Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 4 février 2012

Chemin faisant, page 36

On a la foi sans la résignation, mais on a plus rarement la résignation sans la foi.

L'ordre est l'harmonie des choses, le bonheur est l'harmonie des êtres.

La modération est l'arme des forts.

Obtenir, c'est bien plus souvent oser que mériter.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 3 février 2012

Chemin faisant, page 35

Toutes les vertus ont leur mise en scène, même le courage.

Sur la litière de la douleur on fait encore des envieux.

Le riche qui se plaint oublie sa béquille : l'argent.

En fait de plaisirs, il n'y a de charmant que ce qui ne dure pas trop.

La bêtise n'est pas un vice puisqu'elle peut encore mériter l'estime.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 2 février 2012

Chemin faisant, page 34

Ce qui distingue l'homme, c'est moins la manière de pécher que la manière de se repentir.

Quel luxe de conscience que de pouvoir attendre la mort tous les jours !

La vertu n'est pas l'ennemie de nos joies puisqu'elle les rationne.

Souffrir serait encore plus dur si faire souffrir n'existait pas.

Étrange effet de la douleur : je suis bien où j'étais mal, je suis mal où j'étais bien.

La douleur est comme la noblesse; elle n'accepte de comparaison qu'avec ses pairs.

Comme on serait moins fier de sa supériorité, si on ne l'était qu'en raison du bonheur qu'elle nous donne !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 1 février 2012

Chemin faisant, page 33

Il y a des gens qui nous font trouver le ciel bien haut.

Une preuve de l'estime de Dieu pour l'homme, c'est d'avoir voulu qu'il conquît le ciel par l'effort.

Combien il faut que le ciel soit riche pour remplacer à lui seul la foi et l'espérance qui n'existeront plus !

Le devoir, c'est l'amour de Dieu sous tous les noms.

Deux espèces de gens redoublent notre ferveur : les impies par pitié, les saints par admiration.

Vivons les mains ouvertes pour mourir les mains pleines.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 31 janvier 2012

Chemin faisant, page 32

Pour aimer il faut un coeur, pour consoler il faut une âme et un coeur.

Le temps est le tunnel qui conduit au grand jour.

Oui ! promesses humaines, c'est vous qui nous avez appris le mensonge et la duplicité.

Souviens-toi d'occuper ton esprit, de conduire ton coeur, de respecter ta raison.

Craindre après la chute c'est être sage, craindre avant la chute c'est être saint.

Chaque douleur que je supporte me laisse dans l'âme un orgueil inconscient dont mon humilité ne rougit pas.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 30 janvier 2012

Chemin faisant, page 31

Il faut se sentir d'aplomb sur sa morale, comme un cavalier sur son étrier.

Mets le ciel dans ta vie, pour retrouver ta vie dans le ciel.

Il faut, dans toutes nos actions, donner tant pour cent à la mort, et lui faire en sus quelques cadeaux.

Il y a de ces âmes qui font à notre âme ce que le bruit de l'eau fait à notre corps fatigué; même de loin elles nous rafraîchissent.

L'espérance et le souvenir m'ont trompée tous les deux, sans que j'aie pu me corriger ni de me souvenir ni d'espérer.

Les miettes deviennent bonnes quand on n'a plus de morceaux.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 29 janvier 2012

Chemin faisant, page 30

Être bon n'est un mérite que quand on est né méchant.

Les larmes sont comme le collier de perles : moins il y en a, plus on y croit.

On revient de bien des choses, mais on revient encore plus de bien des gens.

La plus riche de toutes les vertus : le détachement.

Ne nous fait pas souffrir qui veut.

Pour être bien rempli, chaque jour de notre vie doit avoir entrevu le dernier.

Il faut considérer la joie comme une étrangère, et la peine comme une fille de la maison.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 28 janvier 2012

Chemin faisant, page 29

On est généralement plus content d'avoir dit la vérité que de l'avoir entendue.

Tous les bonheurs se paient, si tous les malheurs ne se méritent pas.

C'est le cœur qu'on tend souvent au collier, et pas toujours le cou.

Pourquoi craint-on sa conscience? Parce que c'est un créancier.

Les larmes, en confondant les castes, démentent les préjugés.

Qu'il y a de genres de solitudes produites par cet état unique : être seul !

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 27 janvier 2012

Chemin faisant, page 28

Même quand on croit avoir conquis le bonheur, il faut savoir le perdre.

Qu'est-ce que le découragement? Une intermittence de l'espérance.

Le cœur n'a pas besoin d'attendre le soir pour avoir fait sa journée.

On est encore riche avec des regrets, puisqu'il y a des remords.

Il est encore plus consolant de voir le vice puni que la vertu récompensée.

Tous les bonheurs qui se connaissent, comme toutes les vertus qui s'ignorent, ont chance de durer.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 26 janvier 2012

Chemin faisant, page 27

Ne sois pas chose, ô femme! même dans les mains de celui que tu aimes ; sois être.

Aimer et jouer l'indifférence, le plus difficile de tous les jeux.

Il ne faut que trois violettes pour parfumer une chambre, il ne faut qu'un regard pour changer le cours d'une vie.

Chaque amoureux croit prendre un brevet d'invention.

Si la beauté nous donne des succès, l'intelligence nous donne des revanches.

Les heures nous restent pour pleurer les instants.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 25 janvier 2012

Chemin faisant, page 26

L'homme qui nous oublie nous rend souvent un signalé service.

L'Amour à l'Amitié : Ote-toi de là que je m'y mette ! Mets-toi là que je m'en aille !

Quelle est la femme qui n'a pas rêvé d'habiter quelques instants l'âme de son mari?

En vieillissant il faut s'arranger de ce qui reste, sans songer à ce qu'il y avait.

Si j'étais jeune, je dirais : Le bouquet que tu m'offres, à qui pensais-tu quand tu l'as cueilli ?

Flair de femme se trompe encore moins que palais de gourmand.

La physionomie est comme l'atout de la laideur; la nature semble lui dire : Tâche avec cela de gagner ta partie.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 24 janvier 2012

Chemin faisant, page 25

Il y a bien des manières d'être jolie, il n'y a qu'une manière d'être digne.

Il faut être aimée à son goût, et louée au goût des autres.

Être prise pour son argent, et encore quand on en a pour son argent !

La coquette grignote l'amour.

Le bruit des pas qu'on aime est le plus cher des bruits.

En amour, toi et moi forment un pronom de la même personne.

Vaut-il mieux être la première ou la dernière fleur du papillon ?

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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