Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

dimanche 4 octobre 2015

Pensée

Pensée

L'oeil de l'homme est une fenêtre par laquelle on voit les pensées qui vont et viennent dans sa tête.
Victor Hugo

Note du transcripteur.
Claude Gueux.
Les pensées sont les images des choses, comme les paroles sont les images des pensées.
Rollin

Note du transcripteur.
Discours (De la rhétorique).
On dirait qu'il en est de nos pensées comme de nos fleurs. Celles qui sont simples par l'expression portent leur semence avec elles; celles qui sont doubles par la richesse et la pompe charment l'esprit, mais ne produisent rien.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.
Il y a des gens qui parlent un moment avant que d'avoir pensé.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Les Caractères.
L'homme est visiblement fait pour penser; c'est toute sa dignité et tout son mérite; et tout son devoir est de penser comme il faut.
Pascal

Note du transcripteur.
Pensées.
Penser, c'est se mouvoir dans l'infini.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférence (De la vie en général.)
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

samedi 3 octobre 2015

Peine

Peine

Le chagrin monte en croupe et galope avec lui.
Boileau

Note du transcripteur.
Épitre V.
Les noix ont fort bon goût; mais il faut les ouvrir.
Florian La Guenon, le Singe et la Noix.

Note du transcripteur.
Fables.
Il est plus héroïque de vivre de son chagrin que d'en mourir.
Arsène Houssaye

Note du transcripteur.
Le Roman de la Duchesse.
Souvent des peines trop longtemps retenues grossissent jusqu'à crever le coeur. Si elles pouvaient s'exhaler, on verrait qu'elles ne méritent point toute l'amertume qu'elles ont causée.
Fénelon

Note du transcripteur.
Sur la dissipation de la tristesse.
Pour la bien pleurer c'est trop peu de deux yeux.
Desportes

Note du transcripteur.
Les amours d'Hippolyte, Stances.
Tout homme doit pleurer, tel est l'arrêt suprême,
L'homme bon sur autrui, l'homme dur sur lui-même.
Abbé Delille

Note du transcripteur.
L'Imagination.
La plupart des peines n'arrivent si vite que parce que nous faisons la moitié du chemin.
Comtesse Dash

Note du transcripteur.
Non pas la comtesse Dash, mais Gaston de Lévis dans «Maximes et Préceptes.»
Citation retirée des éditions subséquentes.
Ce qui nous charme passe; ce qui peine reste. La rose vit une heure, le cyprès cent ans.


Note du transcripteur.
La citation correcte de Thophile Gautier (Élégies) est : «Ce qui charme s'en va, ce qui fait peine reste :
La rose vit une heure, et le cyprès cent ans.»
La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau.
Corneille Le Cid

Note du transcripteur.
Acte 3, sc. 3 (Chimène).
L'homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert.
De Musset

Note du transcripteur.
La nuit d'octobre.
La douleur qui se tait n'en est que plus funeste.
Racine Andromaque

Note du transcripteur.
Acte 3, sc. 3 (Cléone).
Mais lorsque nous avons quelque ennui dans le coeur,
Nous nous imaginons, pauvres fous que nous sommes,
Que personne avant nous n'a senti la douleur.
De Musset

Note du transcripteur.
La nuit d'octobre.
Citation retirée des éditions subséquentes.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

jeudi 24 septembre 2015

Pédantisme

Pédantisme

Le feu de la prose et des vers
Ne fait plus bouillir la marmite.
François de Maynard

Note du transcripteur.
Épigramme dans un recueil 1639.

Le savoir dans un fat devient impertinent.
Molière Les Femmes savantes

Note du transcripteur.
Acte 4, sc.3 (Clitandre.)
Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Maximes ou Réflexions et sentences morales.
Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé sur son ouvrage est un pédantisme.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Les Caractères.
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
La science nous déshonore quand elle nous enfle et qu'elle dégénère en pédanterie.
S. F. de Sales

Note du transcripteur.
Introduction à la vie dévote, Paris, 1847.
Le défaut des auteurs, dans leurs productions,
C'est d'en tyranniser les conversations,
D'être au Palais, aux Cours, aux ruelles, aux tables,
De leurs vers fatigants lecteurs infatigables.
Molière Les Femmes savantes

