Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 11 septembre 2007

Rab(u)bin

« L'entente prévoit que l'ailier droit disputera 67 des 70 parties des Olympiques en saison régulière. Toutefois, Rubin ne serait pas disponible pendant deux soirées successives de la Pâque juive du mois d'avril, une période de l'année qui coïncide avec la finale du circuit Courteau. » lit-on ici.

Ça me fait bien rire cette entente. On se dit juif pratiquant, et on ne pratique que quand ça fait notre affaire. Il semble que son rabbin fasse une exception pour le monsieur. Wow ! Ça me fait penser à tous ces prêtres catholiques qui administrent à tour de bras des sacrements genre mariage à des non-pratiquants.

Je me rappellerai toujours, c'était en 1978, mon oncle prêtre venu faire pression sur moi pour que je fasse baptiser mon aînée.

- Mais "mononcle", je ne suis pas croyant.
- Pas grave. Pense à ta petite.
- Justement, j'y pense. Et je ne veux pas lui montrer un père qui pile sur ses principes. Et puis-je vous suggérer, cher oncle, de penser à vos propres valeurs... Pour moi, les sacrements de votre église, c'est chose sacrée. Mais si vous les distribuez comme ça à n'importe qui, je me demande bien comment vous pouvez continuer à faire votre travail...

On n'en a plus jamais discuté.

Franchement, comment prendre au sérieux une religion qui laisse ce qu'elle a de plus sacré s'effriter? Ou qui fasse une exception pour un joueur de hockey ?

La situation est pourtant simple : quand tu t'engages dans une religion, tu dois suivre les règles, pas juste quand ça fait ton affaire. Quand tu t'engages dans une équipe de hockey, tu t'engages à jouer au hockey quand ton entraîneur le demande. Si deux engagements sont incompatibles, tu dois te désengager de l'un ou de l'autre. Rubin, incapable de prendre une décision, n'est pas vraiment croyant laissant passer le hockey par-dessus sa pratique religieuse. À moins que le hockey soit son nouveau Dieu, évidemment...

Morale de cette histoire : il est bon de savoir que même les juifs pratiquants sont « sports ».

Ah, les notes

Je n'interviens à peu près pas sur blogue du RAEQ. Mais j'avais le goût de répondre à ce parent qui voit dans la note l'observation du progrès de son enfant.
« La question fondamentale est la suivante : " Comment puis-je savoir que mon enfant s'améliore, et comment puis-je lui faire prendre conscience qu'il le fait ? "

La note (ou la cote, c'est identique) est, à cet égard, une immense illusion. On croit que 69 est supérieur à 68. Mais sans savoir toutes les variables amenant à ce résultat, cela relève de la pure spéculation. Un 68 en maths vaut-il la même chose qu'un 68 en français ? Si vous répondez oui à cela, alors j'aimerais bien en voir la preuve ? Et un 68 par le prof x en maths est-il le même 68 par le prof y dans cette même matière ? Croire à cette égalité relève d'une méconnaissance de l'art (!?) d'attribuer des notes...

Pour savoir si votre enfant progresse, et surtout pour lui faire prendre conscience de cette progression, il n'y a qu'un moyen : un dossier d'apprentissage (ou un portfolio, ou un cahier de traces, appelez la chose comme vous voulez) est le moyen idéal. Mais tout le monde s'en fiche, car, il faut bien le dire, prendre le temps d'analyser un portfolio est beaucoup plus long que lire une jolie note.

Pour aider un enfant (qu'il soit en difficulté d'apprentissage ou un génie) il n'y a qu'un seul moyen : prendre le temps d'être avec lui, de comprendre comment il comprend, et de lui laisser son temps pour apprendre, dans un environnement de plaisir, de joie et de communication réelle.

Le reste ne vaut rien. »