Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

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dimanche 24 septembre 2017

Ces compositrices que j'adore

Toutes les compositrices mentionnées dans ce billet ont énormément composé pour les apprentis pianistes de niveau intermédiaire. J'effleure ici une partie seulement de leurs oeuvres. Évidemment, vous trouverez sur Youtube plusieurs performances de leurs pièces : il suffit d'entrer le nom de la compositrice suivi du mot piano ; vous en aurez pour des heures d'exploration musicale.

Martha Mier (1936)
(Wikipedia)
Ses Romantic Expressions (4 cahiers) sont remplies de petits bijoux agréables à jouer et agréables à l'oreille. Ci-dessous, Serenity of the Heart tiré du 4e cahier. Cette dame a également composé plusieurs excellents Jazz, Rags and Blues regroupés en 5 cahiers. Ses duos (Treasures for Two, Jazz, Rags & Blues for Two) sont aussi bien charmants.



Catherine Rollin

Madame Rollin a composé d'excellentes, mais vraiment excellentes pièces pour piano. Je recommande fortement à tout amateur ses Lyric Moments, ses Preludes et ses duos (Dances for Two). Mais ne vous limitez pas à ces suggestions : Museum Master Pieces, Dancing on the Keys, etc., méritent aussi votre attention. Ma sœur et moi (Facebook) qui jouons Parisian Waltz de C. Rollin. Puis, avec quelques erreurs, je joue sur mon Yamaha P-255 son Moonlight Nocturne :

et l'un de ses préludes : Ici, je joue sa Sarabande d'Amour :

Eugénie Rocherolle (1939) Écoutez d'abord ce duo :



Comment ne pas tomber amoureux de cette French Waltz ? Si tant est qu'immédiatement entendu, j'ai commandé la partition. Avec ma fille Aurélie, nous arrivons à la jouer. J'espère qu'un jour, pour la postérité :-), nous l'enregistrerons !

Puis, écoutez bien son Salon de Musique (que j'aimerais bien apprendre un jour) tiré du recueil Souvenirs du Château dans l'une des nombreuses interprétations que vous trouverez sur Youtube.


Actuellement, je termine l'apprentissage de La Chapelle qui se trouve dans le même recueil. Voici ce qu'en faisait Maja Babyszka, jeune pianiste polonaise, en 2011. C'est absolument magnifique.



Rocherolle a récemment publié un merveilleux recueil de Tango de 7 pièces jouables (avec du travail, évidemment) par tout pianiste de niveau intermédiaire.

Et je ne peux que vous conseiller ses autres recueils dont : Momentos, Rainbow's End, Recuerdos Hispanicos, Romancing in Style, Valses Sentimentales, et j'en passe ! Et oui, j'admire énormément cette compositrice.

Mary Leaf

Il ne faut surtout pas passer à côté de son merveilleux recueil : Lyric Scenes. Il contient entre autres : The Last Run Home (à écouter ci-dessous) et Rhapsody in G Minor.



J'ai pris deux mois à apprendre The Last Run Home; j'arrive à la jouer au complet, mais dans un tempo relativement lent. Très doucement, je monte ma vitesse. J'ai heureusement l'avantage d'être persévérant, patient et assez discipliné.

Sa musique est surtout offerte en feuilles individuelles. Je vous donne quelques titres qui, à mon avis, ne pourront que vous plaire : Lullaby for Willow, Starlight, Softly Falling Snow, My Irish Butterfly (beau duo), The Enchanted Wood, Sea Voyage (que j'ai appris et que j'arrive à jouer, ma foi, assez bien), Starting Out. Une recherche sur Youtube vous permettra de les apprécier.

Melody Bober

Melody Bober a des séries intitulées Grand Solos, Grand Duo et Grand Trio for piano qui sont remarquables. In All Keys livres 1 et 2, sont aussi fort intéressants. J'ai un très grand respect pour tout ce qu'elle compose.

À titre d'exemple, voyez sa Valse Dramatico (Grand Solos for Piano, Book 6) :


Pamela Wedgwood

Pam Wedgwood a beaucoup composé pour nous, pianistes de niveau intermédiaires. Je vous suggère fortement d'acquérir ses séries :

After Hours (4 livres)
After Hours Jazz (3 livres)
Jazzin' about.

Comme pour toutes les autres compositrices citées ici, vous trouverez sur Youtube une panoplie d'interprétations de ses pièces. Mais celle qui me touche tout particulièrement est celle-ci :



http://www.gilles-jobin.org/jobineries/ecrire/images/bt_strong.png La touche de cette pianiste sur ce, disons-le, très beau piano, est sublime. Cette pièce est tirée du livre 2 de After Hours.

En terminant, jetez un oeil attentif sur Carolyn Setliff (Romantic Reflections), Wynn-Anne Rossi (One of a Kind), Elissa Milne (Easy Little Peppers, Little Peppers et Pepper Bos Jazz) et Carolyn Miller (Piano solos in Lyrical Styles), car vous y dénicherez de jolies pépites.

mardi 3 janvier 2012

Note du transcripteur



« Mademoiselle de Langeac, qui était plus libre qu'aucune de nous avec elle, l'arrêta et lui exposa assez [Note du transcripteur: mot illisible] ment le danger qu'il pouvait y avoir pour moi d'ignorer les conditions de la nature humaine. »
Honoré de Balzac, Contes Bruns, Gutenberg


Au cours de l'année 2012, je mettrai en ligne l'intégrale du livre d'Émile Genest, Miettes du passé, publié il y a tout près de 100 ans dans la collection Hetzel. De deux à trois fois par semaine, vous aurez droit à un dicton populaire français et seront groupés sous la nouvelle catégorie mietteries. Le bouquin en contient cent.

Pourquoi ce projet ?

  • Parce que Miettes du passé est un livre tombé, tout comme son auteur, complètement dans l'oubli et qu'il mérite d'être « déterré » ;
  • Parce que Miettes du passé est bien écrit ;
  • Parce que c'est toujours un plaisir de lire des histoires sur l'origine de proverbes célèbres ;
  • Parce que, tout simplement, j'avais le goût d'offrir ces Miettes aux lecteurs des Jobineries.

Qui est Émile Genest ?

Depuis plusieurs années déjà, je recherche les dates de naissance et de mort de M. Genest. Mais peine perdue. J'ai écrit à plusieurs bibliothécaires ; j'ai écrit aussi à Nathan, éditeur du toujours publié Contes et légendes mythologiques ; j'ai fait d'intenses recherches, mais toujours elles sont restées infructueuses.

Récemment, je suis tombé sur cette notice sur la zone BDFI (Base de Données Francophone de l'Imaginaire). Tout ce qu'on sait sur Genest s'y trouve, et je retranscris ici une partie de ladite notice.

Né après 1850 (Paris) - mort avant 1930, France.

D'Émile Genest, il existe peu d'informations. L'essentiel de ses publications a lieu entre 1873 et 1930, les années suivantes ne donnant lieu qu'à des rééditions. L'auteur semble s'être passionné par les proverbes et les dictons auxquels il a consacré plusieurs monographies très détaillées, il est lauréat de l'Académie Française (sans plus de précision) et pratique l'aide à l'écriture pour certains ouvrages d'étude qu'il signe en collaboration.

Cependant, l'on apprend à la Bibliothèque Nationale qu'il déposa une thèse pour la licence de Droit le 19 décembre 1873, “De Acquirendo rerum dominio”, De l'acquisition de la propriété par suite de conventions (Paris, Impr. E. Donnaud, 1873). Par ailleurs, plusieurs de ses livres sont préfacés par des personnalités venues du Droit également et qui semblent être ou des condisciples ou des collègues. On peut donc situer sa date de naissance après 1850 et celle et de son décès probablement aux environs des années 1930. La thèse imprimée mentionne également le lieu de naissance de Genest : Paris.

Quand Émile Genest fournit l'unique volume qu'il écrira pour les débuts de la collection, Les Contes et légendes mythologiques, Nathan a déjà publié ses premiers ouvrages consacrés aux proverbes qui entrent dans le programme parascolaire des années 1920 de la maison d'édition. Ces livres seront réédités jusque dans les années 1950, mais c'est finalement le recueil pour la jeunesse qui obtiendra la longévité la plus notable en étant édité jusqu'à la fin du XXe siècle.

À part les Miettes du passé, je possède presque tous ses livres dont :

  • Les plus belles citations de la littérature française (séries 1 et 2) ;
  • Où est-ce donc ? (séries 1 et 2) ;
  • Les plus belles citations de la littérature latine ;
  • Les plus belles citations de la littérature étrangère ;
  • Les plus belles citations de la littérature grecque.

Vous pouvez sans doute en trouver quelques-uns sur Abebooks, mais attendez-vous à payer le prix fort.

Émile Genest était fin collectionneur ; dans tous ses recueils, la source des citations est toujours donnée ce qui en fait, somme tout, un personnage sérieux et rigoureux. C'est certainement cette rigueur qui m'a incité à en savoir un peu plus sur l'homme. Ma quête est toujours sans réponse, mais, qui sait, un jour, peut-être, un digne descendant du monsieur lira-t-il cette page et prendra-t-il le temps de m'éclairer sur la vie de son illustre ancêtre.

