
Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 26 janvier 2026
Dans mon métier [Monsieur Naquet est scientifique -GGJ], je ne vois pas comment je pourrais dissocier ce désir, cette curiosité maladive de comprendre, d'un sentiment immédiat de responsabilité et d'obligation de transmettre. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai choisi d'être à la fois enseignant et chercheur.
Philippe Naquet (in Innocente culpabilité de Marie de Solemne, p.67, Éd. Dervy, 1998)
[...] deux puissances malignes : l'ambition et l'indigestion.
Herman Melville (Bartleby le scribe, trad. Pierre Leyris, p.16, Folio n° 2903)
[...] j'oscille, comme les accents, entre l'aigu et le grave, je n'ai jamais pu maîtriser les accents, l'accent aigu, l'accent grave, jamais rien compris, j'ai intégré les raisonnements les plus significatifs jamais les accents, j'effectue un travail de faussaire pour que le trait puisse être lu de deux manières, le lecteur choisit. Au tableau, dans les corrections, partout, jamais de figure définitive. Rien ne vous sauve. Le travail, longtemps j'y ai cru, je veux dire l'activité qu'on appelle travail mais qui n'est que diversion de la mort, l'activité vous sauve, l'agitation furieuse, divertissement auréolé de prestige, jusqu'à ce que ça s'effondre.
Yasmina Reza (Dans la luge d'Arthur Schopenhauer, p.35, Albin Michel, 2005)
Je venais de faire connaissance avec l'une des lois régissant l'espèce humaine, dite « loi de la double crêpe » : plus quelqu'un écrase ceux qui sont au-dessous de lui, plus il s'écrase devant ceux du dessus.
Erik Orsenna (Les Chevaliers du Subjonctif, p.91, Stock 2004)
Être étonné, c'est un bonheur; -et rêver, n'est-ce pas un bonheur aussi?
Edgar Allan Poe (Histoires extraordinaires, Folio n° 310)
Épictète du jour
Un homme t'a confié son secret, et tu crois qu'il est honnête, juste et poli de lui confier aussi le tien. Tu es un étourdi, un sot. Souviens-toi de ce que tu as vu pratiquer si souvent. Un soldat, en habit bourgeois, va s'asseoir près d'un citoyen, et, après quelques propos, il se met à dire du mal de César. Le citoyen, gagné par cette franchise, et croyant avoir le secret du soldat pour gage de sa fidélité, lui ouvre son coeur et se plaint du prince, et le soldat, se montrant ce qu'il est, le traîne en prison. Voilà ce qui arrive tous les jours. Celui qui t'a confié son secret n'a souvent que le masque et l'habit d'un honnête homme. D'ailleurs ce n'est point confiance, c'est intempérance de langue ; ce qu'il te dit à l'oreille, il le dit à tous les passants. C'est un tonneau percé, il ne gardera pas plus ton secret qu'il n'a gardé le sien propre.
Entretiens, Livre IV
, L.