Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 22 décembre 2004

Citation quotidienne

J'ai lu avec grand plaisir le petit dernier de Pennac, Merci, publié chez Gallimard/nrf. J'en retiens quelques citations dont celle-ci :
« C'est vrai, il faut attendre de dépiauter les cadeaux de Noël pour mesurer à quel point nos plus proches nous ont perdu de vue ! À l'heure du choix, dans les magasins, nous ne leur rappelons personne. Pas la moindre idée de nos goûts, aucun soupçon de nos envies, ni le plus petit souci de nos besoins réels... Ce n'est même pas comme si nous étions quelqu'un d'autre, c'est comme si nous étions n'importe quel autre. » (p.86)
Heureusement, je n'ai pas du tout l'impression d'être un inconnu pour ma famille très immédiate. Cette année, j'ai particulièrement hâte à la Noël car ce sera la première fois en 30 ans que je fêterai chez nous, entouré des seuls miens : Marie, mes trois filles et les conjoints respectifs, et mon superbe petit-fils.

jeudi 16 décembre 2004

C'est peu de chose, dis-tu...

Je suis de plus en plus content de mon site Épigraphe. Je m'aperçois que les épigraphes d'un livre peuvent vraiment donner le goût de le lire. C'est ainsi que suite à une contribution de Patrick Druart, j'ai effectué une petite recherche sur le livre La Résistance et ses poètes de Pierre Seghers et je suis tombé sur cette page. On y trouve :
[...] Jean Paulhan, autre figure centrale de la lutte intellectuelle. En quelques pages magnifiques, il résume l’enjeu de la Résistance, dérisoire et indispensable. À ceux qui affirment que beaucoup sont morts pour peu de chose – « un renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça » – il répond: « Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
En quelques mots, Paulhan décrit toute la misère, mais aussi toute la grandeur de cette vie. Je vais acheter ce livre...

samedi 27 novembre 2004

Diophante

[...] la plus belle de toutes les sciences, celle du nombre [...]
Eschyle, Prométhée enchaîné.

Dimanche dernier, j'ai fait une petite recherche sur Abebooks sur les six livres arithmétiques de Diophante. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'un bouquiniste d'Ottawa en possédait une copie. J'ai immédiatement posé ma commande. Le mercredi suivant, ô surprise! je répondais à un appel téléphonique où le bouquiniste en question me proposait de me livrer le livre en main propre! J'ai donc eu le grand plaisir de rencontrer M. Gaétan Jeanrond avec qui j'ai échangé près de 45 minutes.

J'ai toujours eu un faible pour Diophante d'Alexandrie, dont on ne sait à peu près rien. Et puis, si j'ai étudié les mathématiques, c'est bien à cause de ce livre. Au milieu des années 60, j'étais en 6e année et un bon vendredi après-midi, pour nous détendre, l'enseignant a mis au tableau l'équation suivante :
xn + yn = zn
Il nous a alors expliqué que personne, absolument personne n'avait trouvé une solution rationnelle à cette équation pour n>2. Et que si on en trouvait une, on pourrait faire plein d'argent car on offrait une rondelette somme pour une solution à cette équation. Il nous a expliqué que cette équation provenait d'une note posée en marge d'un livre d'arithmétique (précisément celui de Diophante) par Pierre de Fermat. Le texte de Fermat est le suivant :

Décomposer un cube en deux autres cubes, une quatrième puissance, et généralement une puissance quelconque en deux puissances de même nom au dessus de la seconde puissance, est une chose impossible, et j'en ai assurément trouvé l'admirable démonstration. La marge trop exiguë ne la contiendrait pas.