Technicité

J'ai numérisé le livre avec ABBYY, logiciel de reconnaissance de texte (OCR). On le sait, ces logiciels sont loin d'être parfaits et il faut évidemment tout relire et corriger les très nombreuses erreurs de transcription.

J'ai numérisé les images avec Aperçu.

J'ai utilisé Textmate pour coder en php, mysql et html. En fait, tout le livre se trouve dans une table Mysql qui contient quelques champs.

Pour chaque « miette », il faut compter de 2 à 3 heures de travail.

À plus long terme, je rendrai disponible le livre en format Epub.

Les notes de bas de page indiquées par [GGJ] sont de moi.

J'ai utilisé la deuxième édition des Miettes du passé publiée en 1913. Je n'ai pas pu trouver la date de la première édition. De même, à ma connaissance, cette deuxième édition fut la dernière. On sait qu'un livre, au Canada, tombe dans le domaine public 50 ans après la mort de son auteur. Or, dans le cas de Genest, la date de sa mort demeure un mystère complet. Mais, n'ayant rien publié après 1933, il a fort à parier qu'il serait décédé au cours de cette décennie.

Gilles G. Jobin, 3 janvier 2012.

dimanche 13 février 2011

Les fractions

Dimanche matin. Marie est sur la causeuse avec son livre et son café. Moi, sur mon divan préféré.

- À quoi penses-tu mon chéri ?
- Aux fractions.
- Aux fractions ???
- Ben oui. C'est à cause d'hier.
- Hier ?
- Un message... un billet... un site... un gazouillis en fait.
- Et ?
- On y suggérait un superbe site en maths pour le primaire. Je n'étais vraiment pas d'accord. Par exemple, regarde ce tutoriel (sic) sur la soustraction chez les entiers ou encore celui-ci sur la division des fractions.
- Plusieurs n'ont pas compris Piaget.
- Explique-toi.
- Tu sais, les stades de développement.
- Mouiii...
- Plusieurs pensent qu'une fois atteints, on n'a plus à y revenir. Or ces stades sont présents chaque fois qu'on apprend quelque chose de nouveau.
- Autrement dit, il faut toujours revenir au concret.
- C'est ça.
- C'est dans lequel de ses livres ?
- Je ne sais pas. C'est un conseiller pédagogique (par ailleurs excellent) qui, au début de ma carrière, m'avait dit ça.

Et ma belle Marie est retournée à sa lecture et son café.

Si vous suivez bien le truc donné dans la division des fractions (voir ici), vous pourrez sans problème faire des centaines d'exercices qui vous mèneront à la bonne réponse. Mais croyez-vous vraiment avoir compris quelque chose ? Bien sûr, le truc marche. Mais si l'enfant (ou même l'enseignant) ne peut pas dire pourquoi ça marche, alors à mon avis, on fait une grave erreur pédagogique. Certains me répondront que si cela fonctionne avec certains élèves, alors pourquoi ne pas en profiter ? Je le répète : il ne faut JAMAIS utiliser un truc qu'on ne peut s'expliquer. En apprentissage des maths, on doit se foutre de la bonne réponse. Il faut plutôt mettre énormément de temps à la compréhension des concepts (en passant par une foule d'activités concrètes) et non à leurs applications mécaniques. Mais pour cela, on a besoin de bons tutoriels réalisés par de bons didacticiens, tutoriels bien différents de ceux qu'on trouve sur le site mentionné dans ce billet.

mardi 1 février 2011

Twitteries 7

Une sélection des mes gazouillis des dernières semaines en ordre antichronologique.


Blogue Better Explained, à ajouter à vos signets. #math #pédagogie #didactique

Je viens de passer 10 min dans le dernier Office word (tentative d'aider un collègue). Mal de coeur. Comment peut-on travailler avec ça ?

Wow! Merci :D RT @fbon: le bon lien pour Camus, oeuvres complètes, libres au Québec.

Suivre des élèves dans l'élaboration de leur projet Scratch à l'aide d'Endirect. Hum ! Ça doit être possible. Essayons, essayons ! #réflexion

Ce matin, Antidote dans la classe de Mme Christine. Je vais en profiter pour tenter de faire écrire les élèves dans EnDirect.

Top100 Tools for Learning 2010.

#lecturedusoir « Pour en finir avec Dieu » R. Dawkins.

« The Walking dead » Excellente série TV, malgré tous les préjugés qu'on peut avoir quand on pense à l'univers des zombies. Apocalyptique.

Inkscape à la maternelle.

Bonne idée que ces Short Scratch Programming Challenges.

Vidéo (10min) tournée dans une classe de ma cs : des élèves en projet robotique !

@recitqc Discussion au sujet de l'utilisation des #TBI. // Et où sont les fruits de cette discussion ?

Toute une aide que ce Termium !

@JuliaNadon #EnDirect est un Twitter réservé au monde de l'éducation. C'est ici.

Entendu à TVA : [...] Température atteint un «niveau record historique».... c'est tout un record ça !

La communauté éducative « web2active » est très limitée. Par exemple, où sont les animateurs RÉCIT régulièrement actifs sur les réseaux sociaux ?

@pierrelachance #EnDirect est-il utile ? // L'élève peut suivre Marie Mai sur Twitter, pas sur #EnDirect. Utile pour qui ?

Appris hier d'un agent de la SPCA qu'à #Gatineau, on n'a pas le droit de se promener avec nos chiens sur pistes cyclables de la ville.

Sir Ken Robinson Sets Us Straight On What Is Wrong with Education.

Entrevues réalisées lors du dernier colloque l'AQUOPS en lien avec le logiciel libre. #AQUOPS

Aucun RÉCIT à #clair2011 ? Dommage qu'on n'ait pas les $$$ pour se déplacer. Faut dire qu'on n'est pas dir. adj à la CSMB. #ironie

#lecturedusoir « Seul le silence » d'Ellory. Fort bien écrit, ce bouquin !

Le but de l'éducation, c'est de former tout l'homme dans tous les humains. (J. Bédard). #citation

Je mets la dernière touche à mon bulletin informatisé EHDAA. Je le présente vendredi aux profs. Espérons qu'ils seront contents !

Marking Via Screencasts. Utilisation intéressante de #screenflow : le screencast pour donner de la rétroaction !

TEDx Paris. Conférences en français.

Sad but true cartoon about the shortcomings of education system, via @ElenaBRZ.

Les Mathématiques : un jeu d'enfants.

La powerpointisation des esprits? Billet sur « Le webinet des curiosités. »

Wolfram Algebra Course Assistant // Vite, vite, il faut interdire ça à l'école !!! :-)

« Consulter. - Façon respectueuse de demander à quelqu'un d'être de votre avis. » A. Detoeuf. #citation

Ai terminé mon deuxième K. Reichs (Os troubles). Pour changer un peu, je vais lire Comenius de Jean Bédard. #lecturedusoir

20 Characteristics I Wish School Had Helped Me Acquire.

« Ne traitez point d'erreur ce qui semble impossible. » (J.-F. Ducis) #citation #afdml

Traitement de choc pour les nuls en maths.

Structurer, un application gratuite fort utile pour Mac.

Atelier #Scratch à l'#Aquops2011 : je vais essayer de me trouver une gentille personne pour filmer des séquences.

Intéressante vidéo d'un atelier Scratch (en anglais).

« La valeur d'une idée dépend de son utilisation. » - Thomas Edison Encore une #citation souvent rapportée sans référence mentionnée.

Un livre-web en HTML5 made in Google.

Choix de logiciels libres pour les mathématiques au lycée.

RT@olivierlafleur L'esprit de la recherche Très inspirant ! // Excellent billet, en effet !

RT @ebouquin Que lisez-vous ce soir? #lecturedusoir // Os troubles (Kathy Reichs).

Les livres les plus recommandés en 2010 par les Québécois sont tous en vente en numérique sauf un. Via @emp_digitale

Conseil. Dans vos explications des entiers, remplacez le symbole «-» par le symbole «*». Cela évitera de confondre avec la soustraction.

dimanche 4 octobre 2009

Les médias

À Radio-Canada


J'ai bien écouté hier l'entrevue accordée à Mario Asselin sur la première chaîne.

Je ne peux qu'être d'accord avec les propos de Mario.

À un moment donné, l'animatrice s'est elle-même traitée de dinosaure. Cette auto-flagellation, lorsque vient le temps de parler technologie, m'exaspère. Comme si cette admission pardonnait l'ignorance ou, tout au moins, l'absence du goût d'aller y voir plus loin. Plus tard, l'animatrice a donné la parole à un autre de ses invités, Gilles Pellerin, éditeur. Ce dernier ne semblait pas trop d'accord avec Mario, mais, timing oblige, on a coupé court à un début d'une discussion qui sans doute aurait bien profité aux auditeurs.

Cette discussion a probablement eu lieu hors d'ondes, car en entamant la prochaine chronique qui portait sur les livres les plus contestés de l'année, la chroniqueuse a mentionné que certains livres, comme l'entrevue précédente, pouvaient être contestés. J'aurais bien aimé savoir en quoi !

