Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 6 février 2013

De toutes les Paroisses, page 156

Faire sortir certains êtres d'un parti pris, autant vaut essayer de prendre une forteresse.

Le bonheur de se vaincre a des douceurs à lui, un peu altières.

La politesse de l'esprit consiste à ne pas dire tout ce qu'il souffle.

Le bel esprit n'est qu'un amoureux de lui-même.

Mets tout de ton côté : le courage, le droit, la mesure, et puis arrive que pourra!

La vie sait parler ferme quand on l'outrage.

Ne sois jamais la première à accuser ni la dernière à pardonner.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 5 février 2013

De toutes les Paroisses, page 155

J'aime mieux le rêve que les rêveurs.

Écouter avec douceur ce qu'on vous répète pour la huitième ou dixième fois, dure épreuve pour l'amabilité !

La ruse aime à se cacher sous la naïveté, comme une reprise sous un ruban.

La femme galope dans les suppositions, elle aime l'incroyable.

La sincérité garde toujours une petite part pour elle-même.

Il y a des gens adorables à régaler : comme ils honorent donc bien la gourmandise!

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 4 février 2013

De toutes les Paroisses, page 154

Un orgueilleux est fait ou de poussière féodale ou de fortune moderne mal digérée.

Il y en a facilement un de trop quand on est trois.

La vieillesse s'égaie plus volontiers des souvenirs de l'enfance que des joies de la jeunesse, qui semblent l'attrister.

Dans un mariage de convenance, les deux notaires remplacent les amoureux.

Que de mariages de moins, s'il fallait compter sur les mariés pour nous en donner le goût !

La prudence est une mère-grand qui n'oublie jamais son panier.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 3 février 2013

De toutes les Paroisses, page 153

Aie la confiance avisée ; qu'elle sache au besoin mettre des lunettes.

Touche doucement tout ce qui se brise.

L'endroit où le bonheur a croulé en garde le souvenir, comme si l'on avait mis là son épitaphe.

Du panache? que j'aime à voir ce qu'il y a dessous!

Un long discours a pour dernier succès de produire la lassitude.

Un rentier a presque toujours la figure de son état: un repos qui s'ennuie.

J'aime tout ce qui m'avertit.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 2 février 2013

De toutes les Paroisses, page 152

Blâme en tremblant ; sais-tu ce qui te menace i

Approuve le bien, même celui que ton ennemi a fait.

On ne se venge généralement qu'en se salissant.

Nos vertus restent honnêtes, elles vont rarement plus loin.

Quand on craint d'être indiscret, en rester là.

Comme elles meurent gracieusement, les fleurs ! elles se penchent.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 1 février 2013

De toutes les Paroisses, page 151

On a le respect de l'ingénuité, comme on a la crainte de salir ce qui est blanc.

Comme la nature a vite fait de nous montrer nos limites !

Si le passé nous fait rêver, et l'avenir espérer, le présent nous demande d'agir.

L'ennui conseille toujours mal ; il ne nous dira jamais par exemple : Va travailler.

On n'est généralement prudent qu'après coup.

On n'ose pas tout faire, on osera tout souhaiter.

Les vaines dépenses condamnent notre bon sens, font pâlir notre justice, et nous disqualifient.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 31 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 150

Sache bien avec qui tu es sincère.

La poésie des soirs est apaisante, celle des matins est aspirante.

Une jolie tristesse, dit-on ; c'est, je suppose, celle qui sait rester douce, dont les yeux sont bons, dont l'attitude est humble, dont le geste est douloureux sans être amer, qui ose regarder le bonheur des autres et lui sourire.

La méfiance gagne en vieillissant.

À l'enfant tout jeune il faut apprendre qu'il a un coeur, plus tard, qu'il a une pensée.

Si l'on convainc, ce n'est qu'à coups de douceur.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 30 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 149

L'homme doit tout gouverner : son coeur, son esprit, son humeur, sans oublier sa fortune.

Un homme amoureux de ce qu'il a fait donne la mesure de son intelligence.

Les gens qui ont fait leur fortune ont involontairement une sorte de mépris pour ceux qui n'ont rien su gagner.

Il faut avoir raison avec douceur, politesse et égards, pour avoir complètement raison.

Rien de plus édifiant que l'esprit de famille, et rien de plus égoïste pourtant.

La cloche charme par tout ce qu'elle semble apporter de lointain.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 29 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 148

Il faut une grâce particulière pour reconnaître, dans des parents par alliance, des parents.

Le détachement est la plus haute des sérénités.

Ah ! que c'est bon de croire en un être sans que le doute le plus malin puisse rencontrer la moindre fissure !

On se donne presque toujours soi-même la peine de se ruiner.

Les regrets de l'amour peuvent durer jusqu'au nouvel amour.

Imaginer! c'est aller partout, c'est supposer tout, c'est frôler tout, c'est voir tout, c'est colorer tout, c'est partir triste et revenir gai, pauvre et rentrer riche.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 28 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 147

Les souvenirs se promènent dans la mémoire et nichent dans le coeur.

Par moments, on dirait que le soir se recueille ; il a quelquefois l'air d'être ému.

Allons au-devant des devoirs, sachons attendre les honneurs.

Les choses qui se vendent, comme elles font valoir celles qui se donnent !

L'énergie n'a pas besoin de public pour être.

La vieillesse a l'air de s'excuser en venant chez certains êtres, tant elle arrive doucement; mais elle reprend vite son pas.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 27 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 146

Quand il nous parle, un fat a toujours l'air de nous asperger de son indulgence.

Une promesse peut être honnête, mais elle devient facilement friponne.

La cendre d'un beau rêve n'est jamais froide.

Les hautes visions n'arrivent qu'à un corps chaste.

Le talent peut être mondain, le génie est solitaire.

Les faux artistes courent les rues, les vrais restent sur la colline.

Vieillir n'est rien à côté de voir vieillir ceux qu'on aime.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 26 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 145

Ce qui nous reste toujours, c'est de nous taire.

Porte bien la vieillesse, il y a pire.

Le génie nous donne l'emportement, que le travail doit équilibrer.

En avril, comme elles sont jolies, les premières feuilles ! elles ressemblent à des fillettes en robes courtes.

On a le regret bien plus long que n'a été le désir.

Il est plus dur que le service militaire, celui du monde.

Un mondain en égratigne toujours un autre.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

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