Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 28 décembre 2004

Deux lectures, deux impressions

Je viens de terminer deux petits livres.

Les Chevaliers du Subjonctif d'Erik Orsenna et Histoire d'une Mouette et du Chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda.

Comme j'avais bien apprécié La Grammaire est une chanson douce d'Orsenna, c'est avec beaucoup de joie que j'entrepris la lecture des Chevaliers. J'ai cependant été fort déçu. J'ai trouvé l'histoire mal ficelée et je ne sais pas du tout où voulait en venir l'auteur. Il y a cependant plusieurs jolies phrases qui se retrouveront sur Au fil de mes lectures au courant de la semaine.

Quant au Sepúlveda, chapeau ! Ce conte, car c'est véritablement un conte, est d'une construction impeccable. On tombe en amour avec les «personnages » (des chats, des mouettes, un poète...) mais surtout, on apprécie le message sur la différence : « Il est très facile d'accepter et d'aimer ceux qui nous ressemblent, mais quelqu'un de différent c'est très difficile, et tu nous as aidés à y arriver. » (p.88) Un excellent livre sur la communication, la coopération et l'importance de respecter ses engagements.

dimanche 26 décembre 2004

Bibliopathie

Sur ma liste des prochains achats : Ajouté, au courant de la journée :
  • Parce qu'ici, on en parle, La structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn. Je n'aurai sans doute pas besoin de le commander car il est en librairie au Renaud-Bray de Gatineau.

mercredi 22 décembre 2004

Citation quotidienne

J'ai lu avec grand plaisir le petit dernier de Pennac, Merci, publié chez Gallimard/nrf. J'en retiens quelques citations dont celle-ci :
« C'est vrai, il faut attendre de dépiauter les cadeaux de Noël pour mesurer à quel point nos plus proches nous ont perdu de vue ! À l'heure du choix, dans les magasins, nous ne leur rappelons personne. Pas la moindre idée de nos goûts, aucun soupçon de nos envies, ni le plus petit souci de nos besoins réels... Ce n'est même pas comme si nous étions quelqu'un d'autre, c'est comme si nous étions n'importe quel autre. » (p.86)
Heureusement, je n'ai pas du tout l'impression d'être un inconnu pour ma famille très immédiate. Cette année, j'ai particulièrement hâte à la Noël car ce sera la première fois en 30 ans que je fêterai chez nous, entouré des seuls miens : Marie, mes trois filles et les conjoints respectifs, et mon superbe petit-fils.

jeudi 16 décembre 2004

C'est peu de chose, dis-tu...

Je suis de plus en plus content de mon site Épigraphe. Je m'aperçois que les épigraphes d'un livre peuvent vraiment donner le goût de le lire. C'est ainsi que suite à une contribution de Patrick Druart, j'ai effectué une petite recherche sur le livre La Résistance et ses poètes de Pierre Seghers et je suis tombé sur cette page. On y trouve :
[...] Jean Paulhan, autre figure centrale de la lutte intellectuelle. En quelques pages magnifiques, il résume l’enjeu de la Résistance, dérisoire et indispensable. À ceux qui affirment que beaucoup sont morts pour peu de chose – « un renseignement (pas toujours très précis) ne valait pas ça » – il répond: « Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles. »
En quelques mots, Paulhan décrit toute la misère, mais aussi toute la grandeur de cette vie. Je vais acheter ce livre...