À TVA


Jean-Luc Mongrain n'est pas très content. Jeter d'abord un oeil sur cette vidéo. Clairement, Steve Blanchet s'était très mal préparé aux questions (en fait, à LA question) du journaliste. M. Mongrain parle d'éthique dans son entrevue : il aurait bien aimé être averti qu'on était pour rire de lui dans une pub.

Mais observez bien la vidéo. Pendant le cafouillage de M. Blanchet, il se moque de lui. Il singe le cafouillage. À mon sens, il s'agit là d'un comportement tout à fait inapproprié. C'est un manque de savoir-vivre - de politesse - de la part de Jean-Luc Mongrain. Quand on juge qu'on nous manque de respect, j'admets qu'il est très difficile de rester zen. Cependant, Monsieur Mongrain avait eu le temps de se préparer et son manque de respect envers son interlocuteur a peut-être été planifié. Si c'est bien le cas, à mon sens, on pourrait parler de manque d'éthique journalistique.

mercredi 5 août 2009

Bibliomanie

Quatrième de couverture :
Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l'écroulement de votre bibliothèque ? L'accumulation de livres ne met-elle pas en danger l'existence même de votre famille ? Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ? Autant de graves questions se posant à cette espèce en voie de disparition : les bibliomanes, qui, outre la passion de posséder les livres, ont celle de les lire.
Les bibliothèques sont des êtres vivants à l'image de notre complexité intérieure. Elles finissent pas composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir, nous pouvons très bien ne plus sortir. Dans ce petit traité sur l'art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d'autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de « contrôleur du droit des pauvres » ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick. En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.


Je possède de quatre à cinq mille livres à maison. Cela cause évidemment plusieurs « problèmes » : leur trouver une place, les classer, les retrouver, etc. Ce petit livre de Bonnet n'offre pas vraiment de solutions, mais réussit à me faire sentir moins seul avec les inconvénients de ma petite collection (l'auteur mentionne surtout les collections de quelque 10000 livres et plus.)

Agréable moment de lecture donc pour quiconque est aux prises avec la collectionnite aiguë.

Et pour ceux qui se demandent où va se retrouver ce petit livre dans ma bibliothèque, dites-vous qu'il n'est pas très loin entre Bobin et Borges.

dimanche 25 janvier 2009

Citations de Jules Payot

[...] toutes ces belles disciplines, qui devaient être un instrument de culture, n'ont été pour beaucoup qu'un instrument de torture. (p. 21)

L'art de se servir des livres a une importance capitale. On peut dire que tous les hommes de talent se sont formés par les livres. C'est que les livres respectent l'originalité : chaque lecteur s'assimile ceux qui correspondent à ses inclinations profondes. D'autre part, le livre attend, ce que le professeur ne fait jamais. (p. 62)

N'est-il pas manifeste que nos programmes avec leur entassement de matières hétéroclites, avec la hâte trépidante qu'ils imposent aux professeurs et aux élèves, sont directement contraires à toute méthode fructueuse ? Ils donnent aux enfants des habitudes de travail bâclé et détruisent en eux tout essai d'énergie mentale. (p. 69)

La mise en oeuvre de nos énergies profondes est la source des plus grandes joies de la vie et quand l'enfant a goûté à cette allégresse il est sauvé : il ne pourra plus galvauder son énergie à des besognes somnolentes. Nous disons que la réforme urgente est de cesser de gaver les élèves de vocables morts et d'utiliser leur cerveau comme un entrepôt des pensées d'autrui. Il est urgent d'en faire des esprits libres. (p. 100)

Dans une lettre, Combarieu, inspecteur de l'Académie de Paris, me signalait combien l'enseignement abstrait de la grammaire était vain et il ajoutait : « Les Grecs ont eu quatre ou cinq siècles de grande production littéraire avant de savoir distinguer un substantif d'un adjectif et de savoir ce qu'est un mode. » (p. 167)

Les mathématiques ne sont qu'un outil. Que dirait-on d'un ouvrier qui passerait sa vie à aiguiser son outil sans jamais s'en servir ? Le calcul est une machine qui ne rend que ce qu'on y a mis. Si l'on n'y met aucune réalité, il ne rend que du vent. (p. 196)

Plusieurs autres extraits sur Au fil de mes lectures.

Nota. Dernier paragraphe corrigé suite au commentaire ci-dessous.

dimanche 11 mai 2008

Martin Gardner

Martin Gardner, né en 1914, est quant à moi l'un des cinq plus grands généralistes[1] du XXe siècle.

Je cherchais sur Amazon s'il n'avait pas récemment publié. J'ai en effet une trentaine de ses livres, dont tous ses recueils de récréations mathématiques du Scientific American, et j'aime bien les écrits de ces hommes qui ont encore toute leur tête alors qu'ils approchent le centenaire.[2]

C'est ainsi que je suis tombé sur le CD-ROM contenant les quinze recueils en PDF acceptant la recherche. Évidemment, je n'ai pu résister...
C'est grâce à Gardner si je me suis intéressé aux automates cellulaires et au jeu de la vie de Conway, aux polyominos de S. W. Golomb, au jeu de Nim, à Sam Loyd, à Lewis Carroll, à l'OULIPO, au jeu Eleusis, aux épigraphes - car il en mettait souvent au début de ses articles - et à tant d'autres choses encore.

Plus important, Gardner m'a permis de réaliser que les mathématiques scolaires sont un reflet terne de la culture mathématique.

MàJ (quelques heures après publication) : Sur l'excellent Blog à Maths, un billet annonçant la brochure gratuite Maths Énigmes Express. Le dernier chapitre est consacré à Gardner. À lire !

[1] Je mettrais aussi dans cette catégorie Edgar Morin, Michel Serres et Bertrand Russell.
[2] Henry Bauchau est un autre exemple.

mercredi 5 mars 2008

Grappillage

Cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas fait la chose : des heures à bouquiner dans les librairies de la région. Acheter des livres c'est se croire immortel, pensant qu'on aura toujours le temps de les lire.

Premier arrêt : Le Loisir des Usagers dans le secteur Hull.

Pour connaître la pensée d'Alain par Georges Pascal, Bordas 1957. Le livre n'est pas dans une très belle forme, mais appuyé par des centaines de citations, l'auteur semble faire un bon tour du philosophe.

J'ai aussi mis la main sur deux livres de la collection Play Bac (Marabout, 1992) : 1000 questions sur les écrivains et 1000 questions sur les oeuvres. On ne sait jamais : ils me serviront peut-être à créer des jeux-questionnaires dans Scratch.

J'ai fait l'acquisition de La constance du jardinier de John Le Carré. Je crois qu'on en a fait un film. Et, chez Folio, j'ai acheté Le métier de lire de Bernard Pivot.

J'ai trouvé Dieu d'Albert Jacquard. Quelques notes à l'intérieur de son ancien possesseur, notes qui stoppent à la page 24. L'aurait-il trouvé plate?

J'ai acheté le tome 4 du théâtre complet de Brecht, chez L'Arche. Je possède déjà un autre livre de cette série. Et puis, toujours dans la section théâtre, Les Maxibules de Marcel Aymé (nrf), Théâtre 1 et 2 d'Arthur Adamov (nrf) et finalement, chez GF, Théâtre de Clara Gazul de Mérimée.

Tout de même une belle récolte pour moins de 55$.

Je suis ensuite passé chez La librairie du Soleil avec l'intention d'y prendre La Dame blanche de Bobin. Curieusement, il n'était pas sur le promontoire des nouveautés. J'en ai aussi profité pour prendre Le Libraire, revue distribuée gratuitement un peu partout au Québec.

Après hésitation, je décidai de revenir sur mes pas, et de passer chez Réflexion aux Galeries de Hull. Et, oh surprise ! j'y ai trouvé un nouveau Saramago : Les intermittences de la mort (éd. du Seuil, évidemment). Curieusement, je ne l'ai vu nulle part ailleurs. Aussitôt que je termine le dernier Mankell (Profondeurs - j'en suis à la moitié), j'attaque ce roman qui promet énormément : dans une ville, la mort n'existe plus...

Puisque j'avais bien aimé La théorie des nuages de Stéphane Audeguy, j'ai acheté son Petit éloge de la douceur, un tout petit Folio à 4$. Comme toutes les autres librairies, la section Philosophie n'est pas très nourrie, mais on y trouve des livres qu'ils n'ont pas ailleurs. C'est ainsi que je suis tombé sur Le trésor des paradoxes (pas donné.... près de 50$) de Philippe Boulanger et Alain Cohen publié chez Belin. Les auteurs en citent une tonne d'autres, alors comment résister?

Ma seule difficulté avec cette librairie, c'est l'un de ses libraires. Il parle très fort. Une fois, je l'ai entendu sermonner une des employées qui avait mal classé un livre. Avec les clients, on l'entend de très loin donner son opinion, comme s'il voulait démontrer à tous sa grande érudition...

Je suis ensuite passé chez Renaud-Bray de Gatineau. Voilà une librairie que je n'aime pas vraiment. Comme partout ailleurs, il y a plein de gugusses, mais la manière dont sont placés les livres ne les met pas en valeur. Cependant, leur section Sciences contient généralement des choses intéressantes. Et comme je cherchais plusieurs livres autour des maths publiés dans la collection Points (du Guedj, entre autres), je fus un peu déçu de ma visite, et j'en suis ressorti bredouille.

