Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

samedi 19 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 138

Le malheur répété nous rend comme timides et nous donnerait presque l'air de l'avoir mérité.

Comme elle nous préoccupe peu, notre grande dette, la mort!

Toutes les ardeurs s'éteignent, toutes les larmes ne sèchent pas.

Il faut laisser à la pensée son heure, tout en la favorisant.

Deux bonheurs qu'on oublie trop : être le père de ses enfants, et avoir eu une mère respectable.

L'argent nous aide en bien ou en mal à être ce que nous sommes.

L'heure de la réflexion en fait la richesse.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 18 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 137

Apprenons à nous passer de tout ce qui ne veut plus de nous : bonheur, jeunesse, amour, illusions, toute celle belle guirlande où le temps,

Sur les marches du temple de la gloire agonise la paix.

J'aime beaucoup la douceur sous laquelle je sens silencieusement gigoter l'énergie.

Les beautés peuvent se nuire ; les charmes ne se nuisent jamais.

La crainte peut être une vénération.

Les choses semblent quelquefois avoir une intention, tant elles arrivent à propos.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 17 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 136

La clarté est olympienne.

Mentir, c'est plus que comprendre, c'est s'assimiler,

Il y a des yeux qui nous détroussent comme le voleur.

Comme vous nous avez grandis, mon Dieu, en nous donnant le souvenir!

Il est des dévouements qui se font payer cher par le caractère.

Fleurs des champs, charmantes paysannes, vous avez tout l'attrait de la sincérité.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 16 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 135

L'amitié se lasse comme l'amour, mais un peu moins vite, parce qu'elle galope moins.

La gravité nous enrichit de tout ce qu'elle nous défend.

Un sot qui sait se taire n'est plus un sot.

On cache son mensonge, on ne peut pas cacher sa vanité.

L'égoïste ne sent rien ; enfermé dans sa croûte, il vit.

Il est des préférences qui nous diminuent, des louanges qui nous humilient.

Il y a de la pudeur dans la sobriété.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 15 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 134

Les saillies naissent partout, même de la pensée la plus profonde : ce sont des sauts de l'esprit.

La valeur est au rabais, même celle des académiciens.

Un son de cloche traversant une méditation l'enrichit et l'enlève.

En politesse n'oublie pas les centimes.

En fait d'éloges, certaines gens se nourrissent de tout, même des épluchures.

On ne peut pas être grand homme sans croire en soi-même.

J'aime la femme-femme, mais homme au besoin.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 14 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 133

J'aime la perfection un peu bonne enfant, sans humeur pointilleuse.

La misère ! il y a bien des manières d'en parler, il n'y en a qu'une d'en souffrir.

Les idées morales doivent toujours être devant nos actions, comme une garde d'honneur.

N'applaudis pas tout ce qu'on applaudit, et ne vilipende pas tout ce qu'on vilipende : juge.

Le bonheur devient égoïste, c'est sa manière de se flétrir.

Ne te flatte pas plus de ton bonheur que de ta naissance.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

samedi 12 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 131

La sagesse est froide et n'est bonne que le lendemain.

Il est des livres où l'on respire de l'âme.

La simplicité sacre la grandeur.

L'envie n'a pas de bonheur parce qu'elle n'a pas d'amour.

L'élégance vient des proportions.

Une âme à genoux est toujours belle à voir.

La douceur qui succède à l'énergie n'est souvent qu'une fatigue.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

vendredi 11 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 130

Les chagrins qui ne savent pas aller à l'église doivent être bien désemparés.

Il est des êtres qui ne savent parler que de leurs affaires, comme si chacun n'avait pas les siennes.

L'esprit pointu est quelquefois mal servi par sa pointe

On est souvent vaniteux d'une confidence, puis on s'aperçoit qu'elle a fait le tour du quartier et qu'elle se colporte en omnibus.

Il y a des gens qui ont l'air si endimanchés dans la douceur !

Comme on est mal à son aise dans une vertu d'emprunt ! des souliers qui gênent.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

jeudi 10 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 129

Heureusement, il n'est pas défendu à un mariage commencé par intérêt de bifurquer sur la route de l'amour.

La manière de porter la faute indique son avenir en nous.

Le travail fait des héros qui n'inscrivent leurs noms sur aucune colonne.

Les sourires méprisent les rires, et vice versa.

On est fier d'avoir de la reconnaissance, tant on serait honteux de ne pas la sentir.

Ah ! comme chacun a besoin de sa chacune !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mercredi 9 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 128

Les femmes laides sont généralement encore plus décolletées que les autres.

Moment très agréable quand toutes les timidités sont passées, qu'il ne reste plus que les réserves.

La nature ne demande pas, elle exige.

Ne t'appesantis pas sur les maux que tu ne connais pas; ils se préparent peut-être à frapper à la porte.

Aie de la bonté de reste : ou trouve toujours à l'employer.

L'obéissance est terrestre, la soumission est divine.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

mardi 8 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 127

La femme laide est un hommage de la nature à la beauté.

Il est des coeurs qui semblent créés pour être l'autel du sacrifice.

Simplifier sa vie, c'est apprécier le prix du temps.

C'est le refus obstiné de cerlaines faveurs qui en fait le grand prix.

Le grand amour finit souvent par des larmes ; ses jours de fête sont comptés.

Il y a des femmes qu'on invite pour leurs bijoux. Comme c'est flatteur !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

lundi 7 janvier 2013

De toutes les Paroisses, page 126

Rien n'est sacré pour le vrai mondain; il joue avec l'honneur des autres, et pour quelle récompense: faire rire!

Un modeste ignorant, quelle supériorité il a sur les quarts de savants!

Un simple parfum peut faire tressaillir en nous de profonds souvenirs.

N'ayons pas d'attachement pour les objets s'ils ne rappellent aucun souvenir; tout attachement rendra la mort plus difficile.

Que de grands noms tombent en ruines par leur héritiers !

Toujours sentir devant qui l'on parle : ce qui est bien dit ici est mal dit là.

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913

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