peu de gens voient comment on peut enseigner autrement.

J’y vais donc de ma suggestion.

Intention pédagogique : Amener des élèves de 16 ans à apprécier une oeuvre littéraire de l’époque baroque.

Voici comment je résume une situation d’apprentissage et d’évaluation répondant, d’après moi, à cette intention.

1- Discussion sur l’amour, ses douleurs, ses peines.
2- Je demanderais aux élèves de trouver un texte moderne (par exemple une chanson populaire) qui décrit le mieux leur propre sentiment par rapport aux peines générées par l’amour.
3- Je leur demande d’expliquer pourquoi ce texte vient les chercher.
4- Je leur demande de trouver un texte de l’époque romantique qui décrirait bien les sentiments qu’eux-mêmes éprouvent.
5- Idem au point 4, mais pour l’époque baroque.
6- Je demanderais aux élèves de trouver un moyen de me communiquer le résultat de leur recherche (site web, blogue, twitter, chanson, interview, portfolio, programmation Scratch, PowerPoint...)
Etc.


L’idée est que chaque élève puisse trouver, dans l’histoire littéraire, une sensibilité auprès de certains auteurs. Ce faisant, nécessairement les élèves doivent lire plusieurs textes (lectures variées) et exercer leur esprit critique, car ils doivent confronter la pensée de ces auteurs à la leur (et non pas à celle de leur professeur.) Ils découvriraient aussi les styles des époques sans, pour cela, avoir eu besoin, au préalable, de longs discours magistraux de l’enseignant. Le principe est simple : il faut rendre les élèves actifs dans leurs apprentissages.

Il s’agit donc ici de remettre l’apprentissage entre les mains des élèves, en les plongeant dans une situation assez complexe pour que chacun (j’inclus l’enseignant) y trouve son compte.

Pour ma part, je pense profondément que, de tout temps, apprendre, c’est d’abord prendre la décision d’apprendre. Et pour amener un élève à prendre cette décision, plutôt que de le piéger, il faut le mettre dans un environnement riche, stimulant et significatif.

vendredi 30 mars 2012

Un principe est plus fort qu'une passion

« On doit pouvoir essayer des idées pendant qu'on les pense. »

Voyez cette extraodinaire conférence donnée par Bret Victor.

Bret Victor - Inventing on Principle from CUSEC on Vimeo.

Un grand merci à Olivier Lafleur qui m'a gentiment suggéré son visionnement. Je n'ai rien vu d'aussi fort depuis bien longtemps !

samedi 24 mars 2012

L'hypocrisie scolaire

« L’école soumet les élèves à des injonctions contradictoires : pensez par vous-même, répétez ce qu’on dit. Prenez des risques, ne vous trompez pas. Apprenez par cœur, ne plagiez jamais. Ces contradictions sont structurelles, inscrites dans les fonctions ambivalentes de l’institution. D’un côté, on impose aux élèves une culture dominante de pure autorité. De l’autre, on leur demande d’entretenir la fiction selon laquelle cette culture est librement choisie, aimée, appréciée comme supérieure par tous. La bonne élève, c’est celle qui a le bon goût de sincèrement aimer Flaubert. »
C'est tiré de l'excellent billet La pourriture pédagogique de Damien Babet.

vendredi 16 mars 2012

Grève et TIC

Il semble que plusieurs enseignants et syndicats d'enseignants appuient le mouvement de grève des étudiants.

C'est bien.

Pour rendre cet appui concret, puis-je leur suggérer de rendre leurs cours disponibles aux étudiants via le web ? Ainsi, ces derniers ne risqueraient pas de « perdre » la session en cours, car, évidemment, cette « menace » arrivera bientôt.

Est-il vraiment nécessaire de se rendre dans les locaux de l'université pour apprendre ? Bien sûr que non ! et cette grève pourrait le démontrer.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 >