Note du transcripteur.
Acte 3, sc. 5 (Vadius).
C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Les Caractères.
Mais j'aimerais mieux être aux rangs des ignorants,
Que de me voir savant comme certaines gens.
Molière

Note du transcripteur.
Les Femmes savantes, acte 4, sc. 3 (Clitandre).
Écrive qui voudra : chacun à ce métier
Peut perdre impunément de l'encre et du papier.
Boileau

Note du transcripteur.
Satires (IX).
Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume.
Boileau

Note du transcripteur.
Satires (II).
C'est peu d'être agréable et charmant dans un livre;
Il faut savoir encore et converser et vivre.
Boileau

Note du transcripteur.
Art poétique.
Il entassait adage sur adage;
Il compilait, compilait, compilait;
On le voyait sans cesse écrire, écrire
Ce qu'il avait jadis entendu dire.
Voltaire

Note du transcripteur.
Satires.
Ne soyez pas inexorable à ce fauteuil qui vous tend les bras il y un quart d'heure.
Molière Les Précieuses Ridicules

Note du transcripteur.
Sc. X (Cathos).
Là où le vulgaire rit, le philosophe admire; et il rit où le vulgaire ouvre de grands yeux stupides d'étonnement.
Voltaire

Note du transcripteur.
Dictionnaire philosophique.
Citation retirée des éditions subséquentes.
Je te défie en vers, en Grec et Latin.
Molière Les Femmes savantes

Note du transcripteur.
Acte 3, sc. 5 (Vadius).
Un sot, en écrivant, fait tout avec plaisir;
Il n'a point en ses vers l'embarras de choisir.
Boiieau

Note du transcripteur.
Satires (II).
.Un sot, en écrivant, fait tout avec plaisir;
Il n'a point en ses vers l'embarras de choisir.
Et toujours amoureux de ce qu'il vient d'écrire,
Ravi d'étonnement en soi-même il s'admire.

Citation retirée des éditions subséquentes.
Il faut être ignorant comme un maître d'école
Pour se flatter de dire une seule parole
Que personne ici-bas n'ait pu dire avant nous.
C'est imiter quelqu'un que de planter des choux.
De Musset

Note du transcripteur.
Namouna.
On peut être plus fin qu'un autre, mais pas plus fin que tous les autres.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
Son chef-d'oeuvre est toujours l'écrit qui doit éclore;
On récite déjà les vers qu'il fait encore.
Gilbert

Note du transcripteur.
Satire.
Gilbert vécu de 1751 à 1780.
On peut être honnête homme et faire mal des vers.
Molière Le Misanthrope

Note du transcripteur.
Acte 4, sc. 1 (Philinte).
Un homme à théories, une femme à prétentions, je n'aime pas céans tous vos gens à latin.
Molière Les Femmes savantes

Note du transcripteur.
À l'acte 2, sc. 7, Chrysale lance «Je n'aime pas céans tous vos gens à latin.»
Mais «un homme à théories, une femme à prétentions» n'existe pas dans cette pièce.
Il sait Pindare, il sait Homère,
Il sait Aristote et Platon,
Moïse et Sanchoniaton;
Il sait même encore, dit-on,
Parler grec, chinois, bas-breton;
Que ne sait-il plutôt... se taire.
Lebrun

Note du transcripteur.
Épigrammes (XXV).
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mercredi 23 septembre 2015

Pédagogie

Pédagogie

On peut, si je ne me trompe, poser en prin­cipe qu'on ne doit jamais louer les enfants de ce qui n'a pas dépendu de leur volonté, de ce qui ne leur a pas coûté un effort ou un sacrifice.
François Guizot