Dernier arrêt : Archambault. Là aussi, je n'aime pas vraiment la section librairie. Il me semble qu'il y manque de chaleur. Je sais, c'est un peu ridicule. Et le promontoire nouveautés est remplie de vieilleries. Mais j'y ai tout de même trouvé Les Énigmes mathématiques du 3e millénaire de Keith Devlin. Son seul défaut, la reliure très instable de la collection poche chez les éditions Le Pommier.

samedi 7 juillet 2007

Miscellanées 7

Si j'avais des sous (plus de 1000$ la licence), j'achèterais Mathematica 6. Je sais qu'en mettant un outil pareil entre les mains des élèves, on transformerait leur vision des mathématiques. Si j'étais au gouvernement, je débloquerais des sommes pour engager des programmeurs qui développeraient un clone libre de ce logiciel.


Trouvé sur ce forum : « Ici au Québec, on a un beau pays, il est juste mal isolé. »


« Simple things should be simple, complex things should be possible » - Alan Kay


Je ne connais pas la source, mais c'est une belle citation : « On n’a pas inventé l’ampoule en améliorant la bougie ! »


Dure, dure cette critique de l'Express Livres.


« L’autodidaxie, recouvre la démarche pédagogique qui consiste à assurer soi-même l’acquisition de connaissances choisies en principes hors des systèmes éducatifs, donc sans enseignant. Elle représente les apprentissages par soi-même sans la présence d’un professionnel de la formation. L’autodidaxie se révèle un mode d’apprentissage existentiel ou cognitif dans lequel le sujet social apprenant conserve toute la responsabilité sur son action formative. » LE LEUR, G. 1998. Les nouveaux audidactes. Néoautodidaxie et formation. Québec, Les Presses de l’Université Laval ; Lyon, Chronique Sociale.
Définition trouvée ici.


Excellent billet chez Affordance.info sur ce que l'on sait des réseaux sociaux.

mardi 2 janvier 2007

2007, l'école et les TIC

À l'aube de l'an 2007, qu'en est-il de l'intégration des technologies de l'information et de la communication dans nos écoles québécoises ?

Tout dépend de ce qu'on entend par l'intégration des TIC. Si intégrer les TIC, c'est mettre du gras dans un texte électronique, faire une recherche sur le web ou faire de jolis acétates en PowerPoint pour illustrer cette recherche, alors on peut dire que cela va très bien.
Par contre, si on comprend l'intégration des TIC comme un processus complexe modifiant le rapport au savoir, alors on est loin du compte !

Que voulez-vous dire par rapport au savoir ?

Le mieux est de procéder par des exemples. Récemment, j'ai assisté un peu par hasard à un cours donné par un enseignant de musique au labo informatique. Les élèves avaient une feuille à remplir du genre : Années de naissance et de mort de Vivaldi, citez une oeuvre du compositeur, trouvez une anecdote, etc. La recherche se faisait sur le web, les réponses étaient données sur papier. La plupart des élèves (4e année) sont tombés sur Wikipédia, et après une vingtaine de minutes, le travail était fait. Est-ce de l'intégration des TIC? On pourrait être tenté de répondre oui. Et, ma foi, il est très heureux qu'un spécialiste du primaire ait amené ses élèves au labo. Mais si on fouille un peu plus, quelle différence y a-t-il entre cette activité, et cette même activité faite en bibliothèque dans un livre d'une encyclopédie qu'on y trouve ? Il n'y en a aucune. Si, par la suite, ces élèves sont amenés à mettre leur travail au propre et à utiliser un traitement de texte pour ce faire, il y a peu de différence entre le mettre au propre à la main ou à l'aide d'une dactylo. C'est là une utilisation ustensile de l'informatique.

Pourrait-il en être autrement ?

Bien sûr ! Au niveau de la recherche même, il faut amener les élèves à être toujours critiques face à leurs découvertes. Dans ce cas précis, aucun élève n'a pensé à comparer les différentes versions apportées par les différents auteurs de l'article. Ils recopiaient tout simplement l'information de cette page web. De plus, ils ne donnaient jamais la source de leur information. D'ailleurs, personne n'est allé sur une deuxième ressource pour comparer et vérifier les informations. Ils sont tous restés sur la même page, contents de pouvoir remplir le questionnaire. Comme ils devaient recopier le titre d'une oeuvre, aucun élève n'a eu l'idée de rechercher un fichier midi leur permettant d'en écouter des extraits (quelques ordis étaient pourtant équipés d'une carte de son). Les TIC donnent accès à une diversité de sources d'information et il ne suffit plus de trouver la bonne réponse à une question.
Bien intégrées, les TIC pourraient permettre de construire significativement le savoir. Pour poursuivre l'exemple, au niveau de la prise de notes, aucun élève n'avait accès à un wiki, un idéateur ou un outil semblable pour structurer, consigner et mettre en commun leurs données, des images ou du son. Si ces élèves avaient eu un blogue, certains d'entre eux auraient pu écrire un billet sur ce Vivaldi pour nous partager leur opinion, leur enthousiasme ou leur incompréhension de son oeuvre. Si ces élèves avaient eu un accès à un site web dynamique, via le système d'administration, ils auraient pu commencer la rédaction d'un article en vue d'une publication collective future.
Bien sûr, un ordinateur bien équipé fait plein de choses que d'autres machines faisaient auparavant. C'est une imprimerie et une maison d'édition. C'est une dactylo. C'est aussi un studio d'enregistrement, une chambre noire pour photos, une calculatrice, etc. Mais c'est aussi bien plus. C'est un amplificateur d'idées, un gestionnaire de données, des livres, une ludothèque, un système de téléphonie, un simulateur, un robot, des langages, etc.

Vous nous dites qu'en 2007, les élèves ont accès à tout cela ?

Voilà le grand malheur. Les enseignants ont de la misère à avoir des ordinateurs pour les classes. Ils en arrachent, car ils n'ont souvent pas accès à un site web personnel, n'ont pas d'applications web utiles installées pour eux et sont souvent confinés dans une standardisation de type portail. Puisque les ordinateurs sont confinés au laboratoire, les enseignants et leurs groupes n'y accèdent souvent qu'une ou deux périodes par semaine. Et puis, la formation est à peu près inexistante et, surtout, inefficace.

Le plan Marois n'était-il pas censé combler ces lacunes ?

Faisons un petit retour historique. Déjà en 1982, j'avais acheté pour ma classe 6 COCO (TRS color computer) avec des ROM LOGO. 2007-1982 = 25 ans. Je me rappelle avoir invité le conseiller pédagogique à venir voir comment cela se passait. Entré dans la classe, il s'est dirigé vers les fenêtres, m'a fait la remarque qu'il faisait très beau, et deux minutes après, a quitté le local. Il s'en foutait complètement. L'été suivant, j'ai revendu, à perte, mes ordinateurs. En 1985, c'était la grande erreur Comterm. Je ne sais combien de millions ont été engloutis dans cette histoire. En 1990, je suis allé voir mon directeur d'école (c'était le CP de 1982) lui exhortant de m'acheter un 286 pour ma classe. Je voulais mettre mes élèves sur Internet (via Freenet) pour les faire participer aux newsgroups en mathématiques entre autres. Refus complet. Pour lui, tout allait bien : les fenêtres étant toujours en place.
En 1996, le plan Marois. Au Québec, on sentait bien qu'il fallait faire un virage TIC dans nos écoles. Les écoles devaient écrire un projet justifiant une augmentation du ratio ordinateur/élève. J'avais mis plusieurs heures à écrire le plan pour mon école. Ce plan prévoyait entre autres l'ajout d'ordinateurs multimédias. Nous visions une transformation vers une école sans papier. À partir des plans des écoles, la CS devait présenter un plan consolidé au ministre. En réalité, les plans consolidés étaient bidon et le fait d'écrire un projet qui expliquait ce que nous voulions faire avec les ordinateurs était complètement inutile. La ministre voulait juste un meilleur ratio, peu importait l'usage que feraient les intervenants des ordinateurs. Notre école n'a rien eu... Je me souviens un message dans une liste de discussion de l'époque où un enseignant du secondaire lançait : « Wow, on a eu un nouveau labo informatique. Pourriez-vous me donner des idées de projets qu'on peut réaliser avec ? ». J'étais choqué : clairement, la ministre n'avait pas lu leur plan! Bien sûr, dans plusieurs cas, le plan Marois a permis, au secondaire, de monter des laboratoires informatiques pour des cours d'informatique. Mais des cours où on enseigne le Visual Basic sont très loin de l'idée d'une intégration des TIC. Le plan Marois, c'était juste une opération permettant d'augmenter le ratio ordinateur/élève. Comme les enseignants ne savaient pas ce que cela leur apportait de plus, pédagogiquement parlant, la plupart des machines sont restées inexploitées.

Le problème en est donc un de formation du personnel ?

