[...] lire est une obscénité bien douce. Qui peut comprendre quelque chose à la douceur s'il n'a jamais penché sa vie, sa vie tout entière, sur la première page d'un livre ? Non, l'unique, la plus douce protection contre toutes les peurs c'est celle-là - un livre qui commence. (A. Baricco, Châteaux de la colère, trad. Françoise Brun, p.82, Points P373)

Gilles G. Jobin
Buckingham, QC, Canada
Dernière mise à jour : 13 février 2008
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Épigraphe

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(in-si-pit). n. m. invar. (1887, LITTRÉ  mot lat., 3e pers. sing. indic. de incipere, « commencer »). Se dit des premiers mots d'un manuscrit, d'un livre...
[Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Tome Troisième, 1963. Paul Robert, p.687]

La collection répertorie actuellement
765 œuvres de 435 auteurs

Yukio Mishima
Les sept ponts
Trad. Donald KeeneFolio n.3629
À onze heures et demie, la nuit de la pleine lune de septembre, des que les invites de la soirée où elles jouaient leur rôle d'hôtesses se dispersèrent, Koyumi et Kanako revinrent à la Maison des Lauriers et remirent leur kimono de coton. Elles auraient bien préféré prendre un bain avant de repartir, mais ce soir-là elles n'en avaient pas le temps.
Koyumi avait quarante-deux ans, elle était ronde et petite, à peine un mètre soixante, et serrée dans un kimono blanc au dessin de feuillage noir; Kanako, l'autre geisha, bien qu'elle n'eût que vingt-deux ans et fût bonne danseuse, n'avait pas de protecteur et semblait destinée à ne jamais trouver de rôle convenable dans les représentations annuelles de danses que donnent les geishas au printemps et à l'automne. Son kimono de crépon blanc était imprimé de spirales bleu marine.
« Je me demande, dit Kanako, quel sera ce soir le dessin du kimono de Masako?


Raymond Radiguet
Le diable au corps
 Pocket Classique
Je vais encourir bien des reproches. Mais qu'y puis-je ? Est-ce ma faute si j'eus douze ans quelques mois avant la déclaration de la guerre ? Sans doute, les troubles qui me vinrent de cette période extraordinaire furent d'une sorte qu'on n'éprouve jamais à cet âge ; mais comme il n'existe rien d'assez fort pour nous vieillir malgré les apparences, c'est en enfant que je devais me conduire dans une aventure où déjà un homme eût éprouvé de l'embarras. Je ne suis pas le seul. Et mes camarades garderont de cette époque un souvenir qui n'est pas celui de leurs aînés. Que ceux déjà qui m'en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons : quatre ans de grandes vacances.


Chantal Thomas
Les Adieux à la Reine
 Editions du Seuil
Je m'appelle Agathe-Sidonie Laborde, un nom rarement prononcé, presque un secret. J'habite à Vienne, dans le quartier des immigrés, un appartement de la Grashofgasse. Les fenêtres ouvrent sur une cour pavée, qu'entourent au rez-de-chaussée plusieurs échopes, un bouquiniste, un perruquier, un petit imprimeur, un réparateur de violes. Il y a aussi un marchand d'épices, juste en bas de mon immeuble. Le lieu est animé, sans être trop bruyant. Aux beaux jours, il y flotte toujours, avec les senteurs d'Orient, des notes de musique.Les rosiers qui serpentent sur les façades ajoutent un charme de jardin à ce coin viennois.