Note du transcripteur.
Instruction publique - Éducation, Paris, 1889
«Au lieu donc de chercher à diminuer en eux ce besoin d'éloges, cette dépendance de notre opinion, si bien d'accord avec leur situation et leur ignorance, profitons-en pour les animer à tout ce qui est bien et leur en inspirer l'amour : si nous nous en servons dans un autre but, il pourra s'ensuivre des conséquences fâcheuses, mais ce sera notre faute; l'amour-propre, tant qu'il se borne au désir d'être loué en général et sans se comparer avec personne, ne serait jamais qu'utile si l'on savait bien de quoi il faut et de quoi il ne faut pas louer les enfants. On peut, si je ne me trompe, poser en principe qu'on ne doit jamais les louer de ce qui n'a pas dépendu de leur volonté, de ce qui ne leur a pas coûté un effort ou un sacrifice. Si vous les louez de quelques dons naturels, comme de leur intelligence ou de leur figure, vous les accoutumerez à mettre un grand prix à ce qui peut être un bonheur, mais non un mérite, et dès lors leur amourpropre prend une direction dangereuse; car c'est en se portant sur des avantages purement accidentels qu'il devient plus tard présomption, vanité et sottise. Ne les louez pas non plus de ces bons mouvements spontanés, de ces élans du cœur qui sont aussi des dispositions naturelles, et où la volonté n'a aucune part; ce serait les gâter qu'y associer l'amour-propre; il les dénature toujours en y mêlant un retour sur soi-même, un plaisir sec et personnel, bien différent de celui qu'on éprouve en se laissant aller à de bons sentiments, à des émotions généreuses; après de tels éloges, vous courriez le risque de voir vos enfants recommencer, pour les obtenir de nouveau, ce qu'ils avaient fait la première fois par une bonté ou une générosité simple et non affectée. Or ce n'est pas une bonne action qu'une bonne action faite par amour-propre, et ce qu'on doit le plus craindre dans l'enfance, c'est d'altérer la pureté naturelle du cœur et des motifs qui le déterminent.»
Maîtres et élèves ont un maître commun, l'affection.
Legouvé

Note du transcripteur.
Histoire morale des femmes, Paris, 1882.

S'agit-il de l'intelligence, c'est Socrate lui-même qui nous trace la règle. Ce grand précepteur de l'antiquité rendit un jour un jeune homme à son père qui le lui avait confié pour l'instruire, en lui disant : « Je ne puis rien lui enseigner, il ne m'aime pas. » Dans une autre circonstance, interrogé sur sa profession, il répondit: « Courtier de mariages: je vais par la ville cherchant quels hommes sont propres à lier mutuellement amitié, afin de les réunir, et grâce à leur affection, ils se servent de précepteurs l'un à l'autre.» Ces paroles résumaient toute sa théorie d'éducation. « Pourquoi s'éclaire-t-on? disait-il. Parce qu'on aime. Pourquoi éclaire-t-on? Parce qu'on aime. Maîtres et élèves ont tous un maître commun, l'affection. Celui qui n'aime pas et qui veut instruire ressemble à un homme qui prend une terre à ferme; il ne cherche point à l'améliorer, mais à en tirer le plus grand profit. Celui qui aime, au contraire, ressemble au propriétaire d'un champ ; de toutes parts, il apporte ce qu'il peut pour enrichir l'objet de son affection. »
Il faut qu'un précepteur ait plutôt la tête bien faite que bien pleine.
Montaigne

Note du transcripteur.
Livre 1, chap. XXV.
«Je voudrais aussi qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine. [...] Je ne veux pas qu'il invente et parle seul, je veux qu'il écoute son disciple parler à son tour [...] qu'il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu'il juge du profit qu'il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie.»
L'éducation publique ne peut réussir qu'à la condition que la famille la prépare, la soutienne et la complète.


Note du transcripteur.
O. Gréard, Éducation et instruction, t.2, Hachette, Paris, 1889.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

dimanche 30 août 2015

Pauvreté

Pauvreté

Les régiments sont des couvents d'hommes, mais des couvents nomades. On y remplit bien les voeux de Pauvreté et d'Obéissance.
Alfred de Vigny

Note du transcripteur.
Servitude Militaire, Livre II., Chap. I.
Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours
Qu'il faut chômer: on nous ruine en fêtes.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Le Savetier et le Financier.
La pauvreté engendre la pauvreté, ne fût-ce que par l'im­possibilité où se trouve le pauvre de donner aucune sorte d'éducation ou d'industrie à ses enfants.
Guillaume-Thomas Raynal