Au début des années 90, le Ministère a mis en place les CEMIS (Centre d'enrichissement en micro-informatique scolaire). C'était une personne du primaire et du secondaire par région. Je répète par région! Une manière de se donner bonne conscience, mais comment cela peut-il être considéré comme un formateur efficace?
Au début 2000, les CEMIS ont fait place au RÉCIT (Réseau pour le développement des compétences par l'intégration des technologies) . C'était là certainement une amélioration, car d'une personne par région, on passait à une personne par CS. De plus, on a créé des RÉCIT nationaux associés aux domaines d'apprentissage. L'idée d'un animateur RÉCIT par CS est bonne, je crois. Cependant, le responsable du RÉCIT local ne fait souvent pas ce travail à plein temps.
Par ailleurs, on doit se poser de sérieuses questions sur l'efficacité et la pertinence des contenus des formations en TIC. Par exemple, est-il utile de former des enseignants qui n'ont pas leur ordinateur pour s'exercer ? Quelles distinctions y a-t-il entre l'apprentissage d'un logiciel et son utilisation dans un cadre pédagogique ? Doit-on former à Word ou à l'utilisation adéquate d'un traitement de texte ? Comment intégrer la compétence transversale TIC aux matières ?

Comment répondez-vous à toutes ces questions ?

Il n'y a pas de mystère.
D'abord, il faut absolument que tous les enseignants de la province aient leur propre machine. On ne peut apprendre si on ne possède pas son outil. L'apprentissage exige généralement une grande période d'essai-erreur. Or si un prof ne peut gaffer sur son ordinateur, il ne pourra apprendre à résoudre des problèmes TIC.
Parmi ces enseignants, plusieurs ne sauront absolument pas comment utiliser efficacement leur ordinateur. Entre alors la formation de base qui pourrait être donnée soit en groupe soit individuellement, par les pairs ou par l'animateur RÉCIT.
D'autres, qui ont déjà des bases, (Traitement de texte, courriel, web) devront apprendre à aller un peu plus loin (wiki, site web dynamique, logiciels spécialisés, graphismes, élaboration de bases de données, etc.) en développant des projets personnels (ou des projets de classe) leur permettant d'apprendre tout en s'amusant. L'animateur RÉCIT est bien placé pour accompagner ce genre d'individu. Ces enseignants sont dans la catégorie débutants.
Puis il y a les avancés. Ce sont des enseignants qui ont sans doute un ordinateur personnel depuis plusieurs années, ont beaucoup appris en mode autodidacte, ont parfois monté des projets TIC, et, souvent, ont été découragés par le peu de moyens techniques, les Deep Freeze, les proxies, et les limites des ordinateurs de misère dans nos écoles. Actuellement menacée, il faut préserver la survie cette race, car ils seront des modèles pour les débutants de leur école. On doit TOUT leur donner. Mais, surtout, on doit leur donner du temps pour qu'ils puissent développer une pensée orientée TIC dans leur environnement de travail. Ce sont des gens que l'animateur RÉCIT de la CS doit visiter régulièrement en les appuyant dans tous leurs projets et en leur ouvrant de nouvelles perspectives.

Mais tout cela coûte des sous...

Bien sûr. Mais je ne vois aucun moyen de faire autrement. Les TIC, c'est coûteux. Ou bien on y croit, et on investit. Ou bien on fait semblant d'y croire, et on fait comme maintenant. Si on juge qu'on n'a pas les moyens de payer un portable par enseignant et de les former, alors il faudrait penser à supprimer la compétence TIC de notre programme.

Mais après tout, est-ce si important l'intégration des TIC ?

Dans mon esprit, l'apprentissage des TIC est un incontournable, que cela se fasse à l'école ou ailleurs. La question est surtout de savoir si cela devrait se faire.... à l'école. On pourrait par exemple laisser la chose aux parents, ou à d'éventuels organismes extérieurs. Pour ma part, je réponds que l'école a un rôle crucial à jouer ici.

En quoi consiste ce rôle ?

Il est multiple et je crois sincèrement que seule l'école peut le remplir.
Parlons d'abord de l'importance du rôle éthique. Plusieurs questions d'ordre moral doivent être éclairées par l'école : peut-on dire n'importe quoi dans une salle de clavardage ? Les notions de spam, de virus, de publicités non sollicitées, etc. sont à la base de problèmes touchant la morale. Les choix technologiques sont-ils neutres ? Comment développer une conscience-vigilance nous permettant de faire des choix éclairés ? Quelle position prendre dans le très actuel débat logiciel propriétaire vs logiciel libre ? Que dire des moteurs de recherches "qui trouvent tout" genre Google ? Comment savoir qui dit vrai ? Comment porter un jugement sur les encyclopédies en ligne, la pornographie web, les folksonomies ?
Pensons aussi à l'aspect culture informatique. Quand peut-on joindre un fichier? Comment les types de fichiers influencent-ils nos interventions ? Le sens qu'il faut donner à une liste de diffusion. Comment réagir sur une liste de discussions, etc. Et puis, il a des connaissances pures à acquérir. Par exemple, le redimensionnement des images pour le web, l'écriture Web, la structuration des idées à l'aide d'un traitement de texte, le bon logiciel à utiliser pour un travail particulier, l'utilisation de l'ordinateur pour amplifier nos idées, etc.

Compte tenu des difficultés que vous citez (équipements insuffisants, formation inadéquate), comment vous y prendriez-vous en 2007 pour tendre vers une optimisation du rôle de l'école à l'égard de l'intégration des TIC ?

Le Ministère a annoncé des investissements dans les TIC scolaires. La mesure prévoit 29 $ par élève. Une école de 300 élèves recevra donc environ 9000 $ soit l'équivalent de 7 ou 8 ordinateurs neufs. On pourrait bien sûr acheter une clé USB aux élèves... Si on croit qu'on va faire des avancés avec ça, on nage en pleine pensée magique. Il faut donc utiliser une stratégie efficace pour tendre vers le but.
Donc, si j'étais directeur au primaire, je demanderais à un prof de diriger une classe sans papier. Pour environ 5000 $, il serait possible d'équiper une classe de portables P3-1000. J'inclus un ou deux routeurs, et des fils. En récupérant un vieil ordi de l'école, il pourrait servir de serveur de fichiers pour que les élèves puissent y déposer leurs travaux. Ce n'est pas le Pérou, mais au moins tous les élèves de la classe auraient un ordinateur qui a de l'allure. L'idée est aussi de rendre l'enseignant vivant un tel projet complètement autonome. Évidemment, il ne faut pas réseauter ces ordinateurs (ce qui rendrait l'enseignant dépendant des services informatiques de sa CS). Seul un lien internet stable suffit.
Avec les 4000 $ restants, j'achète aussi des P3-1000 que je partage dans deux autres classes qui ont des enseignants prêts à essayer. Dans ces classes, les ordinateurs ne seraient pas toujours ouverts, mais ils le seraient souvent. Je demanderais ensuite aux services pédagogiques de la CS de former sur place les enseignants. L'animateur RÉCIT pour les aspects pédagogiques novateurs, les autres CP pour agir comme modèle auprès des enseignants intégrant les TIC.
Évidemment, il faut prévoir un réinvestissement du même montant à chaque année.

Que prévoyez-vous pour 2007 ?

Rien du tout ! Si la tendance se maintient, 2007 sera aussi décevante que les cinq ou six dernières années. Pour y changer quelque chose, cela prendrait une volonté, un leadership et une vision. Mais comme l'intégration des TIC n'est pas un sujet très à la mode, on ne lui accorde pas l'importance ni les ressources pour la bien mener.

mercredi 18 octobre 2006

Le Judas de Léonard

Dernier roman de Perutz, Le Judas de Léonard est une fort agréable lecture. Pour sa peinture de la cène, Léonard de Vinci cherche le bon visage, celui dont les traits répondraient « au péché d'orgueil qui conduisit Judas à trahir l'amour qu'il éprouvait. » Joachim Behaim deviendra son Judas, et c'est son histoire que Perutz raconte. L'une des jolies citations du livre se trouve en page 233 où l'auteur met ces mots dans la bouche de Léonard :
« Je ne sers ni duc ni prince, et je n'appartiens à aucune ville, à aucun pays, aucun royaume. Je ne sers que ma passion d'observer, de comprendre, d'ordonner et de créer, et je n'appartiens qu'à mon oeuvre. »

dimanche 1 octobre 2006

Le fruit défendu

Mon Perutz de la semaine : Le Miracle du manguier chez 10|18.

Un lecteur sur Amazon :
Ce roman de Pérutz est particulièrement réussi. Le charme mystérieux de l'Inde qui irrigue l'intrigue illustre bien le cosmopolitisme de Vienne à la fin du XIXe siècle. L'intrusion de la magie et de la maîtrise du temps prend tour à tour une coloration inquiétante et cocasse; le suspense ne faiblit à aucun moment et révèle tout l'art de Pérutz dans ce genre presque policier qu'il a su s'approprier de façon si personnelle.

