Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

jeudi 5 octobre 2006

Les bureaux multiples

L'une des plus grandes forces de l'environnement graphique de Linux est la possibilité d'obtenir de multiples bureaux.

Ces bureaux (on peut en obtenir jusqu'à 16) sont des environnements de travail. Pour bien comprendre le principe, imaginez-vous bien calé dans un fauteuil pivotant, au centre d'une pièce entouré de bureaux. Sur l'un, vous avez vos dictionnaires (dans mon cas, c'est Antidote qui s'y trouve), sur un autre, votre navigateur web, sur un troisième vos éditeurs de texte, sur une autre encore, votre suite bureautique, et là votre planche de dessins (Gimp), et tout à côté, votre console Linux, etc. Un petit tourniquet sur votre chaise (un clic de souris) et hop! vous voilà sur le bureau.

Évidemment sous Windows vous pouvez ouvrir tous ces programmes et vous les retrouverez sur la barre des taches, au bas de l'écran. Si, comme moi, vous avez souvent plus de 10 applications ouvertes en même temps, il devient un peu problématique de trouver rapidement celle qui est voulue au bon moment.

Par exemple, j'ouvre généralement sur mon bureau nommé INTERNET, Firefox, Thunderbird, mon logiciel FTP, une console SSH, ma base MySql. Ce qui fait déjà cinq onglets. Sur un autre bureau (appelé éditeur) j'ouvre généralement deux instances de VIM pour pouvoir rapidement travailler sur deux fichiers. Sur un autre bureau (que j'ai appelé Mes Dossiers) , mon explorateur de dossiers est ouvert, avec souvent plusieurs fenêtres.... Si j'étais sous WIN$, tous ces onglets apparaîtraient quelque part dans ma barre des taches. Avec Linux, je clique sur le bon bureau et je ne retrouve que les onglets relatifs à ce bureau. C'est tout à fait génial, et on y gagne en productivité.

J'ai l'impression qu'un utilisateur qui goûte à ce feature ne peut plus retourner travailler avec un système qui ne l'aurait pas...

lundi 2 octobre 2006

La bibliophilie

Voici tantôt trente ans que j'aime les livres, que je m'en occupe, que je les palpe et que j'en achète. Or je ne suis guère plus fort en bibliographie que ne l'était Sosthène Ducantal sur l'instrument de Paganini. je ne suis pas un savant, je suis un fervent ; et c'est la messe d'un curé de campagne que je dis devant mon humble bibliothèque.

Mais si j'avais à recommencer ma carrière d'amateur de quinzième ordre, je ferais tout d'abord une belle collection d'outils de bibliophile, de livres spéciaux à la bibliophilie; manuels, dictionnaires, traités, catalogues.

Je sais des collections inestimables de catalogues que d'ingénieux bibliophiles, trop peu fortunés pour acheter des livres de cinq, six, sept, huit et-même de vingt mille francs, ont rassemblées et où ils lisent la description des trésors qu'il leur est défendu de toucher. Ils ressemblent un peu, je l'avoue, à ces gourmands idéologues qui vont manger leur pain devant le soupirail d'une cuisine en renom; mais à force de se nourrir de fumée, ils finissent par acquérir un flair relativement délicat.

Jules Richard, L'art de former une bibliothèque, 1883

dimanche 1 octobre 2006

Le fruit défendu

Mon Perutz de la semaine : Le Miracle du manguier chez 10|18.

Un lecteur sur Amazon :
Ce roman de Pérutz est particulièrement réussi. Le charme mystérieux de l'Inde qui irrigue l'intrigue illustre bien le cosmopolitisme de Vienne à la fin du XIXe siècle. L'intrusion de la magie et de la maîtrise du temps prend tour à tour une coloration inquiétante et cocasse; le suspense ne faiblit à aucun moment et révèle tout l'art de Pérutz dans ce genre presque policier qu'il a su s'approprier de façon si personnelle.

Sur le Matricule des anges, on parle « d'une fantaisie délicieusement kitsch. »

Quant à moi, je crois que ce second roman de Perutz, écrit en collaboration avec Paul Frank en 1916, ne passera pas à l'histoire. Point intéressant cependant, est cette espèce de vision du scientifique naïf : il est difficile d'observer autre chose que ce que nous sommes, ou ce qu'on veut bien voir... Peu de citations intéressantes, mais cette phrase est tout de même à conserver : « On s'habitue en vérité très vite à l'inconcevable, à l'inexplicable. L'homme qui a entendu pour la première fois résonner une voix fantomatique dans un téléphone, qui a vu pour la première fois un aéroplane décoller mystérieusement du sol, est sans doute resté un moment figé d'étonnement ; mais cette réaction ne fut que de courte durée. Déjà, l'instant d'après, le miracle était devenu pour lui ordinaire, presque banal, et il s'en servait comme s'il en avait toujours disposé. »(p.160)

Je me dirige maintenant vers une oeuvre de la fin de sa vie : Le Judas de Léonard. En espérant que je pourrai tout de même apprécier le livre, moi qui n'ai pas lu le Da Vinci Code !   :-)

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