Note du transcripteur.
Suppléments à l'histoire philosophique et politique, T.3, 1781.
Un hôpital est une banque où l'on place de l'argent pour le ciel.
Bossuet

Note du transcripteur.
Compassion de la Sainte Vierge (Sur l'aumône).
Citation exacte : «Passez à cet hôpital ; sortez un peu hors de la ville, et voyez cette nouvelle ville qu'on a bâtie pour les pauvres, l'asile de tous les misérables, la banque du ciel, le moyen commun proposé à tous d'assurer ses biens et de les multiplier par une céleste usure.»
Qui ne sait être pauvre est né pour l'esclavage.
André Chénier

Note du transcripteur.
Fragments (Élégies).
Celui qui fait du bien à quelqu'un l'aime mieux qu'il n'en est aimé.
Montaigne

Note du transcripteur.
Essais, Liv. II, chap. 8.
On est pauvre non pour avoir peu, mais pour désirer beaucoup.
Sénèque

Note du transcripteur.
Lettre : Sur les voyages et sur la lecture.
De toutes les souffrances de la pauvreté, la plus rude pour les malheureux est de paraître ridicule.
Juvénal

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Qui borne ses désirs est toujours assez riche.
Voltaire

Note du transcripteur.
Les Scythes, acte IV, sc. 2. (Athamare).
Vers exact : «Qui borne ses désirs est toujours riche assez.»
Citation retirée des éditions subséquentes.
Quand la pauvreté s'empare d'un homme, elle lui enseigne toutes les industries possibles.
Plaute

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
L'ordre social et la paix du monde reposent sur la patience et la résignation des pauvres.
Mme de Staël

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Le pas d'un pauvre, à qui l'on n'a pas donné et qui s'éloi­gne vous laisse un bruit mourant dans le coeur.


Note du transcripteur.
Ed. et J. de Goncourt semblent être les auteurs de cette citation. Mais je n'ai pu vérifier la chose dans leur Journal.
Il y a deux chemins faciles pour aller au ciel et qui rac­courcissent prodigieusement la distance : pour le pauvre, c'est la patience, pour le riche, c'est l'aumône.


Note du transcripteur.
On trouve cette phrase dans «Recueil complet des paillettes d'or», 1880 : «Il y a deux chemins faciles pour aller au ciel et qui rac­courcissent prodigieusement les distances : pour le pauvre, c'est la patience, pour le riche, c'est l'aumône.»
Mourir pauvre est, pour l'homme au pouvoir, la plus im­mortelle des épitaphes.


Note du transcripteur.
Ulysse Pic, Lettres Gauloises (1865).
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

jeudi 13 août 2015

Patrie

Patrie

Nous ne sommes pas nés pour nous; mais pour la Patrie.
Cicéron

Note du transcripteur.
Dans «L'esprit de l'Encyclopédie», t.10, 1799, on trouve le passage suivant sous Sociabilité écrit par M. De Jaucourt: «Il n'y a rien de plus vrai, dit Cicéron, que ce beau mot de Platon, que nous ne sommes pas nés pour nous, mais pour les autres hommes et pour la patrie.»
A tous les coeurs bien nés que la patrie est chère!
Voltaire

Note du transcripteur.
Tancrède, acte 3, sc. 1 (Tancrède.)
Veut-on savoir ce qui fait une nation? C'est le coeur des femmes. C'est le coeur des mères, des soeurs, des fiancées. Donnez à un peuple de fortes et courageuses mères et l'on répond de ce peuple.
Abbé Perreyve

Note du transcripteur.
Aux mères Polonaises dans Revue d'Économie Chrétienne, t. 8. 1865.
Citation exacte : «Veut-on savoir ce qui fait une nation? Je n'hésite pas à dire: c'est le cœur des femmes ; c'est le coeur des mères, des soeurs, des fiancées. Donnez à un peuple de fortes et courageuses mères, et l'on répond de ce peuple.»
C'est la cendre des morts qui créa la patrie.
Lamartine

Note du transcripteur.
La chute d'un ange.
Jésus a eu plus que personne l'amour de sa patrie, et il a pleuré sur elle amèrement.
Abbé Sauvé