Fermat commentait le problème VIII et IX du deuxième livre  : « Diviser un carré donné en deux autres carrés. » (Précis des Oeuvres Mathématiques de Fermat, éd. Gabay). Dans l'édition ci-dessus de Paul ver Eecke, le problème est plutôt traduit ainsi : « Partager un carré proposé en deux carrés. »

Je me rappelle toute la fascination qu'exerçait sur moi cette équation. Il suffisait de trouver une combinaison qui marche, une combinaison de quatre nombres, une combinaison cherchée depuis des siècles. Grâce à cet enseignant, j'ai su que les nombres recelaient un mystère grandiose. Mystère qui ne demandait qu'à être percé. Dans les semaines suivantes, j'ai passé des heures et des heures à tenter de trouver une solution par essai-erreur. C'était devenu un passe-temps.

Si je pouvais retourner dans le temps et visiter un personnage auquel j'aimerais poser une question, c'est vers Pierre de Fermat que je me dirigerais. Je lui demanderais de me jeter sur un grand bout de papier cette preuve magnifique qui ne pouvait tenir dans la marge de son Diophante.

mercredi 17 novembre 2004

Gödel

La collection « Les génies de la science » (Pour la Science) est très bien faite. Il vient tout juste de paraître un numéro sur Gödel. Je l'ai rapidement feuilleté et je suis tombé sur l'article dans lequel on apprend que Gödel, au cours des années 40-50 a développé un modèle cosmologique original.

Un extrait :

En étudiant les équations de la relativité d'Einstein, Gödel a remarqué que parmi les solutions de ces équations, certaines étaient des modèles d'espace-temps dont les lignes d'univers étaient fermées. [...] Que signifie une ligne d'univers fermée dans l'espace-temps ? Une telle ligne est une trajectoire où l'on revient au point initial (d'espace-temps), c'est-à-dire non seulement aux coordonnées spatiales initiales, mais à la coordonnées temporelle initiale : un personne empruntant une telle trajectoire remonterait le temps simplement en la suivant... « Si nous voyageons à bord d'un vaisseau spatial suivant une courbe suffisamment grande, explique Gödel, il est possible, dans ces univers, de se rendre dans n'importe quelle région du passé, du présent ou du futur et d'en revenir, exactement comme il est possible dans d'autres univers de se rendre dans des parties éloignées de l'espace.» (pages 81-82)

En lisant cela, ça me désole de ne pouvoir être là dans 200 ans. Il me semble que toutes ces idées risquent de trouver une niche technologique intéressante dans le futur. D'un autre côté, il faut garder espoir : peut-être que mon petit-petit-petit-fils viendra me visiter un jour ou l'autre !

vendredi 8 octobre 2004

Elfriede Jelinek

Je possède quelques livres de l'autrichienne Jelinek, prix Nobel de littérature 2004 : La Pianiste, Lust et Totenauberg. Je n'ai encore lu aucun de ces livres mais je vais sans doute m'y mettre d'ici peu.

C'est le site web de Jean-Pascal avec sa jubilatoire chronique sur les livres qui m'a incité à jeter un petit coup d'oeil du côté de cette auteur. À propos de Lust, Jean-Pascal commente : « Livre sur la luxure, animé par une haine absolue des hommes. Impossible de lire plus d'une page à la fois : ce qui s'y passe est épouvantable, et écrit dans un style coupant et heurté. Stupéfiant. »

À la rubrique consacrée aux citations, il dit encore : « Lust est certainement le plus épouvantable livre que j'ai jamais lu, c'est à vous rendre malade, pire que les imprécations de Bernhard. C'est certainement complètement raté, mais fascinant comme une araignée peut l'être... »

vendredi 1 octobre 2004

Kobon Fujimura

Cela faisait très longtemps que je n'avais acheté un livre de puzzles mathématiques. Je dois bien en avoir une bonne cinquantaine dans ma bibliothèque car tous ces casse-tête me fascinent. Et cela faisait aussi un petit bout de temps que je n'avais acheté un livre en anglais (j'exclus mes livres de programmation, évidemment). Plusieurs connaissent déjà ma bibliopathie et encore une fois, lors de ma visite chez un bouquiniste d'Ottawa, je n'ai pu me contrôler : trois achats parmi lesquels ce livre de Kobon Fujimura publié en 1978. L'introduction du bouquin est de Martin Gardner, un autre dont j'ai presque tous les livres. Martin Gardner a tenu pendant de nombreuses années une extraordinaire chronique sur les mathématiques dans le Scientific Americain. Je me suis même abonné à la célèbre revue pour avoir le plaisir de lire ses écrits.

