Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 11 janvier 2012

Chemin faisant, page 12

Le caprice est le revolver de la coquette.

Ce qu'il y a de dangereux, c'est ce qu'on ne voit pas venir.

Il y a des gens qu'on aime et qu'on ne supporte pas.

L'ennui n'est admissible qu'en société.

Si vous voulez punir un bavard, devancez-le.

Un des torts de la jeunesse, c'est qu'on ne puisse pas en faire cadeau.

Les feuilles mortes du cœur s'appellent déceptions.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 10 janvier 2012

Chemin faisant, page 11

Le hasard a sauvé plus de gens que la prudence.

Un beau matin est une promesse, un beau soir est une bénédiction.

Le fait sauve souvent l'intention.

L'espérance et le souvenir ne se nuisent pas plus que deux jumeaux sur les mêmes genoux.

Les projets sont les relais du chemin.

Le cœur de l'enfant est comme ces montagnes où le mineur va mettre la pioche; que donnera-t-il ? de l'or, de l'argent, ou du cuivre ?

Les convenances sociales sont des sottises qui ont fait leur chemin.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 9 janvier 2012

Chemin faisant, page 10

Ce n'est qu'en touchant l'ortie qu'on sait qu'elle pique.

Imposer aux grands et se faire respecter des petits.

On a de la voix sans portée, comme on a de l'esprit sans autorité.

On a l'aplomb de ses millions bien avant d'en avoir l'esprit.

Si les châteaux croulent, les ruines se relèvent : le temps marche pour détruire et pour venger.

Il y a des choses si dures à entendre et si douces à dire !

Rien de plus insupportable qu'un chasseur, si ce n'est son lièvre.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 8 janvier 2012

Chemin faisant, page 9

Reprocher à quelqu'un de ne plus nous aimer, c'est chercher querelle à qui n'entend plus.

Que j'aime à voir les belles nappes vertes de la vallée ! Il me semble que le soleil vient de mettre le couvert pour les indigents.

Il suffit d'un sourire pour nous dévoiler, d'un mot pour nous peindre.

La puissance sans la justice est aussi dangereuse que le plaisir sans la raison.

Oh! pourquoi puis-je moins croire, puisque je puis autant aimer?

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 7 janvier 2012

Chemin faisant, page 8

Ne pars avec le rêve que si tu peux rentrer avec la raison.

Le caprice est toujours un changement, mais le changement n'est pas toujours un caprice.

Un joli tableau : la jeunesse heureuse, la vieillesse résignée.

Trois catégories de gens autour de moi : les amis, les relations, les chaises louées.

Il y a quelque chose de plus triste à voir que les fleurs fanées, ce sont les fleurs qu'on arrache.

Une passion qui juge ressemble à la soif voulant analyser l'eau.

Il y a des sciences dont nous ne pouvons user et que nous ne pouvons transmettre ; et ce ne sont pas celles qui nous ont coûté le moins.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 6 janvier 2012

Chemin faisant, page 7

Le bonheur fait quelquefois comme le beau monde, il arrive sur le tard.

L'espérance est la seule femme dont on aime les cheveux blancs.

Pour être belle ruine, on n'a pas besoin d'avoir été beau monument.

Je préfère les inflexibles aux impitoyables.

Il est plus difficile d'être grand que d'être sublime.

La pauvreté connaît ses plaies, mais elle a des privilèges qu'elle ne se connaît pas.

Les choses en leur temps ont la saveur des fruits en leur saison.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 5 janvier 2012

Anne Barratin : Chemin faisant


Les barratineries regrouperont toutes les citations de l'excellent ouvrage d'Anne Barratin : Chemin faisant, publié en 1894 chez Lemerre à Paris. Je vous livrerai une page par jour. Je débute par les pages 1 à 6, car sur la première page, on trouve un message au lecteur. À La page 5 débute un chapitre avec deux citations, les autres étant sur la page 6.

C'est vraiment grâce à Au fil de mes lectures si on trouve tant de citations de madame Barratin (1845-1911) sur le web. En effet, vous remarquerez que tous les sites qui la citent ne font que copier celles trouvées sur AFDML. J'aime bien dénicher des auteurs tombés aujourd'hui dans un oubli presque total.

Aujourd'hui, je commence la livraison de toutes les citations de Chemin faisant. J'ai obtenu ma copie de l'excellent Abebooks. En page de garde, il y a une dédicace manuscrite et signée de madame Barratin à Madame Dieulafoy. Il s'agit certainement de Jane Dieulafoy « née le 29 juin 1851 à Toulouse et morte le 25 mai 1916 au château de Langlade, à Pompertuzat, près de Toulouse » nous dit Wikipédia qui ajoute qu'elle était archéologue, auteur de romans, de nouvelles, de théâtre, journaliste, photographe. Elle a écrit un opuscule intitulé L'oeuvre littéraire de Madame Barratin en 1912.

Au moment d'écrire ces lignes, Anne Barratin n'a pas encore son article dans Wikipédia. De plus, j'ai cherché sur le web une photo de madame Barratin, mais je n'ai rien trouvé. Si vous réussissez à en dénicher une, je vous serais fort reconnaissant de me la faire parvenir.
Bonne lecture !
Gilles G. Jobin, transcripteur.

AU LECTEUR

Étudier l'homme, le scruter dans ses pensées et dans ses actes, chercher à le connaître mieux, ce n'est pas se condamner à l'aimer moins ; c'est apprendre à le plaindre dans toutes ses défaillances, à l'excuser dans beaucoup de ses erreurs, à juger de plus près les difficultés de la lutte, et à lui tenir compte de ses efforts. (p.1)


L'expérience est un vieux professeur qui aime moins sa science que son enseignement. (p.5)

Penser! c'est sentir les souffles de la vie nous pénétrer, les horizons se colorer, l'espace nous appartenir, les mondes se grouper autour de nous, les éléments invisibles nous envelopper. (p.5)

Rêver, c'est prendre l'air dans l'infini. (p.6)

Une tête sans imagination, un arbre sans nid d'oiseau. (p.6)

Heureux ceux qui conservent jusqu'à l'hiver quelque cigale dans le cœur et dans la voix ! (p.6)

Il faut mourir de bas en haut. (p.6)

Une seule chose que nous puissions donner sans l'avoir : le bonheur. (p.6)

Nous avons le droit de regretter les services de celui qui se rappelle nous les avoir rendus. (p.6)

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