Note du transcripteur.
Jésus intime, 1907.
Les hommes sont encore plus sensibles à la réputation de leur pays, hors de leur pays, que sous le toit paternel.
Chateaubriand

Note du transcripteur.
Itinéraire de Paris à Jérusalem.
Il y a sous le ciel qu'ont vu nos yeux en s'ouvrant, dans l'air qu'on a respiré d'une poitrine jeune, libre et joyeuse, dans le pays natal enfin, un charme qu'aucun autre ne peut rendre.
Dumas père

Note du transcripteur.
Teresa, acte 3, sc. 4 (Delaunay.)
Qui maudit son pays renonce à sa famille.
Corneille Horace

Note du transcripteur.
Acte 4, sc. 6 (Horace.)
J'aime ma patrie avec passion, et j'estime que c'est un devoir de travailler à son bonheur.
Garcia Moreno

Note du transcripteur.
Le Chevalier du droit.
Citation retirée des éditions subséquentes.
Plus je vis l'étranger, plus j'aimai ma patrie.
Belloy

Note du transcripteur.
Le Siège de Calais, acte 2 sc. 3 (Harcourt). Le vers exact est : «Plus je vis d'Étrangers, plus j'aimai ma Patrie.»
Citation retirée des éditions subséquentes.
La perte d'une nationalité est un des malheurs de la race humaine qui appelle le plus de sympathie.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Lettre sur le Saint-Siège.
Citation exacte : «La perte d'une nationalité est sans doute un des malheurs de la race humaine qui appelle le plus la sympathie.»
De mon village,
Je vois la plage;
Je vois fumer la cime de nos toits!
Béranger

Note du transcripteur.
Le Retour de la Patrie. (Chanson).
Combien j'ai douce souvenance
Du joli lieu de ma naissance!
Ma soeur, qu'ils étaient beaux, les jours
De France!
Chateaubriand

Note du transcripteur.
Les aventure du dernier Abencerage.
Le crime de l'étranger qui domine un peuple par les armes, c'est de lui ôter sa patrie sans lui en rendre une autre.
Lacordaire

Note du transcripteur.
De la liberté de l'Italie et de l'Église.
Nous ne sommes qu'une poignée, c'est vrai ; mais ce n'est pas à l'école du Christ que j'ai appris ô compter le droit et les forces morales d'après le nombre et par les richesses. Nous ne sommes qu'une poignée, c'est vrai, mais nous comp­tons pour ce que nous sommes et avons le droit de vivre.
Henri Bourassa

Note du transcripteur.
15 septembre 1910 à Notre-Dame.
Mourir pour son pays, c'est payer une dette.
Rotrou

Note du transcripteur.
Iphigénie, acte 5, sc.2 (Iphigénie.)
Ah! qui sert son pays sert souvent un ingrat.
Voltaire

Note du transcripteur.
Rome sauvée, acte 1, sc. 7 (Caton.)
Citation retirée des éditions subséquentes.
Un drapeau, c'est de la toile au bout d'un bâton, mais un bâton qui vit, une toile qui parle, et où l'âme de trente millions d'hommes a passé avec toute son histoire et toute sa vertu.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférence : De l'épreuve.
Une des choses qu'il faut imprimer le plus fortement dans l'esprit des hommes, est l'estime et l'amour de leur patrie.
Bossuet

Note du transcripteur.
Discours sur l'histoire universelle.
La citation exacte est plutôt :
«Une des choses qu'on imprimait le plus fortement dans l'esprit des Égyptiens , était l'estime et l'amour de leur patrie. Elle était, disaient-ils, le séjour des dieux : ils y avaient régné durant des milliers infinis d'années. Elle était la mère des hommes et des animaux, que la terre d'Égypte arrosée du Nil avait enfantés pendant que le reste de la nature était stérile»
Mourir pour son pays n'est pas un triste sort.
C'est s'immortaliser par une belle mort.
Corneille

Note du transcripteur.
Le Cid, acte 4, sc. 5 (Chimène.)
La patrie vit du concours et du travail de tous ses enfants et, dans la mécanique de la société, il n'y a pas de ressort inutile.
Jouffroy