Sur le Matricule des anges, on parle « d'une fantaisie délicieusement kitsch. »

Quant à moi, je crois que ce second roman de Perutz, écrit en collaboration avec Paul Frank en 1916, ne passera pas à l'histoire. Point intéressant cependant, est cette espèce de vision du scientifique naïf : il est difficile d'observer autre chose que ce que nous sommes, ou ce qu'on veut bien voir... Peu de citations intéressantes, mais cette phrase est tout de même à conserver : « On s'habitue en vérité très vite à l'inconcevable, à l'inexplicable. L'homme qui a entendu pour la première fois résonner une voix fantomatique dans un téléphone, qui a vu pour la première fois un aéroplane décoller mystérieusement du sol, est sans doute resté un moment figé d'étonnement ; mais cette réaction ne fut que de courte durée. Déjà, l'instant d'après, le miracle était devenu pour lui ordinaire, presque banal, et il s'en servait comme s'il en avait toujours disposé. »(p.160)

Je me dirige maintenant vers une oeuvre de la fin de sa vie : Le Judas de Léonard. En espérant que je pourrai tout de même apprécier le livre, moi qui n'ai pas lu le Da Vinci Code !   :-)

samedi 25 mars 2006

Balzac et autres

J'ai fait de belles découvertes au Loisir des usagers de Gatineau. J'ai en effet mis la patte sur l'intégrale de la Comédie humaine de Balzac en 7 volumes (Seuil, 1965 à 1966). Je possédais déjà quelques livres de cette magnifique collection (Vigny, La Fontaine, Pascal, Musset, Montesquieu) et, pour moins de 100 $, je crois avoir fait un très bon achat. Surtout que tous les livres sont à peu près comme neufs.



Je suis aussi tombé sur un très vieux bouquin écrit par Pierre Larousse : Jardin des racines grecques à l'usage des écoles professionnelles, des écoles normales, des pensionnats de demoiselles et des écoles primaires des deux sexes. Il s'agit là d'une « étude raisonnée de plus de 4000 mots que les Sciences, les Arts, l'Industrie ont empruntés à la langue française. »

Selon Wikipédia, Larousse a publié la première édition de ce jardin en 1858. On y apprend aussi qu'il a rédigé un Jardin des racines latines (1860). Aucune date ne se trouve à l'intérieur de mon édition mais je suis convaincu qu'il s'agit là d'un tirage d'avant 1900. L'exemplaire est plutôt défraichie, mais pour 12$, je ne trouve absolument rien à redire. Même que sur Abebooks, un revendeur demande 60 euros pour ce qui semble être le même livre.

Écoutons Larousse, dans sa préface :

Les élèves auxquels s'adresse cet ouvrage, se trouvent introduits en quelque sorte dans l'arsenal où se forgent tous les termes nouveaux tirés de la langue grecque ; ils en saisiront le mécanisme, la raison, et ne seront plus réduits à accepter sur parole des définitions qui, ne reposant pour eux sur aucun fondement, ne laisseraient pas de trace durable dans leur esprit.
(p. VII)
L'idée capitale qui domine tout notre système lexicologique d'enseignement, c'est de plaire en instruisant. [...] Espérons que les élèves verront arriver avec plaisir l'heure de la leçon des Racines grecques. Pour ce qui regarde l'enseignement, nous avons toujours admiré cette parole d'un ancien, auquel on demandait comment il fallait instruire les enfants : « Faire en sorte, répondit-il, que les choses bonnes et utiles leur plaisent. »
(p. IX)
Aujourd'hui, on ne voyage plus, on arrive ; ceux qui marchent sont écrasés ; la vapeur a réduit l'espace, l'électricité l'a supprimé, et cette frénésie, ce steeple-chase général a pénétré jusque dans le domaine de la vie intellectuelle : à vingt ans, on est déjà lancé dans le tourbillon, à la poursuite des honneurs ou de la fortune. Ce livre répond donc à un besoin du siècle, de ce siècle de positivisme où l'on est tourmenté des ambitions de l'homme mûr sans avoir savouré l'insouciance de l'enfant,
Où l'on est bientôt vieux sans avoir été jeune.
(p. X)
Au hasard, ne connaissant absolument pas cet auteur, j'ai aussi fait l'acquisition de trois pièces de théâtre de René de Obaldia : Genousie, Le Satyre de la Villette et Le Général inconnu. À la maison, j'ai ouvert mon Larousse des littératures pour apprendre que Obaldia est un écrivain français né en 1918 et « ses pièces, drôles et grinçantes revendiquent l'irresponsabilité et l'illogisme. » Encore une fois, Wikipédia vous en apprendra un peu plus.

Je termine avec deux défis. 1. Dans le deuxième extrait de Larousse, il mentionne un ancien. De qui s'agit-il ? 2. Quel est l'auteur de la citation « Où l'on est bientôt vieux sans avoir été jeune. » et de quelle oeuvre est-elle tirée ?

lundi 28 novembre 2005

Les 100 du XXe siècle

L'idéal quand on lit, c'est de tout oublier. Savoir que dans un livre se trouve un ton, qu'on va être étonné, émerveillé, ému à coup sûr, qu'on va sourire, qu'on va connaître un plaisir sans retenue. Le savoir pendant des années, se retenir d'aller vérifier, puis un jour risquer un oeil, pour voir. Et ne pas être déçu. La grande joie qui nous emplit, que n'a certes pas connue l'auteur du livre.
Gilles Archambault, Les plaisirs de la mélancolie, p.102, Éd. Boréal, 1994


Suite à un concours ou près de 6000 personnes ont participé, le journal Le Monde a publié le 15 octobre 1999 un classement des 100 meilleurs livres du XXe siècle. Je n'ai pas les détails du concours, mais je pense que les gens devaient choisir parmi une présélection de 200 livres.

À l'approche de Noël, cela peut être un bon départ si vous désirez offrir un peu de littérature. La plupart de ces titres sont disponibles chez tous les bons bouquinistes. Donc, pour une cinquantaine de dollars, vous pouvez sans doute obtenir cinq ou six livres en bonne condition.
AuteurTitre
1Albert CamusL'Étranger
2Marcel ProustÀ la recherche du Temps perdu
3Franz KafkaLe Procès
4Antoine de St-ExupéryLe Petit Prince
5André MalrauxLa Condition humaine
6Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit
7John SteinbeckLes Raisins de la colère
8Ernest HemingwayPour qui sonne le glas
9Alain-FournierLe Grand Maulnes
10Boris VianL'Écume des jours
11Simone de BeauvoirLe Deuxième Sexe
12Samuel BeckettEn attendant Godot
13Jean-Paul SartreL'Être et le Néant
14Umberto EcoLe Nom de la Rose
15A. SoljenitsyneL'Archipel du Goulag
16Jacques PrévertParoles
17Guillaume ApollinaireAlcools
18HergéLe Lotus bleu (Tintin)
19Anne FrankJournal
20Claude Lévy-StraussTristes tropiques
21Aldous HuxleyLe Meilleur des mondes
22George Orwell1984
23Goscinny & UderzoAstérix
24Eugène IonescoLa Cantatrice chauve
25Sigmund FreudTrois essais sur la théorie de la sexualité
26Marguerite YourcenarL'Œuvre au noir
27Vladimir NabokovLolita
28James JoyceUlysse
29Dino BuzzatiLe Désert des Tartares
30André GideLes Faux-Monnayeurs
31Jean GionoLe Hussard sur le toit
32Albert CohenBelle du Seigneur
33Gabriel García MárquezCent ans de solitude
34William FaulknerLe Bruit et la fureur
35François MauriacThérèse Desqueyroux
36Raymond QuenauZazie dans le métro
37Stefan ZweigLa Confusion des sentiments
38Margaret MitchellAutant en emporte le vent
39David H. LawrenceL'Amant de Lady Chatterley
40Thomas MannLa Montagne magique
41Françoise SaganBonjour tristesse
42VercorsLe Silence de la mer
43Georges PerecLa Vie, mode d'emploi
44Sir Arthur Conan DoyleLe Chien des Baskerville
45Georges BernanosSous le soleil de Satan
46F. S. FitzgeraldGatsby le magnifique
47Milan KunderaLa Plaisanterie
48Alberto MoraviaLe Mépris
49Agatha ChristieLe Meurtre de Roger Ackroyd
50André BretonNadja
51Louis AragonAurélien
52Paul ClaudelLe Soulier de Satin
53Luigi PirandelloSix personnages en quête d'auteur
54Bertolt BrechtArturo Ui
55Michel TournierVendredi ou les limbes du Pacifique
56H. G. WellsLa Guerre des Mondes
57Primo LeviSi c'est un homme
58J. R. R. TolkienLe Seigneur des Anneaux
59ColetteSido, les vrilles de la vigne
60Paul ÉluardCapitale de la douleur
61Jack LondonMartin Eden
62Hugo PrattCorto Maltese: La Ballade de la mer salée
63Roland BarthesLe Degré zéro de l'écriture
64Heinrich BöllL'Honneur perdu de Katharina Blum
65Julien GracqLe Rivage des Syrtes
66Michel FoucaultLes Mots et les Choses
67Jack KerouakSur la route
68Selma LagerlöfLe Merveilleux Voyage de Nils Holgerson
69Virginia WoolfUne chambre à soi
70Ray BradburyChroniques martiennes
71Marguerite DurasLe Ravissement de Lol V. Stein
72J.-M. G. Le ClézioLe Procès-Verbal
73Nathalie SarrauteTropismes
74Jules RenardJournal
75Joseph ConradLord Jim
76Jacques LacanÉcrits
77Antonin ArtaudLe Théâtre et son double
78John Dos PassosManhattan Transfer
79Jorge Luis BorgesFictions
80Blaise CendrarsMoravagine
81Ismaël KadaréLe Général de l'armée morte
82William StyronLe Choix de Sophie
83Federico García LorcaRomancero gitano
84Georges SimenonPietr le Letton
85Jean GenetNotre-Dame-des-Fleurs
86Robert MusilL'Homme sans qualités
87René CharFureur et mystère
88J. D. SalingerL'Attrape-Coeurs
89James Hadley ChasePas d'orchidées pour miss Blandish
90Edgar-Pierre JacobsBlake et Mortimer
91Rainer-Maria RilkeLes Cahiers de Malte Laurids Brigge
92Michel ButorLa Modification
93Hannah ArendtLes Origines du totalitarisme
94Mikhaïl BoulgakovLe Maître et Marguerite
95Henry MillerLa Crucifixion en rose
96Raymond ChandlerLe Grand Sommeil
97Saint-John PerseAmers
98André FranquinGaston
99Malcom LowryAu-dessous du volcan
100Salman RushdieLes Enfants de minuit