Fujimura est né en 1903, mais j'ignore s'il est toujours vivant : le web est bien silencieux à ce propos. Il y a un triangle qui porte son nom et une recherche dans google vous en apprendra un peu plus.
Le livre contient 90 puzzles dont certains sont aujourd'hui très connus. Pour votre bon plaisir, voici le casse-tête n°60.

Les segments AO et BO sont congrus (traduction : de la même longueur.) Ils se rencontrent à angle droit. Posez le point C à un endroit quelconque de l'arc. Puis, dessinez le rectangle CDOE.
Joignez ensuite les points D et E formant ainsi une diagonale du rectangle.

Question : La mesure du segment DE est-elle plus grande, plus petite ou égale à la mesure du segment AO ? Prouvez votre réponse !

Fujimura prend soin d'ajouter que même si c'est difficile à croire, il n'est pas nécessaire de connaître les mesures des segments de cette figure pour répondre à la question.

Si vous avez le bon « ah-ah », la preuve ne demande pas plus de 2 secondes ! Que voulez-vous, j'ai toujours mon bon vieux réflexe de prof de maths : « Ben voyons ! C'est tellement évident... »

Pour les plus... littéraires... cette citation tirée du Journal de Jules Renard :
« Je cite l'exemple de Pascal qui combattait ses maux de tête avec des problèmes de géométrie.
- Moi, dit Tristan Bernard, je combattais la géométrie en feignant d'avoir des maux de tête. »

lundi 27 septembre 2004

Ethologie

Coeur oblige, presque tous les matins, je fais 40 minutes de bicyclette stationnaire. J'en profite pour lire un peu, généralement entre 20-25 pages. En ce moment, je suis dans L'Ensorcellement du monde de Boris Cyrulnik. Ce matin, ce petit passage a attiré mon attention :

« Il ne faut pas négliger cette intelligence du corps, les hommes s'en servent chaque jour. Lorsqu'un enfant apprend à rouler à vélo, il n'a pas besoin d'un seul mot d'explication. Son corps éprouve dans les muscles du dos, dans les mollets, les bras et son système labyrinthique les lois de l'attraction terrestre, de la cinétique et même de la chute des corps ! Un mathématicien qui voudrait lui apprendre à rouler à vélo grâce à ses formules l'empêcherait d'apprendre. De plus, le matheux ne pourrait même pas formuler les lois du virage de la bicyclette qui sont incalculables. Et pourtant, elle tourne ! »

Je me compte chanceux : sur ma bicyclette stationnaire, pas de grands calculs à effectuer et j'arrive à faire tourner un peu plus vite ma pompe intérieure. Et tout ça, alors que de grands esprits comme Cyrulnik m'accompagnent.

samedi 25 septembre 2004

L'ironie

En faisant une recherche sur L'Ironie, de Jankélévitch, livre dont j'entame tout juste la lecture, je suis tombé sur un excellent texte de Yann Yochum :