Note du transcripteur.
Discours prononcé à la distribution des prix du Collège Charlemagne, août 1840.
On n'est pas nécessairement une grande nation, parce qu'on est l'effroi du monde.
Jules Claretie

Note du transcripteur.
Discours de réception, 21 fév. 1889.
Celui qui n'aime pas passionnément son pays ne sera jamais que la moitié d'un homme.
Edmond About

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Une nation n'est pas enfermée entre les quatre murailles du Parlement, et qui n'observe point la rue par les fenêtres de la Chambre ne voit rien.
Jules Claretie

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
On trouve toujours tendres ceux qui déversent à pleines colonnes l'injure contre les nôtres ; on accuse de violence ceux qui osent défendre nos plus saintes causes.
Abbé Philippe Perrier

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Nous devons aimer la terre qui nous a vus naître, comme nous devons aimer notre mère.


Note du transcripteur.
Référence inconnue.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

mercredi 12 août 2015

Patois

Patois

L'âne se plaint en son patois...
Le meunier n'en a cure.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Le Meunier, son Fils et l'Âne.

Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense.
Le Meunier à ces mots connaît son ignorance;
Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler.
L'Ane, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,
Se plaint en son patois. Le Meunier n'en a cure.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

Patience

Patience

Toute puissance est faite de patience et de temps.
Balzac

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Rien ne fait tant d'honneur à une femme que sa patience et rien ne lui en fait aussi peu que la patience de son mari.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.
La citation exacte est : «Rien ne fait autant d'honneur à une femme que sa patience et rien ne lui en fait aussi peu que la patience de son mari.»
Le patient est le plus fort.
Hugo

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Art poétique Boileau

Note du transcripteur.
Chant I.
L'impatience est la principale cause de nos dérèglements et de nos extravagances.
Sterne

Note du transcripteur.
Le Koran (Partie II).
Cette citation fut retirée des éditions subséquentes.
Hâtez-vous lentement.
Boileau

Note du transcripteur.
Art Poétique, Chant I.
Cette citation fait partie d'un passage fort célèbre :


Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse:
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé, qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage;
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
La Fontaine

Note du transcripteur.
Le Lion et le Rat.
Lasse l'insolence par la patience.
Tertullien

Note du transcripteur.
De la patience.
L'impatience aigrit et aliène les coeurs; la douceur les ramène.
Mme de Maintenon

Note du transcripteur.
Lettre à Madame la Duchesse de BOurgogne.
Savoir attendre est un grand moyen de parvenir.
J. De Maistre

Note du transcripteur.
Référence non trouvée. Cette citation est parfois donnée sous la forme : «Savoir attendre est le grand secret du succès.»
Quand vous êtes enclume, prenez patience; quand vous êtes marteau, frappez droit et bien.


Note du transcripteur.
Proverbe arabe.
En voici quelques autres :
Si vous passez dans le pays des borgnes, faites-vous borgne. Quand les affaires vous embarrassent par le commencement, prenez-les par la fin. Celui qui ne comprend pas un regard ne comprendra pas davantage une longue explication. Les habits d'emprunt ne tiennent pas chaud. La mère d'un homme assassiné dort, mais la mère d'un assassin ne dort pas.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

samedi 11 juillet 2015

Passion

Passion

On n'arrive à rien si on n'a le  «diable au corps »: les saints et les grands hommes furent des passionnés.
Eymieu

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
La passion fait souvent un fou du plus habile homme, et rend souvent habiles les plus sots.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
On veut plaire, et l'on ne plaît que par les passions, ou qu'on reçoit, ou qu'on inspire.
Massillon

Note du transcripteur.
Pensées diverses (Du monde).
Qui dit passion dit faiblesse; qui dit vertu dit force.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Conférence : De la religion comme passion et vertu de l'humanité.
On est assez sûr de réussir quand on parle aux passions des gens plutôt qu'à leur raison.
Voltaire

Note du transcripteur.
Épitre dédicatoire à M. Falkener, 1732.
Citation retirée des éditions subséquentes.
L'éloquence est fille de la passion. Créez une passion dans une âme et l'éloquence en jaillira par flots; l'éloquence est le son que rend une âme passionnée.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Mémoire pour le rétablissement en France de l'ordre des Frères Prêcheurs.
La durée de nos passions ne dépend pas plus de nous que la durée de notre vie.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
Il n'y a point d'animal plus farouche, ni plus indomptable que l'homme quand il se laisse dominer par ses passions.
Bossuet