Liane : Les 100 meilleures oeuvres littéraires

mercredi 12 octobre 2005

Blog-Rey

Dans cette vidéo, Alain Rey nous dévoile l'origine du mot «blog». Vous n'y apprendrez pas grand-chose, mais comme M. Rey mentionne une fois les Québécois....

Obtenu via affordance.info

dimanche 24 juillet 2005

Paul Carvel

Astrologie, ou quand les étoiles éclairent des illuminés qui éblouissent des lunatiques.
(Jets d'encre - 299 , Éd. Laetoli, 2000)

Le livre t'inspire, la télévision t'aspire.
(Mots de tête - 621, Éd. Laetoli, 2002)

Polytique : nouvelle orthographe pour un sens plus contemporain : plein de parasites.
(Sel d'esprit - 772, Laetoli, 2005)


Paul Carvel est Belge et est auteur d'aphorismes. Jusqu'à présent, il en a composé 1000 et on les trouve dans ses trois petits recueils publiés aux Éditions Laetoli : Jets d'encre, petit délire de fin de siècle (2000), Mots de tête, trithérapie ludique contre l'hibernation cérébrale (2002) et son petit dernier Sel d'esprit, poil à gratter pour méninges hébétées (2005).

Évidemment, vous trouverez une jolie sélection des petits joyaux de Paul sur mon site. L'auteur me fait l'immense plaisir de m'envoyer gracieusement une édition de ses livres car, à ma connaissance, ils ne sont pas encore distribués au Canada. Rendez-vous ici pour plus de détails.


Cul-de-lampe numérisé de la revue L'Abeille, mai 1927.

dimanche 3 avril 2005

100 meilleures œuvres littéraires

« Classic. » A book which people praise and don't read.
Mark Twain


Vous ne savez pas quoi lire? Rendez-vous pour une explication sur l'établissement d'un palmarès des 100 meilleures œuvres littéraires jamais écrites. J'en ai lu plusieurs de cette liste et j'avoue qu'aucun ne n'a déçu. Je suis particulièrement content de voir le Saramago sélectionné : L'aveuglement m'avait vraiment bouleversé.
Pourquoi ne pas prendre l'habitude d'acheter au moins un des livres listés lors de chacune de vos visites chez le libraire ? Vous pourrez d'ailleurs dénicher facilement la plupart de ces livres, à des prix intéressants, chez tous les bons bouquinistes.
À cinq œuvres par années, vingt ans à tout lire... Vaut mieux commencer immédiatement !
Œuvre Auteur Pays
Le Monde s'effondre Chinua Achebe Nigeria
Les Contes d'Andersen Andersen Danemark
Orgueil et préjugés Jane Austen Angleterre
Le Père Goriot Honoré de Balzac France
Molloy, Malone meurt, L'Innombale Trilogie de Samuel Beckett Irlande
Le Decameron Jean Boccace Italie
Fictions Jorge Luis Borges Argentine
Les Hauts de Hurle-Vent Emily Bronte Angleterre
L'Étranger Albert Camus France
Les poèmes de Paul Celan Paul Celan Roumanie
Voyage au bout de la nuit Louis-Ferdinand Céline France
Don Quichotte Miguel de Cervantes Espagne
Les Contes de Cantorbéry Goeffrey Chaucer Angleterre
Nostromo Joseph Conrad Angleterre
La Divine Comédie Dante Alighieri Italie
De grandes espérances Charles Dickens Angleterre
Jacques le fataliste Denis Diderot France
Berlin Alexanderplatz Alfred Doblin Allemagne
Crime et Châtiment Fedor M. Dostoïevski Russie
L'Idiot Fedor M. Dostoïevski Russie
Les Démons Fedor M. Dostoïevski Russie
Les Frères Karamazov Fedor M. Dostoïevski Russie
Middlemarch George Eliot Angleterre
Homme invisible, pour qui chantes-tu? Ralph Ellison États-Unis
Médée Euripide Grèce
Absalon!, Absalon! William Faulkner États-Unis
Le Bruit et la Fureur William Faulkner États-Unis
Madame Bovary Gustave Flaubert France
Une éducation sentimentale Gustave Flaubert France
Romancero Gitan Federico Garcia Lorca Espagne
Cent ans de solitude et
L'Amour au temps du choléra
Gabriel Garcia Marquez Colombie
Faust, une tragédie Johann Wolfgang von Goethe Allemagne
Âmes mortes Nikolai Gogol Russie
Le Tambour Guenter Grass Allemagne
The Devil to Pay in the Backlands Joao Guimaraes Rosa Brésil
La Faim Knut Hamsun Norvège
Le Vieil Homme et la Mer Ernest Hemingway États-Unis
L'Iiade et l'Odyssée Homère Grèce
Maison de poupée Henrik Ibsen Norvège
Le Livre de Job   Israël
Ulysse James Joyce Irlande
Le Procès et Le Château Franz Kafka Rép. tchèque
L'Anneau de Sakuntala Kalisada Inde
Le Grondement de la montagne Yasunari Kawabata Japon
La Storia Elsa Morante Italie
Zorba le Grec Nikos Kazantzakis Grèce
Amants et fils DH Lawrence Angleterre
Le Livre du peuple Halldor K. Laxness Islande
Les poèmes de Leopardi Giacomo Leopardi Italie
Le Carnet d'or Doris Lessing Angleterre
Fifi Brindacier Astrid Lindgren Suède
Diary of a Madman et Other Stories Lu Xun Chine
Children of Gebelawi Mahfouz Égypte
Mahabharata   Inde
Les Buddenbrook Thomas Mann Allemagne
La Montagne magique Thomas Mann Allemagne
Moby Dick Herman Melville États-Unis
Essais Montaigne France
Beloved Toni Morrison États-Unis
The Tale of Genji Genji Shikibu Murasaki Japon
L'Homme sans qualités Robert Musil Autriche
Lolita Vladimir Nabokov Russie/
États-Unis
Njaals Saga   Islande
1984 George Orwell Angleterre
Le Livre de l'intranquillité Fernando Pessoa Portugal
Les Contes d'A.E Poe Edgar Allan Poe États-Unis
À la recherche du temps perdu Marcel Proust France
Gargantua et Pantagruel François Rabelais France
Pedro Paramo Juan Rulfo Mexique
Les Métamorphoses Ovide Italie
Mathnawi Jalal ad-din Rumi Iran
Enfants de minuit Salman Rushdie Inde/Angleterre
The Orchard Sheikh Musharrif ud-din Sadi Iran
Season of Migration to the North Tayeb Salih Soudan
L'Aveuglement Jose Saramago Portugal
Hamlet William Shakespeare Angleterre
Le Roi Lear William Shakespeare Angleterre
Othello William Shakespeare Angleterre
Oedipe Roi Sophocle Grèce
Le Rouge et le Noir Stendhal France
Vie et Opinions de Tristam Shandy Laurence Sterne Irlande
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mardi 14 septembre 2004

Bof, les maths...

Mon intervention dans le blogue de Monsieur Guité.

Bonjour,
Je pense que ce n'est pas au deuxième cycle du secondaire qu'il faut supprimer les maths mais bien au premier.

Lieux communs :
C'est en forgeant qu'on devient forgeron.
C'est en faisant des maths qu'on devient mathématicien

Subtilité :
Mais le programme ne demande pas de former des mathématiciens, il demande de développer des compétences à résoudre des problèmes mathématiques.

Paradoxe :
Or si c'est en forgeant que l'on développe des compétences à résoudre des problèmes de forgerons, ce n'est pas en résolvant des problèmes de mathématiciens qu'on développe la compétence à résoudre des problèmes de nature mathématique.

Je crois que c'est une erreur de supposer que par l'étude de concepts généraux, les élèves pourront transposer dans des situations particulières. Pour généraliser des concepts, il faut d'abord en avoir, c'est-à-dire qu'il faut avoir vu plusieurs cas particuliers pour en dégager un principe général utile.

