Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 22 août 2012

Miette 67 : Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse

La modestie

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.

Sommaire. - User use. - Audace expose. - Moine guetté par les diables. - Plus d'oreillette.

Plus on se sert d'un objet, plus il s'use, jusqu'à ce qu'il devienne hors d'état de servir.

Plus on s'expose au danger plus on a de chance d'y succomber.

C'est en ce sens que parle l'Ecriture :

Qui amat periculum in illo peribit,

c'est-à-dire:

Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte.

Ce proverbe prend place dans un fabliau de la fin du XIIIe siècle :

Un moine se rendait tous les soirs avant l'office auprès d'une dolente (style de l'époque) - en langage actuel, d'une malade - ; pour y aller il fallait traverser une rivière ; mais les diables, qui avaient résolu sa perte, le guettèrent si bien qu'une nuit ils le firent noyer.

Tant i alla, et tant i vint
Que laidement l'en désavint :
Tant va li pos au puits, qu'il brise.

Dans le Trésor des Sentences de Gabriel Meurier donne cette interprétation, d'une gracieuse naïveté:

Tant va la cruche à la lontainette
Qu'elle laisse le manche ou l'oreillette.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.

Chemin faisant, page 244

Il n'y a que l'exception qui nous flatte.

On ne sait pas toujours se passer de ce qu'on méprise.

L'orgueil est puni dans les deux vies : dans celle-ci et dans l'autre.

En fait d'esprit, qui ne s'est trompé? en fait de coeur, qui ne s'est repenti?

On ne doit condamner que le lièvre sans l'entendre.

L'entêtement est une cécité.

Parler de soi est une tentation que tous connaissent et à laquelle fort peu résistent.

Anne Barratin, Chemin faisant, Ed. Lemerre, Paris, 1894

Lire le premier billet consacré à cette série.