Note du transcripteur.
Deuxième sermon pour le dimanche de la Quinquagésime.
Le ciel, l'enfer sont dans le coeur de l'homme.
Marmontel

Note du transcripteur.
Épitre. Aux poètes.
Mon Dieu, quelle guerre cruelle!
Je trouve deux hommes en moi.
Racine

Note du transcripteur.
Cantique II (Plaintes d'un chrétien sur les contrariétés qu'il éprouve au-dedans de lui-même.
Il est plus dur de servir ses passions que des tyrans.
Démophile

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Cette citation fut retirée des éditions subséquentes.
Il est plus facile d'étouffer le premier désir que de satis­faire tous ceux qui le suivent.
Franklin

Note du transcripteur.
Non pas Franklin, mais La Rochefoucauld dans son édition 1678.
La citation exacte est : «Il est bien plus aisée d'éteindre un premier désir que de satis­faire tous ceux qui le suivent.»
Les semences de la religion ne germent pas sur un sol qu'ont ravagé ou qu'ont desséché et durci les passions.
Joubert

Note du transcripteur.
Pensées.
La citation exacte est : «Un seul âge est propre à recevoir les semences de la religion. Elles ne germent pas sur un sol qu'ont ravagé les passions, ou qu'elles ont desséché et durci.»
Les belles passions sont pour les belles âmes.
Rotrou

Note du transcripteur.
L'heureuse constance, acte 3, sc.1 (Le Roi).
Les passions des jeunes gens sont des vices dans la vieil­lesse.


Note du transcripteur.
Joubert, Pensées.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

lundi 15 juin 2015

Parvenu

Parvenu

Nul n'est plus porté à abuser de son droit que celui qui vient à peine de le conquérir: il n'y a pas de pires tyrans que les esclaves, ni d'hommes plus superbes que les parvenus.
Lamartine

Note du transcripteur.
Histoire des Girondins.
On voit des commis
Mis
Comme des princes,
Qui jadis sont venus
Nus
De leurs provinces.
Charles-François Panard

Note du transcripteur.
Vaudeville en écho.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

dimanche 14 juin 2015

Parti

Parti

Il faut souvent changer d'opinion pour être toujours de son parti.
Cardinal de Retz

Note du transcripteur.
Certains réfèrent cette citation aux Mémoires de Retz. Mais je n'en ai trouvé aucune trace dans ces dernières.
Les drapeaux des partis sont des linceuls dans lesquels on ensevelit la patrie.
Bernardin de Saint-Pierre

Note du transcripteur.
Référence non trouvée.
Un parti au pouvoir, c'est la foudre aux mains d'un enfant.
Thiers

Note du transcripteur.
Histoire du Consulat et de l'Empire, 1862.
Citation exacte : «[...] Un parti au pouvoir c'est un enfant méchant dans les mains duquel on a remis la foudre !»
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

vendredi 12 juin 2015

Paresse

Paresse

L'ennui est entré dans le monde par la paresse.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Les Caractères.
L'oisiveté est comme la rouille, elle use plus que le travail.
Franklin

Note du transcripteur.
La science du bonhomme Richard.
Les paresseux ont toujours envie de faire quelque chose.
Vauvenargues

Note du transcripteur.
Réflexions et maximes.
Il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort.
Molière Tartuffe

Note du transcripteur.
Acte 1, sc. 1 (Madame Pernelle).
Les gens qui n'ont rien à faire cherchent des torts à autrui pour s'occuper.
G. Sand

Note du transcripteur.
Dans une lettre à Mme Dupin, 9 sept. 1831.
Citation supprimée des éditions subséquentes.
Les journées sont longues, et les années sont courtes, pour l'homme oisif.
Diderot

Note du transcripteur.
Essai sur les règnes de Claude et de Néron.
La gloire et le repos sont choses qui ne peuvent loger au même gîte.
Montaigne

