[...] lire est une obscénité bien douce. Qui peut comprendre quelque chose à la douceur s'il n'a jamais penché sa vie, sa vie tout entière, sur la première page d'un livre ? Non, l'unique, la plus douce protection contre toutes les peurs c'est celle-là - un livre qui commence. (A. Baricco, Châteaux de la colère, trad. Françoise Brun, p.82, Points P373)

Gilles G. Jobin
Buckingham, QC, Canada
Dernière mise à jour : 13 février 2008
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Épigraphe

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(in-si-pit). n. m. invar. (1887, LITTRÉ  mot lat., 3e pers. sing. indic. de incipere, « commencer »). Se dit des premiers mots d'un manuscrit, d'un livre...
[Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Tome Troisième, 1963. Paul Robert, p.687]

La collection répertorie actuellement
765 œuvres de 435 auteurs

Émile Durkheim
L'individualisme et les intellectuels
 Mille et une nuits, n.376
La question qui, depuis six mois, divise si douloureusement le pays est en train de se transformer : simple question de fait à l'origine, elle s'est peu à peu généralisée. L'intervention récente d'un littérateur connu a beaucoup aidé à ce résultat. Il semble qu'on ait trouvé le moment venu de renouveler par un coup d'éclat une polémique qui s'attardait en redites. C'est pourquoi, au lieu de reprendre à nouveau la discussion des faits, on a voulu, d'un bond, s'élever jusqu'aux principes: c'est à l'état d'esprit des « intellectuels», aux idées fondamentales dont ils se réclament, et non plus au détail de leur argumentation qu’on s’est attaqué.


Honoré de Balzac
La recherche de l'Absolu
 Le Livre de Poche
Il existe à Douai dans la rue de Paris une maison dont la physionomie, les dispositions inférieures et les détails ont, plus que ceux d'aucun autre logis, gardé le caractère des vieilles constructions flamandes, si naïvement appropriées aux moeurs patriarcales de ce bon pays ; mais avant de la décrire, peut-être faut-il établir dans l'intérêt des écrivains la nécessité de ces préparations didactiques contre lesquelles protestent certaines personnes ignorantes et voraces qui voudraient des émotions sans en subir les principes générateurs, la fleur sans la graine, l'enfant sans la gestation. l'Art serait-il donc tenu d'être plus fort que ne l'est la Nature ?


Katherine Pancol
Vu de l'extérieur
 Points/Seuil, n° P53
Anita et moi avons une chose en commun : mon cousin Christian a assassiné sa meilleure amie, Diane Ducocher. C'est bien tout ce qui nous unit d'ailleurs car Anita et moi ne nous ressemblons guère.
Vous me direz que peu de gens se partagent un cadavre et que cela suffit à rapprocher deux jeunes filles habitant Paris. Oui, mais lorsque j'ai emménagé chez Anita, ni elle ni moi ne savions que nous étions liées par un corps froid. Ce n'est que plus tard, un soir où nous jouions au gin-rummy, en soliloquant pendant qu'elle remettait de l'ordre dans son jeu, que j'ai mentionné la mésaventure de mon cousin. Anita est devenue pâle, a lâché ses cartes sur la moquette et m'a contemplée un long moment sans rien dire. Depuis, il lui arrive de me regarder ainsi de son oeil noir et fixe, et elle n'est pas toujours très aimable. Elle peut même se montrer dure, tyrannique, voire méprisante. Ces jours-là, je tente de me faire oublier car Anita est la seule personne, hormis ma mère et ma grand-mère, que je connaisse à Paris. Sans elle, je serais perdue. Je souffre, en effet, d'une maladie bien connue des psychiatres : je ne sais pas qui je suis. Je ne me situe pas. Enfin, je sais comment je m'appelle, où j'habite et tout ça, mais je n'ai pas une haute idée de moi.