citation d'Albalat Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 03 juillet 2026

L'homme supérieur est celui qui fait bien son métier tout en sachant faire autre chose.
Victor Cherbuliez (Meta Holdenis, p.41, Hachette, 1873)

Une femme peut-elle jamais aimer un homme qu'elle aura vu grossier une fois ? Les premières impressions ne s'effacent pas [...]
Prosper Mérimée (La Vénus d'Ille, p. 303, in Colomba et autres nouvelles, éd. Classiques Français)

Rôdant, triste et solitaire
Dans la forêt du mystère,
J'ai crié le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! »
L'Écho m'a répondu : « Bah ! »
- « Écho, la vie est méchante ! »
Et, d'une voix bien touchante,
L'Écho m'a répondu : « Chante ! »
- « Écho, Écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L'Écho m'a répondu : « Crois ! »
- « La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »
Et l'Écho m'a dit : « Aimer ! »
Comme l'Écho des grands bois
M'a conseillé de le faire :
J'aime, je chante et je crois !
Et je suis heureux sur terre !
Théodore Botrel (L'Écho, in Les Chansons de Jean-qui-chante, ed. J. Rueff, 1907.)

Au surplus, j'imagine que si l'on cherche à comprendre plutôt qu'à se renseigner, la lecture fera encore mieux que le maître. Certes, à divers degrés, nous sommes tous coupables de lire passivement ; mais combien plus grande est la tentation d'écouter passivement une causerie. Avec beaucoup de vérité, on a pu dire qu'une causerie est une opération par laquelle les notes du professeur passent dans les cahiers des élèves sans passer par l'esprit d'aucun d'eux.
Mortimer J. Adler (Comment lire les grands auteurs, trad. Louis-Alexandre Bélisle , p.67, Le Club des Grands Auteurs, 1964)

Is mathematics invention or discovery? When mathematicians come upon their results are they just producing elaborate mental constructions which have no actual reality, but whose power and elegance is sufficient simply to fool even their inventors into believing that these mere mental constructions are 'real' ? Or are mathematicians really uncovering truths which are, in fact, already 'there' - truths whose existence is quite independent of the mathematicians 'activities ? I think that, by now, it must be quite clear to the reader that I am an adherent of the second, rather than the first, view, at least with regard to such structures as complex numbers and the Mandelbrot set.
Roger Penrose (The emperor's new mind, Oxford University Press, p.96)

Épictète du jour

Il n'y a point d'homme qui n'ait naturellement une certaine idée, une certaine notion du bien, du mal, de l'honnête, du déshonnête, du juste, de l'injuste, du bonheur, du malheur, et des devoirs ou pratiqués ou négligés. D'où vient donc que, sur ces matières, on se trompe si souvent, quand on juge des faits particuliers ? Cela vient, comme je l'ai déjà dit, de ce que nous appliquons mal nos actions communes, et que nous jugeons par des préjugés peu approfondis. Le beau, le bon, le mal, le bien, le juste, l'injuste, ce sont des termes que tout le monde emploie également avant que d'avoir appris à les appliquer avec raison et avec justice. De là naissent les disputes, les querelles, les guerres. Je dis : « Cela est juste. » Un autre dit : « Cela est injuste. » Comment se mettre d'accord ? Quelle règle avons-nous pour bien juger ? Sera-ce l'opinion ? Mais nous voilà deux, et nous avons deux opinions contraires. D'ailleurs, comment l'opinion peut-elle être un juge sûr ? Les fous n'ont-ils pas leur opinion ? Il faut pourtant bien qu'il y ait une règle sûre pour connaître la vérité ; car il n'est pas possible que les dieux aient laissé les hommes dans une entière ignorance de ce qu'ils doivent savoir pour se conduire. Cherchons donc cette règle, qui peut seule nous délivrer de nos erreurs et guérir la témérité et la folie de l'opinion. Cette règle est d'appliquer à l'espèce les caractères que l'on donne au genre, afin que ces caractères, connus et avoués de tout le monde, nous servent à redresser nos préjugés sur chaque fait particulier. Par exemple, nous avons l'idée du bien ; il s'agit de savoir si la volupté est un bien, examinons-la selon cette idée, et pesons-la dans cette balance. Je la pèse avec ces caractères du bien qui sont mes poids. Je la trouve légère, je la rejette, car le bien est une chose solide et d'un très grand poids.
Entretiens, Livre II, XXX.