Mais l'école l'exige : les élèves doivent développer des compétences en résolution de problèmes, doivent être capables de jouer avec des concepts abstraits et de communiquer dans un langage mathématique rigoureux. Là où je ne suis plus d'accord, c'est pour dire que la mathématique est l'outil qui convient pour développer ça. Dans l'enseignement des mathématiques, l'élève est pris avec des concepts beaucoup trop abstraits, loin de lui, pour être en mesure de se concentrer sur le raisonnement, la logique et la représentation d'une idée.

C'est dans cet esprit que je propose de remplacer l'enseignement des maths par l'enseignement de la programmation d'applications informatiques car elle permet de se concentrer sur des concepts beaucoup plus contextualisés.

Il ne faut pas oublier qu'on ne peut parler à une machine que dans un langage RIGOUREUX et LOGIQUE. La machine répond immédiatement lorsqu'on lui parle "tout croche" : "Erreur de syntaxe à la ligne 24", "Vous tentez d'additionner deux nombres de types différents", "la fonction XYZ n'existe pas", etc.

L'intérêt principal, pédagogiquement parlant, d'enseigner la programmation plutôt que les maths est le suivant : les concepts qui sont GÉNÉRALISÉS en mathématiques sont CONTEXTUALISÉS en programmation (comme dans la vie d'ailleurs).

Plusieurs exemples me viennent en tête pour expliquer mon point de vue. En voici un :
Prenons le cas des nombres. En programmation (dans les langages fortement typés), on ne peut additionner des entiers avec des réels. La machine nous arrête si on veut faire une telle opération. Regardez maintenant cette petite opération, que plusieurs élèves sauraient répondre facilement et immédiatement :

-10 + 8.


Je suis absolument convaincu que l'ensemble des élèves (et des adultes!) ne comprennent absolument pas le sens de cette question. En effet, un esprit rigoureux NE PEUT y répondre sans d'abord s'en poser plusieurs au préalable. Par exemple, que représente -10? Est-ce un nombre entier ? un nombre rationnel ? Un nombre réel? Même question pour 8. Et l'addition, dans quel contexte se passe-t-elle? Même si plusieurs jugeraient que je coupe les cheveux en quatre ici, c'est n'est absolument pas le cas : j'essaie juste d'être rigoureux. Lorsque je vois -10 +8, je vois des oranges et des pommes. Or, on ne peut additionner des oranges et des pommes, n'est-ce pas? Autrement dit, il faut absolument connaître le contexte dans lequel on doit opérer. À mon avis, si les enfants (et les adultes) éprouvent de la difficulté en mathématique scolaire, c'est tout simplement parce qu'ils ne voient pas les contextes, que ces derniers varient d'un problème à l'autre sans qu'on les en informe. En informatique, les contextes sont habituellement très clairs.

En programmation, on DOIT répondre à toutes les questions de contextualisation posées ci-dessus à propos de -10 + 8 AVANT de pouvoir procéder. Cela est rigueur.

En pseudo-code, cela donne :

VAR A ENTIER
VAR B REEL
A = 10
B = 8


Et si on demande A + B, le système nous sortira une belle erreur du genre : "Vous essayez d'additionner des nombres de types différents". La machine EST rigoureuse, beaucoup plus que plusieurs de nos livres de maths...
Et puis, l'élève qui voudra tout de même procéder à l'addition de ces deux nombres devra "importer" l'entier dans l'univers des réels AVANT de pouvoir additionner.

En informatique, le nombre est une entité concrète. Or, il faut bien comprendre la nature d'un nombre avant d'en généraliser l'idée.

Prenez le cas 20/50 + 40/50. Qu'est-ce que cela signifie ? À mon avis, cela dépend du contexte. Imaginez que ce sont deux examens de maths... on a donc 60 sur 100. Pourtant, dans un contexte très "scolaire", il est mathématiquement clair (en tout cas pour le prof) que la réponse est 60/50. L'élève aura un haussement d'épaule en se disant qu'en maths, tout peut arriver.... Vous me direz qu'en maths, 20/50, ça veut dire "vingt cinquantièmes". Pourtant, cela peut aussi dire 20 DIVISÉ par 50. Et cette division, en est-elle une de contenance ou de partage (combien peut-on faire de paquets de 20 pommes à partir d'un paquet de 50 pommes; on désire partager 20 pommes entre 50 personnes) ? Et si on conçoit cela comme "on a eu 20 points sur 50", alors peut-être comprendrez-vous que l'ÉCRITURE 20/50 peut vouloir dire N'IMPORTE QUOI hors contexte. Donc, une opération aussi simple que 1/2 + 1/3 n'est simple que pour celui qui en connaît le contexte; l'opération demeure sans aucune signification pour les autres. On doit avoir vu 1/2 dans plusieurs contextes avant d'en extraire l'idée pure de 1/2. Ce n'est qu'en voyant ces différents contextes qu'on pourra alors PENSER à généraliser une écriture dont le mathématicien découvrira plein de propriétés. Actuellement, on enseigne abstraitement les fractions en supposant que les élèves transposeront dans des cas particuliers... Or le transfert ne ce fait pas nécessairement ni naturellement. En fait, je pense que ce transfert ne se fait pas du tout. Si on enseignait la programmation plutôt que les math, les fractions seraient nécessairement utilisées dans des contextes particuliers.

Prenons maintenant une autre notion très concrète en informatique : les variables. Lorsque que vous entrez votre code utilisateur ou votre mot de passe dans l'ordinateur, ce texte est tout simplement traité par le programme comme une variable car on ne sait pas ce que l'utilisateur entrera.
Lorsque vous entrez votre score dans un jeu, ce score est en fait traité comme une variable par l'ordinateur.
Lorsque vous faites une requête sur une base de donnée, cette requête traite un ou plusieurs champs de la table comme des variables. Mon avis est qu'il faut qu'un élève puisse voir plusieurs situations concrètes qui "appellent" des variables pour comprendre le concept général de variables, concept qui, lui, est étudié par les mathémaciens. On procède actuellement à l'envers : on pense qu'en étudiant le concept général de variable, l'élève pourra faire des transferts dans sa vie quotidienne. C'est mettre la charrue devant les boeufs.

Prenons un autre exemple : le plan cartésien. Qu'est-ce qu'un écran d'ordinateur, sinon un "genre" de plan cartésien ? Le problème de faire bouger un point sur l'écran (comme dans le fameux jeu PONG) est un problème très intéressant. C'est un problème concret de fonction linéaire. Pour faire déplacer un point sur l'écran, l'élève en fait représentera concrètement une fonction linéaire. En résolvant plusieurs problèmes de ce type, la notion de fonction linéaire émergera et sera signifiante pour l'élève.

La plupart des langages de programmation possèdent aussi des notions de fonctions ou de procédures. Quant un élève aura VÉCU de vraies situations impliquant des fonctions, il pourra sans probleme, et seulement s'il en éprouve le besoin, étudier les fonctions EN GÉNÉRAL.

Voici en pseudo-code, un petit programme.

function bonjour(X)
{
imprime "Bonjour X, j'espere que tu vas bien !"
}

EXÉCUTION
bonjour(Paul)
SautDeLigne
bonjour(Gilles)
SautDeLigne
imprime "BIenvenue à vous deux!"


Je suis convaincu que vous comprenez ce programme. Pas besoin de fonctions trigonométriques, du second degré, etc.... On a du concret devant les yeux.

Aujourd'hui, avec la programmation HTML, le XML, le Javascript, le PHP, le MySql, on a tout pour inciter le développement du raisonnement rigoureux à partir de problèmes très concrets.
Ex.

J'ai une collection de cartes de hockey. J'aimerais pouvoir les trier et faire des sous-collections à partir des données sur les cartes (MySql)
Je joue à Dongeons et dragons et j'aimerais pouvoir créer mes personnages avec un outil informatique (php,mysql)
J'ai à étudier plein de mots en anglais, mais j'arrive pas à les retenir. (Javascript)
J'aimerais faire une page web sur mes intérêts (Html)

La résolution de ces "problèmes" forcera nécessairement un élève à programmer, donc à exprimer sa pensée logiquement et rigoureusement. Et l'élève en sortira avec un produit utile, tout au moins pour lui.

Les mathématiques viennent après des expériences sur les nombres, sur les variables, sur divers plans, sur les fonctions, etc.

Quels sont les l'arguments en faveur de l'enseignement des maths ? D'abord, on entend le "développement de la logique" puis, l'esprit de "rigueur" et souvent, cette sempiternelle "T'en auras besoin dans la vie, TOUT est mathématique." Pour moi, tout cela est de la foutaise.
Comment donc l'apprentissage de l'extraction d'une racine carrée vous a-t-elle aidé à devenir plus logique? En quoi, la factorisation des nombres vous a-t-elle été utile? Et la résolution d'équation du second degré ? Et l'addition de fractions ? Et la notion de nombres négatifs ?
À mon avis, l'enseignement de notions purement mathématiques est inutile et inefficace pour le développement d'un esprit mathématico-logique et rigoureux. La programmation, par contre, remplie très bien cette fonction.

Qu'on ne s'y méprenne pas : j'adore les mathématiques mais je crois sincèrement que l'enseignement de la mathématique au secondaire est obsolète.