« L'ironiste dit autre chose que ce qu'il pense, mais, à la différence du menteur et de l'hypocrite, il fait comprendre autre chose que ce qu'il dit. L'ironie est donc une feinte. Elle reprend la lettre de l'ironisé mais en subvertissant l'esprit. L'ironie abrège et morcelle, elle brise la continuité du discours et instaure le dialogue et la dialectique. Elle s'arrête en route, par ascétisme, afin d'éviter de verser dans les complaisances du pathos. Ainsi, la simulation ironique devient décelable : l'ironie adopte le discours d'autrui mais elle est reconnaissable à ceci qu'elle le contracte et le morcelle. La conscience obscure à elle-même est le sujet de l'ironie. L'ironiste ne se contente pas d'être un bel esprit : il se moque non seulement des idées, ce qui est aisé, mais encore de ses propres instincts, ce qui présente plus de difficultés. Son intention est morale, il s'agit par ce détour de faire apparaître à l'ironisé ses propres erreurs et ses propres scandales afin qu'il en prenne lui-même conscience. L'ironie peut donc être logique et relever les contradictions du discours. Elle peut aussi être éthique et surenchérir sur un scandale de sorte que celui-ci devienne intenable. L'ironie est par conséquent un art, non de vaincre, mais de persuader. En ce sens l'ironie contourne l'obstacle : elle ne combat pas son sujet de front mais le montre à lui-même tel qu'il est afin qu'il s'amende. »

mercredi 11 août 2004

Le vol des cigognes

J'ai lu ce polar de Jean-Christophe Grangé suite à un commentaire enthousiaste de ma nièce Sabine. C'est écrit sous forme de best-sellers c'est-à-dire qu'à la fin de chaque chapitre, on n'a quasi pas le choix de poursuivre sa lecture. Ce qui me dérange le plus dans ce livre, c'est peut-être le peu de vraisemblance. Deux exemples : Louis, le héros du livre, à son premier assassinat, ne réagit presque pas. Or, c'est un type très rangé qui a passé sa vie à l'école  : il en sort tout juste, à 32 ans, avec un doctorat en histoire... Ailleurs, Interpol lui permet de rencontrer Sarah en prison alors que l'organisme n'a absolument aucune raison logique de donner cette permission. Comme si un petit ornithologue amateur pouvait dicter ses exigences à Interpol ! L'histoire est certainement bien racontée quoiqu'assez prévisible. Lirais-je un second livre de cet auteur - j'ai en réserve Les rivières pourpres ? Certainement ! Le vol des cigognes est le premier livre de Grangé, et j'ai bien l'impression que l'auteur ne peut que s'améliorer. Ce fut une belle lecture d'été.

jeudi 5 août 2004

Encyclopédie des mots historiques

Au travers Abebooks, j'ai fait l'acquisition des deux tomes de cette encyclopédie (Historama, Paris 1970). Deux magnifiques volumes dans un état neuf.

Description du bouquiniste :

2 volumes en reliure éditeur au 1er plat décoré, pièce de titre et de tomaison, in 8, 19x13, lettrines, illustrations à pleine page et dans le texte, préface d'Albert Demazière, index alphabétique des auteurs et des citations, bel exemplaire sur alfa bouffant de luxe. 290+286 pages.

Pour moins de 20$ l'ensemble, j'ai l'impression d'avoir fait un très bel achat. L'encyclopédie est bourrée d'illustrations choisies parmi des gravures de livres anciens.
Sur chaque page (voir l'image), on trouve l'auteur (ou l'auteur présumé), l'année du « mot historique », le mot lui-même et une explication. Par exemple, en page 61 on a la citation : Tout est perdu, fors l'honneur.. Il est de François Ier, 25 février 1525. L'encyclopédie donne l'explication suvante :
On ne sait qui a éprouvé le besoin de réduire aux dimensions d'un télégramme le billet qu'adresse François Ier (1494-1547) à sa mère, la duchesse d'Angoulême, régente du royaume en son absence, le lendemain de la désastreuse bataille de Pavie (24 février 1525) à l'issue de laquelle il eut la douleur de voir son armée battue par les Impétiaux et lui-même fait prisonnier par Charles Quint.
Voici le texte de son billet :
« Madame, pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. »

Othon Guerlac, dont j'admire la rigueur, dans Les Citations françaises (Armand Colin, 1931), précise : « En réalité, c'est la forme abrégée d'une lettre plus longue publiée pour la première fois par Dulaure (Histoire de Paris, 1837, t.III, p. 209.) »

