L'orgueil

Monter sur ses grands chevaux.

Sommaire. - Palefroi et destrier. - Vaincre ou mourir. - Équitation compliquée.

Au temps où la reine Berthe filait, les chevaliers avaient à leur disposition plusieurs catégories de chevaux ; les chevaux de parade et les chevaux de bataille.

Le cheval de parade, autrement dit palefroi, fin, élégant et fringant, permettait au seigneur de « parader », et à la dame « d'étaler ses grâces ».

Le cheval de bataille, communément appelé destrier ou dextrier, parce que l'écuyer le tenait de la main droite, de la dextre, avait une taille élevée et ne servait que pour le combat. Aussi quand le chevalier l'enfourchait, il n'envisageait que la lutte, vaincre ou mourir. C'était donc fini de rire quand il montait sur son grand cheval.

On a dit monter sur ses grands chevaux, je n'ai jamais bien su pourquoi; car il me paraît difficile de monter plusieurs chevaux, de même que de courir plusieurs lièvres à la fois.

Aujourd'hui, bien qu'on ait tendance à abandonner le cheval et à ne plus vouloir monter qu'en automobile ou en aéroplane, on n'en dit pas moins encore d'une personne qui s'emporte, le prend de haut et parle avec violence, qu'elle monte sur ses grands chevaux... au figuré.

Émile Genest, Miettes du passé, Collection Hetzel, 1913. Voir la note du transcripteur.