Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

vendredi 14 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 11

Les yeux qui ne savent pas voir ne sont agréables qu'aux gens qui trompent.

L'ironiste épluche ce qui se dit et ce qui se fait, pour en fabriquer sa sauce piquante.

Il y a des gens qui se blottissent dans "la paresse comme dans un nid.

L'être sévère se proclame toujours juste.

Commence par parler toilette à une femme, et tu verras si tu peux aller plus loin.

Fi des sucreries littéraires ! Pas de confiserie dans le style !

Une femme peut être aussi profonde qu'un homme, à condition pourtant qu'elle soit revenue de l'amour, de ses jeux et de ses fantaisies.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 13 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 10

Ce qu'un riche connaît le mieux, c'est le faux ami.

La vie tourne poliment le dos à la vieillesse, assez longue à comprendre.

Il y a des gens qui s'essoufflent en médisant.

Qu'il est important de sentir et de comprendre ce qu'on est aux autres, pour se conduire avec eux !

Puisqu'il le faut, faisons la part du feu, mais surveillons la flamme.

De la largeur d'idées, c'est de l'espace en soi, autour de soi et devant soi.

Ne plains que le honteux, tu n'auras pas trop à faire.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 12 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 9

Les plus belles chutes de phrases, les mots les plus heureux, les comparaisons les plus saisissantes, sont presque toujours des cadeaux de l'inconscient.

On estime toujours ses goûts, ce qui permet de les suivre.

On gagne la sérénité, c'est le prix de la lutte.

Les honneurs se croient souvent dispensés de l'honnêteté.

Que tout est peu! et ce peu va toujours s'aflaiblissant; il n'y a d'enviable que les attirances de l'Infini.

Soyons vieux gaîment, pour rendre la vieillesse aimable : elle a si mauvaise réputation.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 11 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 8

On interroge les beaux yeux cernés.

N'éveille pas la tentation, elle a l'oreille fine.

Le coeur vit sur des réalités ; l'esprit s'en courbature.

Salue ce qui t'a réjoui, tu lui dois toujours.

On est bien pauvre quand on n'a plus besoin de personne que de tout le monde.

L'impertinence est une porte de sortie que prennent facilement les gens qui ont tort.

La mémoire chez autrui fait croire à beaucoup plus qu'il n'y a.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 10 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 7

N'oublie jamais de donner son titre à qui en a acheté un.

La réponse à l'injure est toujours une concession.

Où le premier chamois a passé, les autres peuvent passer aussi.

Se vaincre, c'est y penser toujours.

On aime la paix généralement plus en l'exigeant qu'en cherchant à la produire.

L'approche de la mort grossit à nos yeux les taches de notre vie.

De la bonne volonté toujours fraîche !... Dieu j'en contente.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

dimanche 9 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 6

Dans mille circonstances, il y a souvent beaucoup d'esprit à ne rien faire.

J'aime le pas ferme et l'esprit d'aplomb.

On méprise un menteur ; on se moque d'un vaniteux; quand on n'est pas obligé de faire sa cuisine on tolère un gourmand.

On a toujours besoin de tourner la page : preuve d'insatisfaction.

Des désirs vaincus ne savent pas se taire et deviennent facilement hargneux.

La force de la mesure est dans son invariabilité.

Autrefois la femme aimait le nid pour y rester, maintenant elle l'aime pour en sortir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 8 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 5

Après certains deuils, le coeur se ferme complètement : le mort a emporté la clé.

On naît habile, on devient faiseur.

La meilleure amie de la vieillesse, c'est sa béquille.

En aimant Dieu, on aime tant de choses qu'on n'aimait pas !

Ceux qui déclarent : Je ne veux plus rien, comme ils veulent encore !

Rôle ingrat de vouloir persuader aux autres qu'ils sont heureux, et combien inutile !

Le crépuscule est la prière que fait le soir avant de s'endormir.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 7 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 4

Rien ne s'oublie plus vite que le bien reçu : c'est moins un tort de l'homme qu'une infirmité de la nature.

La discrétion n'est qu'une qualité, mais elle vaut une vertu.

Un mensonge ne tient debout qu'en s'appuyant sur un autre.

Oublier, c'est pardonner sans mérite.

Ce que tu as le droit de dire, ne l'envoie pas dire.

Si la vie ne récompense pas toujours un sage, elle trouve toujours moyen de gifler un orgueilleux.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 6 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 3

Comme ce que nous voulons nous semble juste !

Ne ricane bien que l'imbécile.

Rien ne nous rajeunit plus que la bonne volonté de vieillir.

Que de choses on fait pour soi en se persuadant qu'on les fait pour les autres !

Quel bien-être de voir les gens et les choses à leur place !

L'amour ne voit pas, l'amitié ne veut pas voir.

La vieillesse : l'art de dire adieu.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 5 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 2

J'ai ma morale, disent certaines gens, comme s'il y en avait plusieurs.

Une pensée s'impose par la vérité et traverse le temps par sa forme.

Excusons les malheureux : le malheur est une excuse.

On n'apprend rien dans le bonheur, pas même à le perdre.

Qu'il y a de différence dans les amitiés, autant que dans les melons !

Les jouissances laissent des appétits, les sacrifices, des baumes.

Les arts, des maîtres souvent mal servis par leurs valets.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 4 septembre 2012

De toutes les Paroisses, page 1

Pour se faire aimer la vie a ses promesses, pour se faire respecter elle a ses lendemains ; pour se faire craindre elle a ses douleurs.

D'aplomb sur ta volonté éclairée par la réflexion, marche !

Le tact est la science des limites.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 3 septembre 2012

Chemin faisant, page 256

L'intelligence n'a pas besoin d'ancêtres; elle a besoin de successeurs.

Le meilleur succès d'un livre de pensées c'est d'avoir fait du bien à son auteur.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.


Ce billet met fin à ce recueil d'Anne Barratin. Cependant, les Barratineries se poursuivent par la publication d'une page par jour du livre de pensées intitulé «De toutes les paroisses» publié en 1913.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 >