Voici ce qu'en dit le dictionnaire Les mots de l'histoire (Larousse, In extenso, 1998, pp. 532-3) : L'honneur d'un roi n'a-t-il jamais consisté à se faire battre à plate couture ? Mais le souverain fait ici allusion à l'héroïsme qu''il démontra réellement dans ce désastre. De fait, renversé de son cheval tué sous lui, se défendant à pied, quoique blessé, méconnaissable, le roi aurait été tué par les Espagnols, si quelques Français combattant dans les rangs des Impériaux ne l'avaient identifié et tiré de ce très mauvais pas... Le mot a été repris par Napoléon à son retour de Waterloo [...]. Plus loin, le dictionnaire reprend l'explication de Guerlac.

C'est toujours intéressant de comparer le traitement de différents dictionnaires pour un même thème.

mercredi 4 août 2004

Comment il ne faut pas écrire

Je suis en train de lire ce petit livre publié chez Plon en 1921. Je suis vraiment sous le charme après une soixantaine de pages - le livre en compte 286.

Pour donner un peu le ton de Monsieur Albalat, ce début du chapitre IX. Je ne suis pas rendu là dans ma lecture, mais comme ce chapitre porte le titre de L'abus des maximes et sentences, je n'ai pu m'empêcher d'y jeter un coup d'oeil.

« Jamais on n'a tant publié de recueils de pensées. On dresserait un interminable catalogue de ces sortes de livres, et il y en a d'excellents, Laténa, Louis Dépret, Alph. Séché, A. Ducros, Mme Calmon, Thiaudière, Georges d'Avenel, Cohin, Étienne Rey, sans compter les Pensées choisies de Balzac, Capus, Hervieu, Donnay, Marcel Prévost et même Napoléon. Ainsi se continue la tradition de La Rochefoucauld, La Bruyère, Rivarol, Chamfort, Duclos, Sénac, Joubert, etc. Ce genre de littérature a tout envahi. La suprême ambition des trois quarts de ceux qui tiennent un plume est de passer pour des moralistes. C'était autrefois un signe de maturité ; aujourd'hui, c'est par là que l'on débute. » (p.157)

Un autre exemple, page 38 :

« L'usage du passé défini a quelque chose de déplacé dans la prose de notre temps. Il n'y a plus que MM. les académiciens qui emploient encore cette façon de parler. Un discours sans passé défini ne leur semblerait plus un discours académique. Ces messieurs s'imaginent parler la langue du grand siècle quand ils disent  :

Vous fûtes élevé dans ce milieu exemplaire et familial, qui fut, comme vous le déclarâtes plus tard, le germe même et la raison de vos idées et de vos oeuvres. Vous grandîtes ainsi au milieu des conseils éclairés d'un entourage qui se passionnait pour la culture intellectuelle et scientifique, à laquelle vous rendîtes si souvent hommage. C'est alors que vous décidâtes de choisir cette carrière où de si beaux exemples vous avaient prédédé. »

Et un peu plus loin (p.39) : « Quand Moréas dit dans ses poésies : " Et les flûtes, vous les voulûtes ", c'est qu'il les voulait, en effet. »

Qui était Antoine Albalat ? Les dictionnaires sont à peu près silencieux. Et je pense que le web le serait quasi tout autant n'eût été ma lecture de son Art d'écrire (Armand Colin, réédition 1992) et des nombreuses citations que j'y ai trouvées. En quatrième de couverture de ce livre, on apprend qu'Albalat (1856-1935) était romancier et critique. Ses thèses et ses préceptes eurent longtemps beaucoup de détracteurs ; ils comptent désormais un très grand nombre d'adeptes.

Cela me laisse perplexe car il semble bien que ses livres hormis Le travail du style soient épuisés chez l'éditeur.

Heureusement, il y a abebooks.fr qui m'a permis de trouver, en plus du Comment il ne faut pas écrire, Comment on devient écrivain (1925, les pages n'étaient pas découpées) et La formation du style par l'assimilation des auteurs (1901, très beau livre en excellent état).

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