
Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 27 août 2026
Tel qui rit le matin pleure à la fin du jour ;
Et le proverbe dit que chacun a son tour.
Michel Baron (L'Andrienne, acte 3, sc. 2 (Simon), 1729)
J'aime que la musique ne soit pas sourde à la chanson du vent dans la plaine, ni insensible aux parfums de la nuit.
Vladimir Jankélévitch (Quelque part dans l'inachevé, p. 302, Folio essais n° 60)
Moi qui prends très au sérieux le fait d'écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d'un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l'idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j'abuse, l'idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l'éternité, tout cela me remplit d'effroi.
Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)
Ainsi, il n'y a de « confiance aveugle », que lorsque certaines conditions sociales et historiques de production du sentiment de confiance aveugle se trouvent réunies.
Gilles Lazuech (Toute confiance est d'une certaine manière confiance aveugle (Anthony Giddens), p.13, Pleins Feux, coll. Variations, 2002)
[...] l'amour n'a aucun remède à offrir.
Maryse Condé (No woman no cry, p.60, Le Serpent à Plumes, n°13)
Épictète du jour
Que ces sortes de pensées et de raisonnements ne te troublent point : « Je serai méprisé ; je ne serai rien dans le monde. » Car, si le mépris est un mal, tu ne peux être dans le mal par le moyen d'un autre, non plus que dans le vice. Dépend-il de toi d'avoir les premières charges ? Dépend-il de toi d'être invité à un festin ? Nullement. Comment se peut-il donc que ce soit encore là un mépris et un déshonneur pour toi ? Comment se peut-il que tu ne sois rien dans le monde, toi qui ne dois être quelque chose que dans ce qui dépend de toi, et en quoi tu peux te rendre très considérable ? « Mais mes amis seront sans aucun secours de ma part. » -- Qu'est-ce à dire, sans aucun secours ? Tu ne leur donneras point d'argent ? Tu ne les feras pas citoyens romains ? Qui donc t'a dit que ces choses sont du nombre de celles qui sont en notre pouvoir, et qu'elles n'appartiennent pas à d'autres qu'à nous ? Et qui peut donner aux autres ce qu'il n'a pas lui-même ? « Amasse du bien, dira quelqu'un, afin que nous en ayons aussi. » -- Si je puis en avoir en conservant la pudeur, la modestie, la fidélité, la magnanimité, montrez-moi le chemin qu'il faut prendre pour devenir riche, et je le serai. Mais si vous voulez que je perde mes véritables biens afin que vous en acquériez de faux, voyez vous-mêmes combien vous tenez la balance inégale, et à quel point vous êtes ingrats et inconsidérés. Qu'aimez-vous mieux ? l'argent, ou un ami sage et fidèle ? Ah ! aidez-moi plutôt à acquérir ces vertus, et n'exigez point que je fasse des choses qui me les feraient perdre. -- « Mais, diras-tu encore, ma patrie ne recevra de moi nuls services. » Quels services ? Elle n'aura pas de toi des portiques ? Elle n'aura pas des bains ? Eh ! qu'est-ce que cela ? Elle n'aura pas non plus des souliers d'un forgeron, ni des armes d'un cordonnier. Or, il suffit que chacun remplisse son état et fasse son ouvrage. Mais si, par ton exemple, tu donnais à ta patrie un autre citoyen sage, modeste et fidèle, ne lui rendrais-tu aucun service ? Certainement tu lui en rendrais un, et un fort grand ; tu ne lui serais donc pas inutile. -- « Quel rang aurai-je donc dans la cité ? » -- Celui que tu pourras obtenir en te conservant fidèle et modeste. Mais si, voulant la servir, tu perds ces vertus, quels services tirera-t-elle désormais de toi, quand tu seras devenu impudent et perfide ?
Pensées, XXXIII.