Note du transcripteur.
Essais, chap. 18.
La paresse verse sur l'homme des maux incalculables; elle blesse son enfance, flétrit sa jeunesse, brise sa virilité et attache à toutes ses puissances la honte de la stérilité.
R. P. Félix

Note du transcripteur.
Le Travail, loi de la vie et de l'éducation, Dillet, 1856.
Il n'y en a point qui pressent tant les autres que les paresseux.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
Quatre boeufs attelés d'un pas tranquille et lent
Promenaient dans Paris le monarque indolent.
Boileau

Note du transcripteur.
L'Art poétique (Le Lutrin).
Oh! la paresseuse fille
Qui s'habille
Si tard un jour de moisson!
Hugo

Note du transcripteur.
Les Orientales.
La paresse va si lentement que la pauvreté n'a pas de peine à l'atteindre.
Franklin

Note du transcripteur.
La science du bonhomme Richard.
La paresse engourdie,
Lâche tyran, qui n'entraîne après lui
Que l'ignorance et le stupide ennui.
J. -B. Rousseau

Note du transcripteur.
Épître VI.
Nous avons plus de paresse dans l'esprit que dans le corps.
La Rochefoucauld

Note du transcripteur.
Réflexions ou Sentences et maximes morales.
La mollesse et l'oisiveté corrompent les plus beaux naturels.
Fénelon

Note du transcripteur.
Télémaque.
Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
J.-J. Rousseau

Note du transcripteur.
Émile.
C'est l'oisiveté qui est la grande source de perversité.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Dans un lettre du 21 juin 1852.
C'est l'oisiveté qui est la grande source de perversion ; et la lecture, quoique peu fatigante, suffit pour éloigner l'oisiveté.
Le mérite en repos s'endort dans la paresse.
Boileau

Note du transcripteur.
Épître VII.
Le désoeuvrement inspire un dégoût profond de toutes choses.
Lacordaire

Note du transcripteur.
Dans une lettre du 11 décembre 1825.
Le désoeuvrement inspire un dégoût profond de toutes choses, et l'âme, habituée à retomber sur elle-même avec l'ennui de n'y rien rencontrer qui l'arrête, s'endort de ce sommeil qui n'est pas sollicité par le besoin et qui cesse d'être un bienfait pour rester seulement un obstacle à toutes les fonctions de la vie.
Les oisifs des villes, gens aussi ennuyés qu'ennuyeux, qui, ne sachant que faire de leur temps, abusent de celui des autres.
J.-J. Rousseau

Note du transcripteur.
Dans une lettre à M. Monier du 14 septembre 1756.
Celui qui ne fait rien est bien près de mal faire.
Montaigne

Note du transcripteur.
Ce mot ne serait non pas de Montaigne, mais de Franklin. Cependant, je n'ai pas trouvé la source exacte.
L'oisif de corps et d'esprit est un insensé autant à plaindre qu'à blâmer.
La Bruyère

Note du transcripteur.
Cette citation n'est pas de Bruyère. Je l'ai retrouvée dans un texte d'Apollinaire Bouchardat : «Le travail, son influence sur la santé» dans Entretiens populaires, 1864.
Les paresseux ne sont jamais que des gens médiocres, en quelque genre que ce soit.
Voltaire

Note du transcripteur.
Dans une lettre à M. Helvétius du 11 septembre 1758.
Citation exacte : « Les obstacles vous feront faire de nouveaux efforts ; c'est à cette ardeur pour le travail qu'on reconnaît le vrai génie. Les paresseux ne sont jamais que des gens médiocres, en quelque genre que ce puisse être. »
Cette citation fut retirée des éditions subséquentes.
Ne pas savoir supporter la pauvreté est une chose hon­teuse; ne pas savoir la chasser par son travail est une chose plus honteuse encore.


Note du transcripteur.
Cette parole est souvent attribuée à Périclès dans un discours aux Athéniens.
L'homme oisif est comme l'eau qui dort, il se corrompt.


Note du transcripteur.
N. V. de Laténa, Étude de l'homme, Paris, 1863.
Étienne Blanchard, Recueil d'idées, 1928, 1929, 1941, 1947. Voir le premier billet.
cul-de-lampe

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