Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mardi 8 janvier 2013

J’enseigne et je veux utiliser Twitter

Écoles : établissements où l'on apprend à des enfants ce qu'il leur est indispensable de savoir pour devenir des professeurs.
(Sacha Guitry, Toutes réflexions faites)


J’enseigne et je veux utiliser Twitter : par où commencer ? est le titre d’un billet d’Audry Miller publié sur l’Infobourg.

La réponse apportée par madame Miller est intéressante, mais j’examinerai la question sous un angle différent.

Posons-nous les questions ci-dessous :

« j’enseigne le français, et je veux utiliser Antidote : par où commencer? »
« j’enseigne les maths et je veux utiliser Geogebra : par où commencer? »

Sommes-nous alors dans le même type de réflexion ?

D’abord, je pense que pour « utiliser », il faut être UTILISATEUR. J’entends ici un utilisateur régulier, une personne qui trouve pour elle-même de la pertinence, du sens et des avantages concrets.

Pourquoi demander à des élèves d’exploiter le potentiel d’Antidote si vous-même ne l’utilisez pas ? Pourquoi demander à des élèves d’avoir recours à Geogebra si vous n’en profitez pas vous-même pour faire des maths ? (En passant, quel prof de maths « fait » des maths ?)

Twitter est du même ordre. Pourquoi demander aux autres de s’en servir si, dans votre quotidien, il n’existe pas ?

Règle importante : Vous devez utiliser à titre personnel l’outil que vous espérez pouvoir « vendre » aux élèves.

Pour la suite, nous tiendrons pour acquis que vous êtes un bon twitteur. Pour avoir une idée de comment en user avec des élèves, plusieurs aspects sont à considérer :

1 - Le côté technique ;
2 - le côté Commission scolaire ;
3 - le côté pédagogique.

1 - Techniquement parlant, il faut bien sûr que Twitter soit «accessible» de l’école. Bien entendu, certains argumenteront que si ce n’est pas le cas, les élèves peuvent toujours y accéder de la maison. Pour ma part, je me dis que si l’école est trop frileuse pour permettre l'accès Twitter, elle ne mérite pas que j’me fende le c.. en quatre pour innover. J’en resterais donc au « j’enseigne ». Évidemment, puisque vous êtes un utilisateur de Twitter, vous pourrez y partager votre joie de travailler dans une école moderne... ou votre frustration devant un conseil d’établissement pusillanime.

2 - La cs et ses règles. Il faut voir ce que la commission scolaire exige lorsque vous faites du réseau social avec vos élèves. Si les règles sont trop complexes, laissez tomber votre projet, et continuez seulement avec votre «j’enseigne». Si en 2013, votre CS ne comprend encore ce qu'est l'intégration des TIC, je doute que vous puissiez y changer quelque chose.

3 - La pédagogie. L’article de madame Miller procure quelques bonnes pistes. Pour ma part, je ne vois pas trop l’intérêt d’utiliser Twitter avec des élèves. Ces derniers sont presque tous sur Facebook ; pourquoi alors ne pas l’exploiter pour votre projet ? Par contre, si, dans votre pratique de Twitter, certaines idées d’une utilisation pédagogique surviennent, je ne peux que vous encourager (à la condition que les deux premiers points soient réglés) à tenter l’expérience. Mais n’oubliez pas une chose importante : Twitter c’est d’abord votre projet puisqu’il est entré dans votre vie) ; ce n'est pas le projet de l'élève. Je pense qu’il est beaucoup plus important d’imaginer comment Twitter pourrait s’intégrer aux projets et aux apprentissages de vos élèves. Mais ça, c’est passer du paradigme d’enseignement à celui de l’apprentissage...

Twitter, Antidote, Geogebra, etc., tous ces beaux outils sont vraiment intéressants. Sont-ils « pédagogiques » ? S’ils aident un élève à apprendre, alors ils le sont ; s’ils aident un enseignant à enseigner... c’est une tout autre histoire.

De toutes les Paroisses, page 127

La femme laide est un hommage de la nature à la beauté.

Il est des coeurs qui semblent créés pour être l'autel du sacrifice.

Simplifier sa vie, c'est apprécier le prix du temps.

C'est le refus obstiné de cerlaines faveurs qui en fait le grand prix.

Le grand amour finit souvent par des larmes ; ses jours de fête sont comptés.

Il y a des femmes qu'on invite pour leurs bijoux. Comme c'est flatteur !

Anne Barratin, De toutes les Paroisses, Ed. Lemerre, Paris, 1913