Jobineries

Blogue de Gilles G. Jobin, Gatineau, Québec.

mercredi 11 août 2004

Le vol des cigognes

J'ai lu ce polar de Jean-Christophe Grangé suite à un commentaire enthousiaste de ma nièce Sabine. C'est écrit sous forme de best-sellers c'est-à-dire qu'à la fin de chaque chapitre, on n'a quasi pas le choix de poursuivre sa lecture. Ce qui me dérange le plus dans ce livre, c'est peut-être le peu de vraisemblance. Deux exemples : Louis, le héros du livre, à son premier assassinat, ne réagit presque pas. Or, c'est un type très rangé qui a passé sa vie à l'école  : il en sort tout juste, à 32 ans, avec un doctorat en histoire... Ailleurs, Interpol lui permet de rencontrer Sarah en prison alors que l'organisme n'a absolument aucune raison logique de donner cette permission. Comme si un petit ornithologue amateur pouvait dicter ses exigences à Interpol ! L'histoire est certainement bien racontée quoiqu'assez prévisible. Lirais-je un second livre de cet auteur - j'ai en réserve Les rivières pourpres ? Certainement ! Le vol des cigognes est le premier livre de Grangé, et j'ai bien l'impression que l'auteur ne peut que s'améliorer. Ce fut une belle lecture d'été.

Le Menteur


Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier ?
Le Menteur, Acte 1, Scène 1

Image numérisée de Théâtre complet de Pierre Corneille, éd. RVG, 1986

Albalat on line

Je découvre à l'instant que le livre complet Comment il ne faut pas écrire est disponible en format doc ici

La Rochefoucauld

Presque toutes les maximes de La Rochefoucauld sont empruntées à d'autres auteurs. Le plagiat est perpétuel. Celle que Sainte-Beuve admirait par-dessus tout : « Le soleil et la mort ne se peuvent regarder fixement », a été découverte mot pour mot par M. Maurevert dans une nouvelle de Cervantès1.
La Rochefoucauld soumettait ses maximes à ses amis ; on les revoyait ensemble ; il les polissait ensuite à son aise. Ce qui fait la beauté de son livre, c'est la force d'observation, la parti pris féroce et surtout la densité du style.
La Rochefoucauld a réécrit son ouvrage plus de trente fois ; et cependant, malgré ses qualités prodigieuses, que de pensées fuyantes ou subtiles dans ce traité d'égoïsme, que n'aimaient ni Rousseau, ni Voltaire, et qui ne montre qu'un côté du coeur humain !
Antoire Albalat, Comment il ne faut pas écrire, p. 161, Plon 1921

1L'Éclaireur de Nice, 8 mai 1914