Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 14 juillet 2012

Chemin faisant, page 204

Ce que vous faites deux fois de suite, dons ou autres choses, vous vous obligez presque à le faire toujours.

Rougir de l'épreuve, ce serait rougir de Dieu.

N'exagérons pas nos droits : c'est bien laid un nez trop long.

Personne n'est plus expert qu'un autre dans la science de mourir, puisqu'on ne meurt qu'une fois.

Une seule puissance fait trembler l'amour, c'est le caprice.

La résignation ne coule que goutte à goutte, c'est une huile sainte qui se distille lentement.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 13 juillet 2012

Chemin faisant, page 203

Il est des jours où il faut mettre double bride à ses sentiments.

S'immoler est plus facile que se posséder.

Il y a des gens qui n'attendent pas la dent du loup; ils se proposent.

Le bûcheron fait petit à petit son fagot : courage, vertu!

Le préjugé étouffe son homme sans bruit.

Personne n'est encore mort de pitié.

L'homme qui croit devrait être endurant.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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jeudi 12 juillet 2012

Chemin faisant, page 202

Le courage ne montre pas ses bras, il les fait sentir.

Rien ne gêne plus qu'un être hétérogène dans un milieu intime; c'est un clou dans un coussin.

Parler du froid au coin de son feu, c'est le juger autrement qu'au bivouac.

Un étranger ne peut pas boire le thé avec la ferveur d'un Anglais, ni manger la choucroute avec la piété d'un Allemand.

Guerre sourde entre le fat et celui qui le comprend.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mercredi 11 juillet 2012

Chemin faisant, page 201

Les grands soupirs ont toujours l'air de chercher une patrie.

La plaisanterie fane ce qu'elle touche.

Le crédit est une fortune que nous méritons.

Une femme a besoin d'être trempée dans les deux sexes : il lui faut garder la grâce du sien et prendre la fermeté de l'autre.

Un lâche reste toujours lâche, en bonheur, en malheur, dans ce qu'il dit, dans ce qu'il fait.

Un homme d'esprit se rattrape toujours, un homme de coeur reprend la maille plus difficilement.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 10 juillet 2012

Chemin faisant, page 200

Une joue ne sait plus rougir n'est plus jeune.

L'art peut pactiser avec tous les genres, il a bon caractère.

Il faut aider la vérité partout où elle souffre.

Le plus bel éloge d'un jeune homme est celui que fait de lui le vieillard.

Les illusions courent à tous les vents, s'abreuvent à toutes les fontaines, jouent avec tous les échos.

Se plaire avec soi-même : une économie.

On dirait que le temps est jaloux quand nous sommes heureux, tant il prend plaisir a s'en aller vite.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 9 juillet 2012

Chemin faisant, page 199

Qui sait se dire à temps : le temps vient, le soir est venu? Et quand il est venu, qui sait à temps changer d'attitude et de vêtements ?

La vie! pauvre vieille condamnée à l'éternel enfantement !

On voit plus facilement clair dans son esprit que dans son coeur.

La maladie nous oblige souvent à une retraite que de nous-même nous n'aurions jamais eu le courage de prendre.

Le monde fait notre compte, addition et soustraction, sans que nous l'en priions.

Il y a même de l'élégance à laisser dire.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 8 juillet 2012

Chemin faisant, page 198

Il y a les confidences, puis les quarts, puis les centièmes de confidences, puis les masques de confidences. Amen.

Ah ! que le temps serait court sans les larmes !

Le bien-être est comme l'usurier ; il élève facilement ses prétentions.

Une larme est le premier voile du regard de l'enfant.

Il faut mettre beaucoup de complaisance avec le malheur, comme avec le mari difficile !

L'intimité : on n'est intime qu'avec soi-même.

Il y a des gens qui semblent cirés de vanité.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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samedi 7 juillet 2012

Chemin faisant, page 197

Personne ne doit pouvoir te faire dire ce que tu ne veux pas dire.

Dieu n'a pas été moins bon en nous donnant l'ombre que le soleil.

L'expiation est un terrain à Dieu ; il le prête au pécheur dont il veut se faire un ami.

Un homme célébré se croit facilement le mérite d'un homme célèbre.

Le coup de fouet est utile aux êtres et aux choses ; il faut savoir se le donner quand d'autres ne nous le donnent pas.

C'est dans le dernier adieu qu'est la difficulté du dernier voyage.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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vendredi 6 juillet 2012

Chemin faisant, page 196

La tentation a aussi ses privilégiés.

On devient stoïque à force de larmes, et bon marcheur à force d'ampoules.

Le savoyard a fait connaître la marmotte, et la marmotte a poétisé le savoyard.

Le coeur aime qu'on lui parle de lui.

On aime ses économies autrement que ses rentes.

On jouit complètement de ses petits-enfants, comme d'un usufruit, sans en avoir la responsabilité.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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mardi 3 juillet 2012

Chemin faisant, page 193

Ceux qui me défendent me font souvent plus de peine que ceux qui m'attaquent.

Corriger sans humilier, panser sans meurtrir.

Un devoir mécontent est un vieux grognard qui ne désarme pas.

Il faut exprimer de sa vie, comme d'une grappe, tout le suc qui peut en sortir.

En Allemagne, la jeunesse est plus vigoureuse que jeune, elle a la force plus que l'élan.

N'est pas imposant qui veut.

Les choses douces sont comme les enfants sages ; elles reposent.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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lundi 2 juillet 2012

Chemin faisant, page 192

Ah! le peu que nous sommes! Un être ne fait rien dans l'ensemble des êtres, et une corde brisée dérange un violon.

La présence d'esprit vaut un grand capitaine.

Le parti-pris vit les oreilles bouchées.

Un vieux révolutionnaire est moins intéressant qu'une vieille breloque.

Que de gens ont vécu de vanités ne pouvant vivre par le coeur.

C'est bien simple de reculer sa chaise, et cependant c'est montrer beaucoup d'esprit.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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dimanche 1 juillet 2012

Chemin faisant, page 191

L'imprimerie a mis une borne entre la barbarie et nous.

Rien de plus piteux qu'une vieille guirlande.

Le bon sens s'en va gentiment quand personne ne veut le comprendre.

Quand tout ne vieillit pas ensemble, coeur et esprit, âme et désirs, gare à la bagarre!

Une question nous juge, une réponse nous mesure.

Bah! le dernier homme ne sera encore qu'un homme rappelant le grand-père Adam.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

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